Erina (2ème partie)

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Le Marquis lubrique


romancesoftteen


Sans lui faire peur, je suis arrivé à la hauteur de la femme assise sur le sable. Sans faire de bruit, sans bouger, j’ai ouvert grandes mes oreilles. J’ai entendu des sanglots. La femme… pleurait.

– Bledar… Gomar! Ik nga jeta ime. (Bledar… Connard! Dégage de ma vie.)

J’étais mal à l’aise. Bledar, ce devait le prénom d’un mec. En fait, quand elle a dit ça, c’est dans sa langue, une langue exotique et qui était issue des Balkans. Je comprendrais plus tard que c’était de l’albanais. La femme était triste. Je comprenais plus ou moins que quelque chose lui a fait du mal récemment.

– What’s wrong with you, my dear? It’s a beautiful night right there and you’re all by yourself. (Qu’est-ce qu’il ne va pas, ma chère? C’est une belle soirée ici et vous êtes toute seule.)

La jeune femme a tourné la tête vers moi et a esquissé un sourire vague. Puis, elle s’est remise à sangloter. J’avais eu le temps de la regarder. Elle était d’une beauté… Mais la tristesse, le chagrin et les larmes faisaient qu’elle n’était plus que l’ombre d’elle-même.

– Sorry, Sir. Just… tell me why men are bastards when we’re so in love. I loved him, you know! (Pardonnez-moi, monsieur. Juste… Dites-moi pourquoi les hommes sont des connards alors qu’on est tellement amoureuses d’eux. Je l’aimais à la folie!)

À l’entendre, en étant attentif, la frustration, la déception et la colère étaient perceptibles.

– I don’t wanna bother you. If you want to be alone, then I will go. (Je n’ai pas envie de vous déranger. Si vous le voulez, je m’en vais.)

La femme des Balkans m’a regardé. Une nouvelle fois, elle m’a souri.

– It’s just… I didn’t expect a man to see and come to me. Party and chill are fucking crazy there and you… You… (C’est juste que… Je ne m’attendais pas à ce qu’un homme me voit et me rejoigne. C’est une soirée de malade ici et vous… Vous…)

– I saw you while I was walking on the waterfront. (Je vous ai vue pendant que je marchais sur le front de mer.)

– What’s your name, Sir? (Quel est votre prénom, monsieur?)

– Call me Tom. And what about yours, my dear? (Appelez-moi Tom. Et quel est le vôtre, ma chère?)

– My name is Erina. I’m from Albania. (Je m’appelle Erina. Je viens d’Albanie.)

– Me, I’m from France. Nice to meet you, Erina. (Moi, je suis français. Enchanté de faire votre connaissance, Erina.)

Erina m’a adressé un sourire. Du fait qu’elle était triste et qu’elle pleurait, la jeune femme avait les yeux brillants, vitreux. Elle continuait de sangloter et les larmes coulaient sur son visage. Cette femme à l’accent du sud de l’Europe, on en mangerait et là, elle pleurait. Elle était belle. Et en un sens, quelque part, elle l’était encore plus quand elle avait les larmes aux yeux. Cependant, force était d’admettre que ça me faisait mal de voir une jolie femme comme elle dans cet état. D’après ce que je comprenais, elle était ici, à Dubrovnik, pour se changer les idées après qu’elle ait découvert que son petit ami, un certain Bledar, l’a trompée. Ils s’étaient rencontrés au lycée et ça faisait des années qu’ils étaient ensemble. Elle avait été follement amoureuse de lui tout au long de ces années.

Nous étions donc ici, elle comme moi, comme deux exilés, si l’on pouvait dire. Des circonstances avaient fait qu’on avait ressenti le besoin ET la nécessité de partir et de changer d’air, de rompre avec notre quotidien et de prendre du bon temps pour nous. Et là, au hasard d’un regard porté vers la mer, je l’avais vue. Je me suis alors assis à mon tour sur le sable, aux côtés de l’albanaise. Comme elle, j’ai fixé la mer. Le bruit des vagues était apaisant.

– Tom?

– Yes, Erina? (Oui, Erina?)

– I want you to stay with me. Please, stay. (Je veux que vous restiez avec moi. S’il vous plaît, restez.)

Ça a été ainsi que je me suis rapproché de Erina et que je l’ai prise dans mes bras pour la consoler.

Notre étreinte était ferme et chaude. On ne se connaissait que depuis quelques minutes seulement mais la femme me faisait confiance. J’étais en train de la prendre dans mes bras et je lui murmurais des mots en français, histoire de la réconforter. Dans pareil cas, c’était ce que je faisais lorsqu’une personne était triste. Et là, c’était précisément le cas de Erina.

– Thank you, Tom. Now I start to feel good. Thanks. Faleminderit. (Merci, Tom. Je commence à me sentir bien à présent. Merci.).

Le dernier mot, «Faleminderit», Erina m’a expliqué qu’il veut dire «merci» dans sa langue maternelle. J’ai desserré mon étreinte.

– Forget about Bledar. He did it wrong with you. Now enjoy yourself. (Oubliez Bledar. Il s’est mal comporté envers vous. Il est temps que vous vous éclatiez.)

Ça a été alors que Erina m’a pris au dépourvu. Elle s’est levée et a tendu une main vers moi.

– You’re all right, Tom. Let’s enjoy ourselves together tonight, don’t we? (Vous avez raison, Tom. Amusons-nous ensemble ce soir, voulez-vous?)

Je me suis levé et nous avons marché, main dans la main, pour quitter la plage.

Clopin-clopant sur le sable, main dans la main, nous avons marché pour nous rendre sur la promenade de la plage. En fait, à ce moment-là, Erina et moi, nous ne nous sommes pas beaucoup parlés. Nous nous sommes contentés de nous tenir la main et de nous sourire. D’après ce que je remarquais, ça avait l’air de faire du bien à la femme que quelqu’un se soit soucié d’elle et qu’elle ait pu se confier. Si j’avais pu faire en sorte qu’elle se sente bien, qu’elle se sente en confiance au moment où je l’avais abordée, alors j’en étais heureux. Touchée. Et… Moi… Main dans la main avec elle, j’étais bien. Nos deux mains liées faisaient qu’on ne faisait qu’un, et pourtant ça ne faisait que depuis quelques minutes qu’on se connaissait. Pourtant…

Plus on se rapprochait du front de mer, de ses établissements divers et variés, plus le brouhaha de la fête se faisait entendre et parvenait jusqu’à nous. Les beats, les notes électroniques et les voix nous faisaient comprendre qu’on était bel et bien à Dubrovnik, l’Ibiza de la côte adriatique. Plus on se rapprochait, et plus on entendait les gens parler, rire et chanter. Plus on se rapprochait, plus on voyait les gens danser, se rapprocher. Certains et certaines s’apprivoisaient et devenaient collés-serrés. Peu importe le style de musique, les couples se formaient et il y avait de plus en plus de sensualité dans l’air. Quand on dit que Dubrovnik est le temple adriatique de la fête, l’Ibiza croate… Ce n’est pas un mythe. Erina et moi, nous nous en rapprochions. Nous allions en faire partie…

– Let’s get a drink! (Allons boire un verre!)

Erina qui proposait qu’on aille boire tous les deux un verre quelque part! Toujours main dans la main, nous nous sommes dirigés vers le Spilja More Bar. Dès que nous nous sommes approchés de la terrasse de l’établissement, mesures Covid-19 obliges, un serveur est venu à notre rencontre et ni une, ni deux, il nous a demandés de lui présenter nos pass sanitaires. Sans perdre de temps, j’ai sorti mon iPhone de ma sacoche et Erina en a fait de même avec la Samusung Galaxy dernier cri qui était dans son sac à main. Nous nous sommes connectés et nous avons présenté nos pass numériques au serveur. Une fois la tâche accomplie, le serveur nous a invités à pénétrer dans le bar. Erina et moi, nous sommes allés dans un coin cosy et nous nous sommes assis sur un canapé en cuir noir qui était bien confortable, il fallait dire. Nous avons pris nos aises et, en observant Erina, je remarquais qu’elle en prenait plein les yeux.

Erina était curieuse et du coup, je l’observais et je voyais qu’elle admirait l’intérieur du bar, son design, son agencement.

– Look at that place, Tom! It’s amazing, isn’t it? I love this place!

Pour toute réponse, j’ai souri à la jeune femme. Pendant qu’on patientait, qu’on attendait que le garçon revienne et prenne nos commandes, Erina avait le sourire aux lèvres. Ça me faisait plaisir. Mais… Surtout… Ça me touchait. Tout à l’heure, ça m’avait fait mal de la voir en larmes. Bon d’accord… On ne se connaissait pas. Et je ne savais rien du pourquoi du comment en ce qui concernait ce qu’il s’était passé avec son mec, Bledar. En revanche, moi, ce que je savais, c’était que je voulais qu’elle passe une soirée aussi agréable que possible en ma compagnie. C’était mon intention.

Home de Michael Bublé a été diffusé dans le bar, alors. Une chanson que j’aimais particulièrement, que je trouvais très belle… et romantique à souhait.

– Erina?

– Yes, Tom? What’s going on? (Oui, Tom? Qu’est-ce qu’il se passe?)

– Listen to the song. (Écoute cette chanson.)

– O… k. And? So? (Ok. Et? Donc?)

– Don’t you think it’s one of the most beautiful songs of all time? (Tu ne trouves pas que c’est l’une des plus belles chansons de tous les temps?)

Erina ne m’a pas répondu sur le coup. Elle s’est contentée de tendre l’oreille et d’écouter avec attention. C’était comme si elle voulait s’en imprégner. Je suis donc resté silencieux. Mais… En réalité… Plus je la contemplais, plus je la trouvais belle. Plus je la trouvais belle, plus je me sentais bien avec elle. Plus j’étais bien avec elle, plus elle me plaisait, Erina. Mais… Qu’est-ce qu’il en était pour elle à mon égard? Je ne savais pas.

Il régnait une ambiance agréable au Spilja More Bar. La musique de Michael Bublé avait l’air de faire son effet, il semblait. Erina dodelinait de la tête au rythme de la chanson romantique qui était diffusée.

– Erina…

– Yes, Tom? (Oui, Tom?)

– No… Just… I’m glad to see you happy. You are beautiful, you know? (Non… Juste… Je suis content que tu sois heureuse. Tu es jolie, tu sais?)

– Tom… Oooohhhh…

Je ne pouvais pas m’en empêcher, tout simplement. Erina rougissait suite au compliment que je venais de lui adresser. Et en effet, elle était belle. Elle l’était, aussi bien heureuse que triste ou en colère. Oui…

– Tom…

Erina a soupiré. Puis, elle m’a souri.

– I feel fine with you tonight. Thank you… Faleminderit (Je me sens bien avec toi ce soir. Merci… Merci.)

Et une nouvelle fois, elle m’a dit merci dans sa langue, l’albanais. Pendant quelques secondes qui ont paru pourtant une éternité, nos yeux se sont trouvés et nous nous sommes regardés. Erina souriait. Je voyais ses dents bien blanches et le rouge sombre qu’elle portait à ses lèvres.

Le serveur de tout à l’heure était de retour à ce moment vers nous. Cette fois, il n’avait pas à la main sa tablette numérique pour les pass sanitaires. Là, il avait un BlackBerry pour prendre les commandes ainsi que deux cartes du bar pour les consommations. Armé de ça et surtout… surtout… de son sourire radieux, il nous a tendus les deux cartes et nous nous en sommes emparés.

– Mrs. Mr. What do you want? (Madame. Monsieur. Qu’est-ce que vous désirez?) Hi! Welcome to the Spilja Bar More, Mrs. And Mr. My name is Goran and I’m going to be your server tonight. (Bonsoir! Bienvenue au Spilja Bar More, Madame et Monsieur. Je m’appelle Goran et je serai votre serveur ce soir.)

Nous lui avons souri.

– Thank you! (Merci!)

C’est ce que nous lui avons dit d’une seule et même voix.

– So… What do you want? (A… lors… Qu’est-ce que vous voulez?)

Erina et moi, nous nous sommes regardés.

– Mrs.? Mr.? (Madame? Monsieur?)

J’ai plongé mon regard dans celui de ma compagne d’un soir. Je lui ai fait un clin d’oeil et je lui ai souri. Erina m’a souri.

– Ladies, first, you know! (Les dames, d’abord!)

– Ju jeni një zotëni, Tom! (Albanais: tu es un gentleman, Tom!)

Sur le coup, étant donné que je ne parlais bien évidemment pas l’albanais, je n’ai pas compris. Mais… À travers le ton de sa voix, son expression, j’ai plus ou moins saisi que mon accès de galanterie l’a touchée. Pour moi, quand j’ai dit ça, c’était automatique, quoi! J’ai été éduqué comme ça. C’était… juste normal. Et là, quand je voyais de mes propres yeux que Erina passait un bon moment avec moi, je voulais que la soirée continue de se passer comme ça. Message reçu cinq sur cinq. Je continuais sur cette voie.

Au son et au rythme de la musique, Erina n’arrêtait plus de dodeliner de la tête. Moi, j’étais là et je le voyais, ça. Puis la chanson s’est arrêtée et une nouvelle chanson a démarré. I Love You, I Hate You de Gnash… Là, Erina s’est arrêtée et puis elle s’est figée. Les traits de son visage se sont durcis et son corps s’est raidi. Son langage corporel s’était modifié. C’était aussi simple que ça: écouter cette chanson, ça a fait quelque chose à la secrétaire.

– Erina? Is there something wrong again? (Erina? Y’a quelque chose de nouveau qui ne va pas?)

Erina a secoué la tête de gauche à droite, puis de droite à gauche.

– Erina? Are you okay? You don’t feel the same, do you? (Erina? Est-ce que ça va? Tu n’es plus la même, là, n’est-ce pas?)

Erina m’a alors regardé. Son visage est redevenu calme et elle avait de nouveau un sourire sur ses lèvres. Ça a été alors que le serveur, Goran, est revenu vers nous et a pris nos commandes en utilisant son BlackBerry.

– Mrs., Mr. What do you want, so? (Madame, Monsieur, Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir, alors?)

Décidément, entre l’accent croate de Goran et celui albanais de Erina, j’étais servi dans la phonétique exotique de l’anglais. Mais ce n’était pas désagréable. Oh… non. J’étais bel et bien à Dubrovnik, sur la côte adriatique de la Croatie. Et à ce moment-là, à l’instant-t, je passais une soirée aussi agréable qu’inattendue. J’avais rencontré une femme qui était seule et qui avait pleuré parce qu’elle était triste. Je ne savais pas ce qu’il allait se passer , alors… ce qu’il allait se produire… ça se produirait. Point.

– As I said earlier on, ladies first! So Erina, what would you like? (Comme je l’ai dit, les demoiselles d’abord! Erina, qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir?)

– I’d like a Sex on the Beach, please, Sir. (Je voudrais un Sex on the Beaxh, s’il vous plaît, Monsieur.)

– Ladies’ drink hahahah! (Une boisson de femmes, ahahah!)

– And what about you, Mr.? (Et vous, Monsieur?)

– I’d like to drink a beer from Croatia, please. (J’aimerais boire une bière croate, s’il vous plaît.)

– Men’s drink, hahahah! (Une boisson de mec, ahahah!)

Erina qui faisait de l’humour et qui me répondait du tac au tac!

– Karlovacho or Ozujsko? (Karlovacho ou Ozujsko?) The two of them are blond. (Elles sont toutes les deux blondes.) And both of them are bitter and golden. (Elles sont amères et dorées.) Thet are very popular here, in Croatia. (Ce sont les deux bières les plus populaires en Croatie.) So… Mr. What do you please? (Qu’est-ce qu’il vous ferait plaisir, Monsieur?)

Je n’ai même pas eu besoin de réfléchir. Pour être honnête, j’avais déjà entendu parler de ces deux bières au cours de ma semaine, ici.

– So… It’s gonna be a pint of Ozusjko for me, please. (Ce sera une pinte de Ozusjko pour moi, s’il vous plaît.)

– So… One «Sex on the Beach» and a pint of Ozusjko. All right, guys! (Un «Sex on the Beach» et une pinte de Ozusjko. C’est parti, les amis!)

Il a pris congé de nous et il est reparti vers le bar pour préparer nos consommations. La chanson de Gnash continuait de passer dans la salle.

– Erina. Tell me, please. There’s something wrong. You can’t lie to me, you know. (Erina. Dites-moi, s’il vous plaît. Y’a quelque chose qui ne va pas. Vous pouvez pas me mentir comme ça, indéfiniment.)

– I hate Bledar now but I’m still loving him, you know, Tom. Do you know what I mean? (Je hais Bledar et pourtant je l’aime encore, Tom. Vous voyez ce que je veux dire?)

Oh… oui, je comprenais. Là m’est revenue… Agathe, mon ex.

– Wait for me, please, Tom. I’ve got something to do. (Attendez-moi, Tom. J’ai quelque chose à faire.)

Erina s’est levée et s’est dirigée vers le comptoir du Spilja More Bar. Là elle s’est adressée à une barmaid au look gothique. J’ai regardé les deux femmes échanger entre elles. Leur conversation était cordialement, agréablement animée. La serveuse a hoché la tête et Erina est repartie vers notre canapé.

Pourquoi les hommes de Vitaa… Là, j’étais clairement sur le cul. Elle, une albanaise, elle connaissait ET écoutait une chanteuse… française? Non… Je devais rêver… Ce n’était pas… possible! Et quand la jeune trentenaire s’est de nouveau assise, je l’ai regardée. Et elle, elle m’a regardé, en retour.

– You… You know Vitaa? (Vous… Vous connaissez Vitaa?)

– Well… You know I was cheated by Bledar. It hurt me so bad. I don’t trust men anymore. One day, I was connected to Spotify and I heard this song. This song, it’s been part of me since then. (Vous savez que Bledar m’a trompée. Ça m’a fait tellement mal. Je ne fais plus confiance en les hommes. Un jour, j’étais connectée à Spotify et j’ai entendu cette chanson. Cette chanson, elle fait partie de moi, depuis.)

J’étais sur le cul une fois pour toutes. Erina était albanaise et même si elle ne comprenait pas Et ne parlait pas un mot de français, l’émotion de la voix et les chansons de Vitaa l’avaient touchée, apparemment. Et là, un titre en français était en train d’être diffusé dans un bar en Croatie. J’observais attentivement Erina, le temps de l’écoute de la chanson. Home lui avait plu, sans doute parce que c’était une chanson romantique. Mais là, elle était plus particulièrement concentrée. Son visage est devenu… solennel, grave. C’était définitivement quelque chose qui lui parlait, là.

La chanson s’est terminée. Goran est revenu vers nous avec nos deux consommations sur un plateau. Il nous a servis puis nous a tendus le terminal bancaire de règlement. Ni une, ni deux, j’ai dégainé ma Visa Premium et j’ai payé via le sans-contact.

– Have a nice evening in Dubrovnik! (Passez une bonne soirée à Dubrovnik!)

Goran est reparti vers d’autres clients. Erina et moi, nous nous sommes emparés de nos verres. Nous nous sommes regardés.

– Cheers, Erina! (Santé, Erina!)

– Cheers, Tom! (Santé, Tom!)

Nous avons trinqué les yeux dans les yeux.

– It’s amazing, Tom. We didn’t know each other before tonight and now we’re having a drink together! And… Do you want to know something? (C’est incroyable, Tom. On se connaissait pas jusqu’à ce soir et là, on boit un verre ensemble. Et… Vous voulez savoir quelque chose?)

– Go ahead, Erina. I’m listening to you. (Allez-y, Erina. Je vous écoute.)

– I feel fine by your side. Definitely. (Je me sens bien en votre compagnie. Nettement.)

Là, ce devait être à mon tour de piquer un fard et de rougir, je pense. À ma décharge, il fallait dire qu’elle était belle, Erina, et qu’elle avait du charme. Il était impossible de ne pas le voir, ça. Et pour moi, il était de plus en plus difficile de résister à l’envie… ainsi qu’au désir de la regarder en détail, avec attention, comme si j’étais dans un musée et que j’étais amateur d’œuvres d’art. Là, à l’instant-t, alors qu’on prenait un verre, Erina en était une, une œuvre d’art.

– Tom… Don’t tell me. You are not a secret man. I see the way you look at me. Discretion is not the best thing you can do! (Tom… Ne me dites rien… Vous n’êtes pas secret. Je vois comment vous me regardez. La discrétion n’est pas votre point fort!)

Elle s’est mise à rire. C’était là un petit rire, mélodieux, élégant. Le genre de chose qui m’émoustille, qui me fait fondre d’ordinaire, quoi!

– You know what, Erina? Yes, I take a look at you. And yes, you are beautiful. This is it. I had to say it. (Vous savez quoi, Erina? Oui, je vous regarde. Et oui, vous êtes belle. Voilà. C’est dit.)

Le temps d’un instant, nous ne nous sommes pas parlés, Erina et moi. Nous nous sommes contentés de nous regarder… et de nous sourire. On était bien. Et pour ma part, j’avais de plus en plus l’impression que le monde autour de nous disparaissait, n’existait plus. C’était comme si nous étions seuls au monde. C’était une sensation agréable.

– Let’s get out of here, Tom. I want to enjoy the night with you. (Allons-nous en, Tom. Je veux profiter de la nuit avec vous.)

– Stay the night, Erina. I want the same thing as you. (Reste, Erina. Je veux la même chose que vous.)

Nous avons fini nos boissons. Nous nous sommes levés et, galant comme je suis, je me suis saisi de la veste de ma compagne d’un soir. Je l’ai aidée à la remettre. Erina m’a souri et m’a tendu instantanément sa main. Main dans la main, tout sourire, nous avons quitté le bar pour passer le reste de la soirée ensemble, ailleurs…

 

 

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  1. fred le à
    fred

    Difficile à lire avec cette alternance de français et d’anglais.
    Ca casse le fil de l’histoire.
    Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout . Suis le seul dans ce cas ?

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