Le maire avait fait irruption dans la salle où nous officions, mon collègue et moi, sur le coup de deux heures de l’après-midi.
—Ca va Gérard?
Gérard allait bien. Il venait de prendre son poste sur le coup de midi et ne remercierait jamais assez le maire de lui avoir proposé ce poste il y avait deux ans de cela. Etre policier municipal dans une petite ville de province, ce n’est jamais très passionnant. Jusqu’à ce que le maire obtienne enfin l’autorisation, c’était son dada, d’installer des caméras partout. Il fallait dire que la situation le justifiait. On était une ville moyenne de province, mais qui était proche de la métropole, et les délinquants de tout poil prenaient un véhicule et venaient commettre leurs incivilités, plus ou moins graves ici.
Il avait besoin de deux personnes pour surveiller les écrans. Son choix s’était porté sur JF et moi. Il nous estimait les plus compétents. Deux ans après, je ne savais toujours pas s’il avait eu raison. Même si on avait souvent signalé des actes délictueux, du plus léger, de simples dégradations, aux plus lourds, un braquage à main armée, qui avaient permis à la police municipale ou nationale, ou les deux d’intervenir. D’ailleurs, le taux de délinquance avait sérieusement réduit, les criminels avaient compris qu’il valait mieux aller ailleurs. Les images enregistrées étaient souvent un argument sans appel dans les procès.
JF et moi on avait un horaire qui voulait que nous soyons présent 12 heures par jour chacun. Il arrivait parfois qu’on s’arrange, et on tournait en tout cas une semaine sur deux, nuit et jour inversés. Mais si par exemple j’avais un rdv medical important une après midi où j’étais de jour, il venait me remplacer et réciproquement. On s’entendait bien, c’était notre force. Et on était sacrément efficaces. On avait pris l’habitude de repérer tout de suite, souvent même avant que les gens passent à l’action, les attitudes suspectes.
—Une de nos concitoyennes vient de m’appeler. Elle a été ce matin témoin d’actes obscènes, selon ses propos. Votre collègue n’a rien remarqué.
—Il l’aurait signalé, j’imagine. Vous avez contacté mes collègues?
—Il n’y a eu aucun signalement.
La commune, qui, bien que de taille moyenne, était étendue, bénéficiait de très exactement quarante-deux caméras. Celles-ci étaient réparties sur les points stratégiques. On ne pouvait pas tout voir.
—Elle m’a dit que c’était aux alentours de dix heures du matin, sur le parking des Rives.
Le parking des Rives, c’était un grand parking en centre ville, gratuit, et où pas mal de gens se garaient quand ils venaient travailler, déposant leur véhicule, puis le reprenant le soir. Il était très fréquenté les jours de marché…Les autres jours…Le matin et le soir à partir de cinq heures.
—C’est une de mes voisines, soupira-t-il et elle passe son temps à faire des dénonciations, par courrier, mail, coup de téléphone, et en face à face quand elle me voit. La plupart des crimes qu’elle dénonce sont imaginaires, mais j’ai quand même voulu vérifier.
On avait deux outils de travail, face à nous. Un mur d’écrans, chaque écran correspondant à une caméra et un écran très large sur lequel on basculait quand on avait besoin de voir des détails.
La clef de ce métier, c’était de savoir accrocher les 42 écrans en même temps, glisser dessus, et attraper sur ce qui ne collait pas. Une habileté que je n’avais pas au début.
Le parking était surveillé par quatre caméras. Il était composé de quatre différents ilots de stationnement. Une caméra par ilot. Mais bien sur les caméras ne couvraient pas tout.
Je suis remonté sur les enregistrements de dix heures, sous son regard.Le parking était tranquille. Des personnes passaient, le traversant pour aller en ville ou en revenir. Rien de bien marquant.
C’est quand j’ai vu la voiture blanche, de taille moyenne, approcher que j’ai su qu’on y était. Question d’instinct et d’habitude.
Elle s’est garée sur le troisième parking, dans un bon angle, c’est à dire qu’on pouvait tout voir. A travers les vitres on distinguait simplement une silhouette féminine. Qui est devenue beaucoup plus précise quand elle a ouvert la portière et s’est présentée de trois-quarts.
J’ai senti mon sexe se durcir. C’était vraiment une très belle femme, brune avec une crinière épaisse. Elle avait visiblement une quarantaine d’années, et l’image, bien que large, mais on pouvait zoomer, toutefois en ayant plus de grain, donnait à voir une femme troublante, et qui avait poussé haut le curseur de sa féminité. Elle portait une robe rouge qui collait à une silhouette aux formes pleines. Ses seins tendaient le tissu, comme ses hanches. La robe devait être plutôt courte, et le fait de s’asseoir, puis de bouger, de se tourner, avait fait remonter le tissu très haut, de sorte qu’on pouvait voir ses jambes très nettement. Elles étaient gainées du nylon de bas stay-up, les accroches un morceau de dentelle noire qui enveloppait le haut de sa cuisse, avant de laisser la chair nue. D’évidence, elle avait oublié de mettre une culotte, et on distinguait avec une relative netteté, la caméra étant loin, son sexe nu. Ses jambes étaient prises haut dans des bottes noires, qui arrivaient jusqu’au genou, luisantes, à talon aiguille.
Elle a allumé une cigarette, prise dans un paquet sur le siège du mort, et elle a absorbé de la nicotine, tirant sur le cône de papier et recrachant la fumée quelques instants plus tard. Elle semblait plongée dans ses pensées, et c’est machinalement qu’elle est venue glisser sa main entre ses cuisses, et caresser doucement son sexe. Un réflexe, un tic nerveux, une manière de relâcher les tensions qui aurait accompagné la cigarette?
—Vous avez déjà vu cette femme?
—C’est la première fois.
Effectivement, à force de regarder les écrans, on connaissait tout le monde, fut-ce de vue, de silhouette…Elle, non.
J’avais envie de lui répondre que, comme obscénité, j’avais vu pire, mais un homme est apparu sur l’image, de dos. Un jean, un blouson, une casquette. Difficilement identifiable. Et surtout, il ne s’est pas retourné.
Il s’est approché de la femme et il s’est penché sur elle. Ils ont échangé un baiser qui a duré assez longtemps.
C’est la suite, qui elle, est devenue obscène. Mais c’était une obscénité particulière, troublante plus que réellement crue, parce qu’on voyait moins qu’on ne devinait. Il n’en demeurait pas moins qu’ici, sur ce parking le couple faisait l’amour.
Lui ou elle, elle sans doute, avait défait le pantalon du type, qui avait glissé à ses chevilles. Sa chemise masquait son cul, mais on devinait bien, en voyant partiellement la fille penchée sur lui, qu’elle avait pris son sexe dans sa bouche.
Elle l’avait caressé un moment avant qu’il n’y ait une évolution. Et là, par contre, on avait tout vu.
J’observais le maire du coin de l’oeil. Puritain, je l’avais déjà remarqué, il était tout rouge. J’ai même pensé un instant qu’il allait faire une attaque.
La femme s’est redressée, et l’homme est venu se poser là où elle était assise quelques secondes plus tôt. On n’a pas pu voir son visage, d’abord parce qu’il était de profil et ensuite parce que, même de face, son visage était masqué par la casquette, qui en laissait les trois-quarts dans l’ombre. Ce qui était bien visible, par contre, c’était sa queue, en pleine érection, longue et dure, collée contre son ventre.
Les secondes qui ont suivi ont été chargées de trouble et d’excitation pour moi, de colère pour le maire.
—Mais comment ils osent venir troubler l’ordre public ainsi?
La femme a roulé sa robe à sa taille, donnant à voir un peu plus. Elle se rasait intégralement le sexe. Elle a récupéré un préservatif qui était posé, je ne l’avais pas remarqué avant, sur le tableau de bord, en a déchiré l’emballage, et a gainé sa queue avec d’un mouvement souple qui trahissait l’habitude.  Elle est venue se positionner au dessus du type et elle a attrapé sa queue, la guidant vers ses lèvres. Le gland a disparu entre les lèvres de la fille, puis la queue toute entière, avalée jusqu’aux couilles.
Il a attrapé la belle brune, et il s’est mis à la faire monter et descendre sur son membre, qui apparaissait et disparaissait entre les lèvres. Celles-ci gonflaient, s’étiraient d’une manière spectaculaire, descendant et enveloppant la queue. C’était vraiment troublant. C’est toujours troublant de voir un couple faire l’amour. On a envie d’être à leur place, et en même temps de continuer de regarder. Il faudrait être double.
Ca avait duré un certain temps. La femme semblait éprouver du plaisir, à en juger par l’expression de son visage. Lui on ne le voyait pas…Elle se caressait les seins à travers le tissu de sa robe. Elle s’est tendue, et j’ai eu la certitude qu’elle jouissait. Elle a eu la présence d’esprit, quelques secondes plus tard, d’arracher la queue de son vagin, et d’enlever la capote. Elle l’a posé contre son ventre nu, et on a vu le sperme jaillir en jets blancs qui ont marqué sa peau mais aussi sa robe…La machine à laver était là pour ça, et d’évidence, elle aimait être ainsi maculée de sperme. La chaleur de la semence sur sa peau, et la robe qu’elle pourrait renifler en se souvenant de ce moment.
Le problème du système, c’était qu’il n’était pas totalement fiable, et il y avait à certains moments des bugs. L’enregistrement était coupé, et le gars avait disparu. La fille était de nouveau assise sur le siège, rêveuse. Elle se glissait de nouveau au volant, redémarrait et partait.
—Les salauds, faire ça sur le parking…Vraiment, la moralité, ça se perd…
—Je ne crois pas qu’un dépôt de plainte aboutira à grand chose. D’autant que lui, on ne le voit pas.
—Mouais, grogna-t-il, dépité. Enfin, elle avait bien raison…Mais comment on peut s’exhiber comme ça?Les gens n’ont aucune morale. Quand on veut baiser, on reste chez soi…
Il disparut, me laissant seul…
JF n’avait pas bien fait le boulot. J’ai effacé entièrement la séquence.
Cela faisait quatre ans maintenant que lui et moi, c’était lui qui m’en avait parlé, nous avions rejoint ce réseau qui couvrait tout le département, et se servait des réseaux sociaux pour communiquer. Il connectait entre eux des célibataires ou des hommes et des femmes mariés qui avaient envie de sortir de la routine. Il y avait des profils, on se contactait, par mail, par téléphone, avec juste la promesse de passer de bons moments ensemble, et rien d’autre. Ce qui n’empêchait pas qu’on puisse se revoir plusieurs fois, et ensuite à la discrétion de chacun, basculer sur autre chose.
On se donnait souvent rendez-vous dans des lieux publics, pour y faire l’amour. Difficile de ramener une fille ou un homme chez soi quand on est marié. Et puis il y a une excitation des lieux publics qui est toujours agréable. Un côté exhibitionniste, une prise de risque.
Et bien sûr, il y avait les caméras partout, mais on avait appris à contourner l’obstacle. On effaçait mutuellement les séances compromettantes quand il y en avait. Même si on avait AUSSI appris à se jouer des caméras.
J’ai senti la porte s’ouvrir derrière moi.
—J’ai attendu que tu sois seul.
Val, 43 ans, une brune somptueuse avec qui ça avait tout de suite accroché. On avait pas mal échangé par mail et téléphone. Avec un premier rendez-vous le matin, donc sur le parking…On avait cédé à notre envie immédiatement. J’avais été récupérer ma voiture, on avait mangé en dehors de la ville, un routier à dix kilomètres. Elle avait décidé d’aller faire un peu de shopping, et de me rejoindre dans la salle de surveillance. Elle devait repartir en fin d’après-midi, mais il était d’ores et déjà acquis qu’on se reverrait.
—J’ai encore envie de sexe, pas toi?
—Tu as croisé le maire?
—Je me suis planquée.
—Il y a eu une dénonciation anonyme, pour exhibitionnisme, j’ai dit, en venant poser mes mains sur ses cuisses. J’ai senti, à travers le  nylon électrique la chaleur de son corps. Je l’ai caressée doucement, avant de remonter sur ses fesses, que j’ai prises à pleines mains. Elle s’est légèrement penchée, et m’a caressé à travers mon pantalon.
—Ca fait une belle bosse… Tu as encore envie, on dirait…Moi aussi…Avant de partir, une queue dans le ventre…J’y penserai toute la soirée, assise à côté de mon connard de mari qui ne me baise plus depuis belle lurette!
Elle s’est tournée vers les écrans.
—Tu dois en voir des belles…
—Oui, c’est assez impressionnant le nombre de couples qui vont sur des flirts poussés ou font carrément l’amour dans des zones publiques. Et je me suis vu ce matin…
Je n’avais pas été vraiment inquiet de voir débouler le maire. Conscient que mon collègue pouvait éventuellement NE PAS effacer, mais aussi de la présence des caméras, je m’arrangeais toujours pour ne pas montrer mon visage.
Elle a examiné les écrans, fascinée par ce qui était mon quotidien, avant de se pencher en avant et de remonter sa robe  autour de sa taille. Elle était restée cul nu, et, se penchant en avant elle m’a offert les plissements de son anus, sa croupe charnue s’ouvrant, ainsi que sa grosse moule, qui sous mes yeux s’est métamorphosée d’excitation, ses lèvres volumineuses sortant, s’étirant, et ses jus commençant à couler, trempant les lèvres elles-mêmes, mais dégoulinant aussi au-delà, trempant ses aines et gouttant sur le sol.
Elle avait posé sur la table la boite de préservatifs qui l’avait accompagnée pour sa venue ici. J’en ai attrapé un, et je m’en suis gainé. J’étais vraiment très dur, rempli de désir. Je me suis glissé en elle d’un seul mouvement, gainé par sa vulve élastique et brulante. Elle a gémi quand mon gland a tapé contre son utérus, et que j’ai été totalement en elle.
—Caresse-moi bien à l’intérieur.
Ses voeux ont été exhauçés, je me suis mis à aller et venir en elle, mon plaisir montant autant que le sien. Il y a des moments qui sont vraiment très bons. Celui-ci l’a été encore plus quand elle m’a dit:
—Maintenant que tu es bien enduit de mes jus, je veux que tu me sodomises. Tu remontes de deux centimètres et c’est bon.
Je me suis arraché de sa vulve. Le latex dégoulinait de ses jus intimes. J’ai glissé sur sa chair, jusqu’aux plissements de son anus. J’ai appuyé mon gland contre. Je pensais que ça n’allait pas passer, mais, autant sans doute parce que j’étais bien lubrifié que parce que ce n’était pas la première fois qu’elle se faisait sodomiser, j’ai commencé à m’enfoncer en elle, saisi par la différente excitante entre les deux cavités. Là, c’était beaucoup plus serré, une pression qui m’a fait perdre la tête…Je me suis retenu à grand peine de jouir. Je me suis mis à aller et venir en elle. Sa main tournait entre ses cuisses, sur son clitoris. La jouissance est venue très vite, trop sans doute, pour elle, un orgasme en entrainant d’autres, mais aussi pour moi. Elle a hurlé, son dernier orgasme, le plus fort, quand mon sperme a jailli, cognant contre les parois étroites.
Après le plaisir, on est restés ensemble, parlant de tout et de rien jusqu’à son départ. Avec la certitude qu’on se reverrait.
L’ironie de l’histoire, c’est sans doute ce qui s’est passé quelques jours plus tard.
Il y avait toute les semaines une maintenance des caméras. Celles-ci n’étaient pas opérationnelles pendant trois heures. Le maire le savait parfaitement, il était le premier au courant.
Ce mardi-là, la maintenance a été plus rapide, et les caméras ont redémarré plus rapidement.
Depuis qu’il y avait eu des dégradations devant la mairie, quelques années plus tôt, on avait installé une caméra juste en face.
Il était dix-sept heures, et la lumière était allumée à l’intérieur, en cette fin d’automne.
J’ai remarqué quelque chose de suspect, une silhouette immobile, et j’ai zoomé.
Le maire était installé dans l’un des secrétariats, debout devant une de ses secrétaires, Cathy, une blonde somptueuse, et cette dernière, assise à son fauteuil habituel, lui faisait une fellation avec toute l’habileté qu’elle pouvait y mettre.
J’ai enregistré la scène, jusqu’à l’apothéose, quand elle a sorti une queue bien charnue, et qu’elle l’a masturbé brièvement , faisant jaillir son sperme sur son visage.
Ca pourrait toujours servir.

 

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