Couleurs et douleurs

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Dick Sainte Cécile


BDSMsoumission et domination


COULEURS ET DOULEURS

Il y avait quelque chose de magique dans la naissance de leur relation. Il ne se voyaient que depuis quelques minutes et n’avaient pas échangé le moindre baiser. Juste quelques mots. Et pourtant il existait déjà entre eux une complicité sans défaillance. Peut-être parce qu’ils étaient chacun à une extrémité de la chaîne alimentaire et qu’ils se complétaient. Elle était exigeante et se montrait dévorante dans ses relations. Il était plutôt réservé, calme et réceptif. Elle allait le faire sortir de sa zone de confort. Il pourrait lui en apporter une. Et leur équilibre était sûrement dans ce juste milieu.

Le funambule a besoin d’avoir un grand balancier pour rester sur la corde. Pour eux, c’était du temps à consacrer à l’autre. A être à l’écoute. Pour asservir ou servir Et, pour cela, il leur fallait de la proximité. Ils avaient tous deux besoin de se retrouver dans une bulle où aucune notion autre que celle de leur plaisir n’existerait. Et leur rencontre était une belle occasion qui leur était tombée dessus. Un voyage loin de chez lui mais dans sa ville à elle, une amie qui l’avait emmené dans cet endroit. C’était une troublante opportunité. Ils devaient s’en saisir

La magie n’avait pas été longue à opérer dès qu’ils s’étaient retrouvés dans le même espace. Elle l’avait toisé avec gourmandise, il lui avait rendu un regard timide mais amusé. Il ne connaissait pas bien les règles de son jeu mais il désirait y entrer. Mais comment faire ? Par bonheur son amie était venue entamer une conversation qu’il avait fini par rejoindre, ce qui avait été la clé de leur rencontre. Ils étaient enfin réunis Leur entremetteuse s’était alors éclipsée. Ils étaient seuls de toute façon. Ce qui était autour d’eux avait cessé d’exister. Leur désir avait pris tout l’espace.

Ils étaient restés un long moment à bavarder. Une conversation à fleurets mouchetés mais qui n’en était pas moins très précise quant à leurs attentes réciproques Et puis était arrivé le point de non retour. Elle avait posé une main autoritaire sur son genou

Allons jouer. J’ai envie. Maintenant.

Elle l’avait murmuré à son oreille. Ça lui avait pourtant semblé être un cri tant elle avait mis d’intensité dans ces six mots. 

Ici ?

Non, bien sûr. Suis-moi.

Et, le poussant devant elle, elle l’avait guidé en direction d’une alcôve. Il lui avait laissé l’initiative. Elle était maîtresse en cette demeure. 

La pièce dans laquelle elle l’avait emmené avait l’aspect d’une bibliothèque. Le lettré qu’il était avait apprécié cette attention. Ce choix le laissait quand même perplexe Allait-elle lui faire composer quelque chose avant de le consommer ? Après ? Il ne savait pas à quelle sauce il allait être mangé. Sa seule certitude était qu’il allait l’être. Il en était sûr maintenant. Il n’était plus que son jouet. Qu’elle n’avait pas été longue à prendre en main. Il savait qu’elle était une femme à poigne. Il allait découvrir le plaisir que cela pouvait procurer. Elle allait maintenant l’initier à la douleur contrôlée.

Elle avait commencé par serrer fortement la base de sa verge. Il se sentait pressuré mais la sensation n’était pas désagréable. Se rappelant de la codification qu’elle lui avait proposée quelques minutes plus tôt, il avait lâché un « vert ». 

Elle pouvait aller plus loin. Un « orange » aurait été un avertissement pour qu’elle revienne en arrière et un « rouge » un arrêt immédiat du jeu. Ce n’était pas très original (ils l’avaient d’ailleurs emprunté à une de leurs lectures), mais c’était explicite et facilement mémorisable.

Alors elle avait lâché son sexe, pris ses testicules en main et commencé une légère pression.

L’« orange » était venu assez vite. Il n’était pas tout à fait prêt pour ce genre de jeu. Alors elle avait délaissé son entrejambe pour saisir ses tétons. Un entre son pouce et son index, l’autre entre ses dents. Il avait déjà testé en solo lui avait-il dit. Ce serait peut-être plus facile pour lui. Alors elle y était allée plus franchement.

Elle le cherchait quand même du regard. Elle préférait avoir également ce lien. Elle le savait joueur et il aurait très bien pu aller un peu trop loin uniquement par défi. Et ce n’était pas ce qu’elle voulait.

Il n’avait d’ailleurs rien dit mais sa grimace avait été assez éloquente. Elle l’avait donc lâché avant de le prendre dans ses bras et de l’embrasser. Il avait été courageux. Toutefois d’autres choses l’attendaient. Alors elle lui avait demandé de présenter ses fesses. Il s’y était prêté de bonne grâce. Et ce n’étaient pas les claques vigoureusement assénées qu’il avait reçues qui allaient lui arracher la moindre supplique. C’était douloureux, certes, mais supportable. Et il cherchait à savoir jusqu’à quelle mesure il pourrait les endurer. Son cul était rougi à présent. Il était temps de le remplir lui avait-elle dit.

Elle avait le choix des armes. Et le sac qu’elle avait avec elle semblait en être une source inépuisable. Elle en avait de tout calibre mais se souvenait de ce qu’il lui avait dit sans ambages : il était très anal. Était-ce pour l’impressionner ? Une projection de ses fantasmes ? Elle en aurait vite le cœur net. Un premier test avec deux doigts lui avait fait toutefois prendre conscience de la souplesse de son partenaire. Et il avait prononcé le « vert » comme une supplique. Ce qui l’avait fait sourire. Il voulait semble-t-il aller plus loin, plus fort. Vite. Elle allait le combler.

Elle avait toutefois hésité un instant : allait-elle sceller cette union avec quelque chose qui lui serait familier ? Ils s’étaient en effet découvert des jouets communs. Allait-elle plutôt lui donner le plaisir de la surprise ? Et elle avait jeté son dévolu sur un plug écarteur. Un de ceux dont les branches distendaient les tissus. Une fois plié il n’était pas énorme mais ouvert en lui il pourrait être un test intéressant de sa motivation. Sa décision était prise. Il serait leur entrée en matière. Ne restait qu’à lubrifier bouchon et réceptacle. Et une fois cela fait, de les mettre en relation.

À sa grande surprise, elle n’avait pas dû forcer le mouvement pour qu’il absorbe le jouet dans un grognement satisfait. Une souplesse qu’il devait travailler s’était-elle dit, fière d’être la première avec qui il la partageait.

Elle avait joué un moment avec le plug, curieuse d’en voir l’effet sur son œillet. C’était fascinant de le voir s’ouvrir ainsi sous la pression du silicone.

Son propriétaire était par contre resté parfaitement silencieux, sans le moindre safe word. Mais elle l’avait compris joueur, désireux de lui laisser l’embarras du choix.

Il allait le sentir passer. Le monumental Rapture Eleven serait le prochain.

Elle avait tout de même tenu à le présenter  à ses yeux. Ils pouvaient encore faire machine arrière. Mais il l’avait regardé, sans la moindre crainte apparente, avant d’avoir ce drôle de sourire. Du genre : « chiche ! Et toi ? » Et il avait tendu un peu plus ses fesses vers elle. 

Ça avait dissipé ses dernières appréhensions. Il semblait savoir pourquoi il était venu, elle n’allait pas le décevoir. Elle avait donc lubrifié le godemiché avant de le pointer contre sa rosette. Et elle avait poussé. Centimètre par centimètre. Il était quant à lui venu à la rencontre du formidable pieu.

Elle voulait toutefois lui enseigner la frustration. Alors elle n’avait pas laissé longtemps le jouet dans ses chairs

Ce qui l’avait totalement désemparé. S’était-il montré trop gourmand ? Cela lui avait-il déplu ? Il ne comprenait pas ce qui avait motivé ce retrait. Mais, comme ils n’avaient échangé que des souffles depuis le début, il n’osait pas prendre l’initiative de lui poser la question. Il ne savait pas non plus s’il devait bouger. 

Elle s’amusait de voir ses difficultés à garder la pose, non sans le recadrer à petites touches quand elle le jugeait utile.

Le moment était venu de le contraindre.

Le priver de ses sens serait un bon début. Le réduire au silence aussi. Il s’était donc retrouvé avec bouchons d’oreilles, bâillon et masque. Et puis elle avait pris ses mains et l’avait déplacé de façon erratique, le faisant parfois tourner sur lui-même. Elle voulait ainsi le désorienter. Et, à le voir osciller au bout d’un moment, elle avait compris qu’il l’était. Alors elle lui avait fait poser front et mains sur un mur. Ce faisant, elle s’offrait aussi la vue de ses reins dont, toujours bravache, il exagérait la cambrure.

C’était l’heure de prendre le chat à neuf queues

La caresse des lanières l’avait fait frissonner. Et le premier coup lui avait arraché un sursaut. Plus de surprise que de douleur. Il connaissait déjà sa main mais le fouet était nouveau pour lui. Elle avait opté pour la progressivité. Mais, privé de ses sens, il ne pouvait que spéculer sur ce qui allait arriver, ce qui décuplait sa sensibilité.

Elle avait un peu attendu pour le deuxième. Comme pour le faire languir. Il en avait gémi. Et puis elle avait imprimé sa cadence dans ses chairs.

Elle appréciait sa résistance.

Il aimait résister à la tentation de crier grâce.

Combien de temps l’avait-elle fouetté ? Avec combien d’accessoires ? Il n’en avait aucune notion, tout entier qu’il était à l’écoute de ses sensations. 

Elle savait à merveille le cajoler après un coup un peu plus appuyé ou, au contraire, marquer un peu plus sa peau après l’avoir étreint. Alors il n’avait pas cherché à l’arrêter. Ses fesses cuisaient un peu plus maintenant. Il trouvait cette chaleur enveloppante.

Elle avait décidé de s’en tenir là pour la flagellation. Mais l’exploration n’était pas finie.

Elle lui avait ôté tout ce qui le contraignait

Mais un gant de latex entourait maintenant sa main.

Il avait senti de nouveau le froid du gel entre ses fesses. Cependant ce n’était plus un jouet qu’elle allait lui proposer à présent. Mais une partie d’elle.

Il se savait souple. Elle avait pu en juger. Mais on ne pouvait présumer de rien avec du vivant. Tout au plus avait-il pu constater lors de leur discussion que ses mains étaient fines et douces.

Il la voulait toutefois. Et il avait confiance en elle. À lui de se présenter à elle de la meilleure des façons possibles.

Ses premiers doigts étaient passés avec aisance. Elle l’avait remercié d’être si accueillant.

Dans la position qu’il avait prise, il lui était impossible de la voir. Et donc de juger de sa satisfaction sur son visage. Alors il se basait sur les intonations de sa voix. Et à entendre ses mots et soupirs tandis qu’elle poussait ses doigts (combien y en avait-il à présent ?), il avait l’impression qu’elle était contente de lui.

Elle le félicitait ainsi en effet, agréablement surprise par le fait qu’il était largement aussi anal que ce qu’il lui avait annoncé. Car elle aimait les hommes qui jouaient franc jeu.

Jusqu’où pouvait-il aller ? Il était temps de joindre le pouce.

Elle avait poussé un peu plus franchement et il n’avait pas fallu longtemps avant que quelques rotations de poignet n’aient raison de ses dernières résistances et qu’il n’accepte sa main entière.

Il était conscient de l’enjeu de sa démarche car il avait aidé à la manœuvre en cambrant un peu plus ses reins, comme pour plus s’ouvrir, et en projetant lentement mais résolument ses fesses vers ce qui les pénétrait.

Ils y étaient. C’était un objectif commun et ils l’avaient réalisé ensemble. Elle en avait poussé un soupir victorieux. Lui, un grognement de satisfaction.

Leur victoire se passait de paroles.

Ils avaient passé un moment ainsi, elle à fourrager en lui, lui à s’ouvrir un peu plus à chaque poussée. Et puis il était arrivé à sa limite et, sans utiliser de safe word, lui avait demandé s’ils pouvaient cesser.

Elle aurait pu rester sourde à cette requête non formulée selon les règles. Mais elle comprenait son inexpérience. Alors elle s’était lentement retirée, lui offrant ainsi une formidable sensation de béance.

Puis elle l’avait longuement cajolé contre son sein. Il en retirait une certaine fierté. Celle d’avoir été à la hauteur de ses attentes.

Et il l’avait saisie aux hanches.

Il ne savait pas ce qu’il risquait. Tout juste savait-il qu’il pouvait ainsi déborder du rôle qu’elle lui avait attribué. Alors il avait stoppé son geste. Sans toutefois retirer ses mains. Et son regard s’était fait interrogateur. Pas suppliant, juste curieux. Ce n’était certainement pas la démarche qu’il fallait adopter. Tant pis. Il était prêt à en assumer les conséquences. Quelles qu’elles soient.

Elle l’avait toisé pendant d’interminables secondes.

Puis sa bouche s’était éclairée d’un sourire carnassier.

J’aime beaucoup les soumis qui prennent des initiatives

C’était une invitation. Qui contenait une mise en garde. Il ne devait pas se louper.

Il savait que leurs statuts étaient désormais figés. Elle était désormais sa Maîtresse. Quant à lui, s’il avait été gentilhomme à leur rencontre, il était devenu servant.

Alors, même s’il avait envie de la faire jouir depuis le début de la soirée, il  devait maintenant procéder avec dévotion. Ce qui lui aurait pu lui apparaître plus tôt comme une conquête devenait maintenant un Graal.

Alors il avait pris d’infinies précautions pour lui ôter sa culotte. Restée debout, elle s’était contentée d’enjamber le tissu une fois que, agenouillé, il l’avait amené à ses pieds. Pas un geste aidant.

Il devait apprendre.

Il avait conservé quelques instants la lingerie entre ses doigts, en appréciant l’humidité. Elle s’était pendant ce temps assise dans un fauteuil, les jambes à l’équerre sur les accoudoirs, les lèvres de son sexe luisant de son désir.

Sois animal à présent ! Mais, avant tout, Montre-moi comment tu bandes.

Et elle avait sorti sa verge de son jockstrap, en mesurant la vigueur sans le moindre ménagement. Elle le savait doux. Aussi, en agissant contre sa nature, elle l’égarait un peu plus. Mais il grossissait sous ses doigts.

Il était décidément une pierre brute. Ce serait un plaisir de le façonner.

Elle avait un peu joué avec son sexe. Puis l’avait abandonné. Il n’était pas encore digne de jouir sous ses doigts. Quant à la pénétrer ? C’était totalement inimaginable.

Il l’avait compris immédiatement et s’était agenouillé entre ses cuisses. Il lui fallait donner des gages. Et il savait comment lui donner du plaisir : avec ses doigts et sa bouche. Mais elle attendait autre chose de lui que de la tendresse Plutôt une jouissance brute qui la laisserait pantelante.

Alors il avait pris ses lèvres à pleine bouche, et les avait mordues en guise de préambule.

Cet assaut l’avait fait se cabrer.

Il était satisfait de cette réaction. Il était visiblement sur la bonne voie. Mais il ne lui fallait pas se relâcher. Alors, sans cesser de lécher sa maîtresse, il avait pris son clitoris en tenaille entre son pouce et son index et le pinçait avec une rude douceur.

Il ne voulait pas lui faire de mal, bien au contraire, mais il avait compris qu’elle exigeait de lui qu’il aille au-delà de ses appétences, et que leur plaisir à eux deux viendrait aussi de ce dépassement.

Alors il avait remplacé sa bouche par trois doigts joints.

Elle feulait.

Il apprenait vite.

Était-il doué ? Attentif plutôt aux réactions qu’il suscitait et soucieux de bien faire. Alors il n’avait pas ménagé ses efforts et n’avait eu de cesse de branler et lécher sa maîtresse qu’il ne lui ait arraché un long cri de plaisir tandis qu’elle l’écrasait entre ses cuisses qu’elle serrait convulsivement.

Il l’avait regardée jouir avec le sentiment du devoir accompli.

Puis elle s’était relâchée. Et était restée un moment inerte. Avant de le regarder presque tendrement.

Viens !

Elle lui avait ouvert ses bras et il était venu s’y blottir. Son cou sentait maintenant la femme assouvie

Il aimait cette récompense.

Chacun des deux avait pris le temps de sa redescente. Elle de son orgasme et lui de la prise de conscience du pouvoir de sa dévotion. Et puis était venu le temps d’aller prendre un rafraîchissement.

Alors il lui avait remis sa culotte. En opérant avec un cérémonial qu’il ne se connaissait pas. Elle n’avait, là non plus, pas esquissé le moindre geste pour l’aider. Elle l’avait toutefois guidé par quelques mots autoritaires

Une fois qu’elle avait été parfaitement rajustée, il lui avait pris la main et l’avait guidée jusqu’à sa banquette avant de s’asseoir à ses pieds.

Il connaissait maintenant sa place.

Ils avaient longuement parlé avec l’amie qui était venue les rejoindre. La conversation était restée à demi-mots (ce qui s’était passé entre eux devait évidemment demeurer leur jardin secret) mais ils l’avaient chaleureusement remerciée. Il possédait paraît-il un indéniable potentiel qu’il eût été dommage de laisser en friche.

Il avait, tout ce temps, massé pieds et jambes de sa nouvelle maîtresse après l’avoir déchaussée. Le geste lui était venu avec un naturel déconcertant.

Et puis il avait été temps de se quitter.

Mais Il savait à présent le sens de la bibliothèque. Il lui devait le récit de leurs ébats.

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