Je fais la vaisselle. Je t’ai entendu revenir de la douche.

Je ne me suis pas retournée.

Je porte une robe de nuit transparente, des fils gris foncés, argentés dessinent des toiles d’araignées, des chemins, des tatouages sur ma peau. Je ne porte rien d’autre. Peut-être qu’avec la lumière qui transperce la fenêtre du salon et traverse la pièce jusqu’à l’évier, ma silhouette se dessine nettement sous le tissu. Peut-être que tu vois mes cheveux lâchés jusqu’en bas de ma taille, près de mes fesses.

J’ai entendu la porte s’ouvrir, je laisse l’eau rincer les couverts, j’arrête de respirer sans m’en rendre compte.

« Tu es indécente… »

Une fraction de seconde et tu es contre moi, ta bouche sur mon oreille, ta barbe qui me chatouille le cou, ton souffle saccadé. Je ne me retourne pas. Tes mains sur mes seins. Je ferme les yeux. Ton sexe déjà dur contre moi.

Tu es donc revenu nu de la douche.

Tu voulais aussi me faire une surprise, me faire écarquiller les yeux, me donner envie de toi alors que nous n’avons pas le temps de refaire l’amour.

J’ai été rapide: pendant que tu te lavais, j’ai enfilé cette longue robe de nuit. Elle tombe jusqu’à mes chevilles, une ouverture du côté droit découvre ma jambe.

Je l’avais apportée pour la veille au soir, mais tu avais travaillé, tu étais épuisé, je voulais bien dormir, aussi.

Nous avions déjà consumé nos corps sur ton fauteuil, pendant longtemps, j’étais repue, j’avais joui, fort, pendant que tu me léchais, puis pendant que tu me baisais en regardant mon corps dans le body de dentelle noire, alors, oui, je pouvais dormir. Dormir, oui, s’endormir, enlacés.

« Tu me prêtes ton t-shirt bleu? »

Voilà, la robe transparente, au fond du sac, c’est parfait comme ça.

Ce matin, j’avais une petite marge. Je pouvais ne pas m’habiller tout de suite, alors j’ai enlevé ton peignoir, ton t-shirt et j’ai glissé dans la robe-toile. Pour occuper l’attente, j’ai commencé à laver les vestiges de notre soirée.

J’ai fait un tableau pour toi, avec mon corps. J’imagine ce que tu vois, de retour dans la pièce. Mais je ne sais pas ce que tu vois vraiment. Je n’ai pas envisagé, non plus, ce que tu allais dire ou faire après.

« Tu es indécente… »

Puis ton souffle, ton corps. Toi.

Tu attrapes doucement le tissu par mes hanches et, lentement, alors que non, nous n’avons pas le temps, tu le soulèves, t’écartant juste ce qu’il faut de moi pour que la robe ne se coince pas entre nous. J’ai toujours les yeux fermés. Ton érection n’est plus contre mes fesses, mais entre mes fesses et tu me caresses avec elle. Tu t’acharnes, tu presses un sein, tu pinces le bouton de l’autre. Un râle m’échappe, je tourne la tête la bouche déjà entrouverte: tu m’attrapes, on s’embrasse avec fougue. Tu ne cesses de bouger, de frotter, d’empoigner et moi aussi j’ai commencé à suivre ta danse.

Nous savons que nous n’irons pas plus loin, je sais que je ne terminerai pas la vaisselle, nous sommes tous les deux déjà en retard, mais qu’importe: c’est délicieux, on pousse jusqu’à ce que ce soit insupportable et puis on arrête. C’est insupportable d’arrêter aussi. C’est une torture et c’est un de nos jeux préférés.

Tu serres ma taille, tu t’écartes d’un bond net, décidé. Le bas de la robe reste accroché à ton sexe: je la sens se décoller de moi, tirer, puis retomber. Je ne bouge pas d’un millimètre. Je ne rouvre pas les yeux. Tu recules. Je souris.

« Tourne-toi… »

Je ris. J’enlève le savon au jet d’eau. Je me retourne. Je m’avance cachant la gêne de mes yeux baissés dans l’assurance de mon sourire.

Tu prends mes mains:

« Tu as les mains mouillées, tu vas en mettre partout… »

Tu les places sur ta queue. Je la masse, nos bouches collées, encore.

On recommence, mais c’est plus bref, cette fois.

Nous n’avons vraiment pas le temps de tout ça. Au lieu de ce manège, nous aurions pu nous donner du plaisir vite fait, à la sauvette, pensant déjà à la course folle de la journée.

Mais non, on préfère ça, parfois: ce plaisir qui restera en suspens…

Je garde cette tension en moi longtemps, des heures après, elle va et vient tout au long de ma journée.

Je sais que je vais retrouver les images et les sensations quand je pourrai enfin me glisser dans mes draps, le soir. Là, entre soupirs, frôlements et gémissements, j’y serai à nouveau et quand je jouirai, enfin, ce sera un peu comme si tu étais là.

 

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  1. unbeautenebreux le à
    unbeautenebreux

    Très belle évocation du plaisir de ne pas jouir immédiatement. Belle description également du regard, le sien, sur elle et de l’atmosphère sensuelle qui les entoure. « Pas le temps » mais bravo !!

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