Entretien avec Charli Glem, auteur de Mouillette

Bonjour Charli, vous n’en êtes pas à votre coup d’essai à La Musardine. Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours ?

J’ai bossé pour Esparbec il y a 20 ans à peu près. J’écrivais des « Coquins » qu’il avait publiés en trois volumes avec comme fil conducteur « Charli, le Voyeur… » J’avais écrit bien d’autres choses avant. Des nouvelles, des poèmes, avec plus ou moins de succès. C’est en mars 2020 que Christophe Siébert m’a recontacté. Nouveau directeur d’édition, nouvelles visions, nouveaux projets, beaucoup plus exaltants qu’il y a 20 ans ! Voilà, j’ai écrit et j’écris de TOUT. L’érotisme, le porno soyons clairs, c’est une création parallèle, très plaisante, et j’aime participer à ce mouvement qui abolit les tabous et qui veut adresser cette littérature longtemps décriée, étiquetée bébête, roman de gare, avilissante etc…, à des lecteurs évolués, sensibles et artistiquement curieux. Bref, une littérature intelligente ! 

   

De quoi parle Mouillette, votre nouveau livre ?

Mouillette, c’est la journée (bien remplie !) d’une jeune fille libre, jolie, intelligente et avide de sexe, quasi maladivement. Copains, copines, hommes, femmes, ou petits jeux personnels, il faut qu’elle jouisse, n’importe où, quand, comment ! À cette journée éminemment érotique se mêlent des souvenirs qui ne le sont pas moins. 

   Vous considérez-vous comme un écrivain porno ou un écrivain tout court ?

J’écris. Depuis le berceau. De tout. Avec un côté mercenaire. J’aime les commandes. À 30 ans, j’étais très sexe, c’est sûr. Et puis je l’avoue, en l’écrivant, j’ai senti une opportunité. Joindre l’agréable à l’utile en quelque sorte ! 

Pouvez-vous nous parler de votre quotidien d’auteur ? Écrivez-vous tous les jours ? Avez-vous, par exemple, des rituels d’écriture ? Combien de temps mettez-vous à écrire un livre ?

Oh non ! Je n’écris certes pas tous les jours. Pas question que ce soit un « travail ». J’ai des inspirations, des fulgurances. Je prends des notes. Comme D’Ormesson j’écris crayon-carnet. L’ordi c’est juste pour finaliser. Les éditeurs qui m’apprécient veulent que j’écrive un roman. Je suis trop fainéant, car un roman, c’est vraiment un « travail ». Je vais à l’essentiel. Des nouvelles, des poèmes aussi. Des chansons. 

Combien de temps pour écrire un livre, ça dépend : trois mois, trois ans, quinze ans ! Mes moteurs sont l’émotion et surtout l’inspiration. Ça n’est pas programmable. Je ne suis pas l’esclave de la création. Ceci dit, si des écrivains veulent prendre mes histoires pour en faire des romans, j’ai rien contre. 

Qu’est-ce qu’une scène de cul réussie selon vous ? Quels sont vos méthodes, vos ingrédients secrets, vos « petits trucs » ?

Une scène de cul réussie c’est quand on y croit. Quand on y est. D’où mon penchant voyeur. Une méthode ? Des « petits trucs » ? Je sais pas. J’essaie autant que possible de piocher dans la réalité. Trop de fantasme tue le fantasme. C’est comme les vidéos. Aux ridicules mises en scène pleines de clichés je préfère les caméras amateurs voyeurs. Le vrai sexe, même si l’image est mauvaise et les nanas pas très belles ! 

Dans un roman érotique, qu’est-ce qui est le plus difficile à écrire ? Les scènes de cul, ou bien les autres scènes ?

C’est lié. Les scènes de cul se nourrissent des scènes intermédiaires et vice-versa. Les scènes non érotiques doivent suer l’érotisme et les scènes de cul doivent suer la psychologie. Le plus difficile c’est donc d’arriver à cette osmose. 

Faites-vous lire vos manuscrit à des lecteurs (ou des lectrices) privilégiés, avant de l’envoyer à votre éditeur ?

JAMAIS. Ni pour le cul ni pour le reste. J’aurais l’impression de faire goûter mon plat avant qu’il ne surprenne et triomphe sur la table. 

Dans votre dernier livre, Mouillette, j’ai eu l’impression que vous accordiez une très grande importance au style, à la langue. Pourriez-vous nous parler de ça ?

L’importance du style ? C’est tout bonnement essentiel. Sans style, comment sublimer les saveurs, les odeurs. Les gémissements. La folle diversité des appétits sexuels. Le porno n’est pas exclusif. Comme toutes les formes de littérature, il lui faut du goût. Des appâts intelligents. Surtout pas intellectuels. 

Quels sont vos futurs projets ?

Je termine la suite des Voies du Ciel, l’histoire d’un type qui vole grâce à une potion magique. Je continue mon pavé L’usine, ou la Dolce Vita, un recueil de nouvelles dans le monde extraordinaire de l’usine (mais oui !). J’y travaille depuis 35 ans, alors j’ai du matériau ! Et puis il y a la collection Les Aphrodisiaques, dirigés par Christophe Siébert à la Musardine. J’ai en tête l’histoire d’une sérial-killeuse avec érotisme latent et scènes de crimes abominables liés au sexe. Ou encore plus tard quelque chose pour les Nouveaux Interdits… Voilà, je trouve sain d’écrire plusieurs trucs en même temps. 

Et pour lire les premières pages de Mouillette : https://www.meshistoiresporno.com/accueil/14257-6884-mouillette.html#/25-product_type-format_papier

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