La fille qui voulait voir la mer (7)

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mia michael


BDSMfétichismepunitionsoumission et domination


Mais qu’est ce qu’elle fout ? Oh ! Lucia lui embrasse la main, puis elle me fait signe de venir.

Elle dit :

— Encore merci, Mademoiselle.

Puis, elle me prend par la main et on sort de la chambre. J’attends qu’elle m’explique. On va dans notre propre chambre, celle qui donne à l’arrière. Là, elle me dit :

— Je lui ai demandé de nous laisser cette journée, je vais rejoindre Jérôme.

— Et moi ?

Elle me donne un papier où elle a écrit quelque chose, un billet de 20 euros et une pièce de 2 euros. Je suis fau­chée, jusqu’à ce qu’on soit payées. Lucia m’envoie je sais où, tandis qu’elle va s’envoyer en l’air. Elle voit à ma tête que je vais me mettre à… pleurer. Alors, elle me secoue :

— Change-toi. Mets un jean et fais ce que je te dis.

Carole a déteint sur elle, dirait-on… Non, c’est ma seule amie. Je m’habille, on descend et on va à l’arrêt du tramway, moi dans un sens, elle dans l’autre. Je lui demande :

— Je descends où ?

— C’est marqué sur le papier. À la Sagrada Familia, le tramway s’arrête devant.

— C’est quoi ?

— Tu verras. Promets que tu le fais.

— Promis… Mais… tu n’es pas fâchée ?

— Non, si tu fais bien ce que je dis.

Son tramway arrive. Elle m’embrasse et disparaît.

Étant donné que Lucia est plus belle, mais aussi plus intelligente que moi, je vais faire ce qu’elle dit. La seule chose où je suis meilleure qu’elle, c’est pour me dévaloriser.

Je prends le tramway… Je ne sais pas si je dois pren­dre un billet ou faire autre chose. Heureusement, une fil­lette de 12 ans environ, qui me voit paniquer, prend ma pièce, la glisse dans une fente et me donne un billet et un peu de monnaie. Je me confonds en « gracias ».

Je suis sûre que je vais rater l’endroit où je dois aller. Je demande à la gamine, dans mon espagnol mélangé d’italien :

— Je dois descendre à Sagrada Familia, tu pourrais me dire où c’est ?

— Je descends là aussi, je te ferai signe.

Elle doit penser que je suis un peu demeurée. Elle n’a pas tort !

On arrive devant une… construction surprenante, mi-cathédrale, mi-château de la belle au bois dormant. Un peu comme si Salvador Dali et Walt Disney en avaient fait les plans. La fillette me prend par la main et je descends avec elle.

Elle me dit :

— C’est ici, la Basilique de la « Sagrada Familia » (la Sainte Famille).

Je m’accrocherais bien à sa main, mais elle prend les devants en disant :

— Je dois y aller.

Je l’embrasse sur la joue et je regarde la Basilique. C’est une construction extraordinaire.

 

Quatre tours fines et arrondies s’élancent vers le ciel, comme des fusées finement ouvragées. En dessous, l’immense entrée est flanquée de colonnades tout aussi grandes. L’ensemble est décoré de sculptures.

Je suis bouche bée devant cet édifice incroyablement beau et élégant

J’avance lentement vers l’entrée, en m’en mettant « plein les yeux ». Quel dommage que cette garce de Carole nous ait confisqué nos GSM ! Je ne peux même pas faire une photo !

J’entre dans la basilique.

Je prends de l’eau bénite après avoir fait une génu­flexion. Tout est immense ici. La lumière est dorée, sauf en dessous de certains vitraux où elle devient bleue. Moi qui adore la science-fiction, j’ai l’impression de me retrouver dans le futur, sur une autre planète, dans un bâtiment fait par des extraterrestres beaucoup plus doués que les hommes du 20e siècle.

J’entends un guide parler en français à un petit groupe. Il a l’air sympa, j’écoute ses explications. Il parle de Gaudi, l’architecte visionnaire de cette cathédrale. Il explique que la Sagrada Familia est toujours en travaux. Effectivement, j’ai vu de très hautes grues à l’extérieur. Je suis le groupe pour continuer à l’écouter. Le guide me sourit, moi aussi. Un membre du groupe, ou plutôt le chef, qui a vu que je restais avec eux, me demande :

— Est-ce que vous faites partie du groupe, Mademoi­selle ?

— … Euh…

Le guide lui répond :

— C’est ma cousine, elle devait me rejoindre.

L’autre grommelle un truc et moi j’envoie un baiser à mon sauveur.

Un peu plus tard, pendant que les membres du groupe achètent des cierges pour les allumer et faire un voeu, je lui dis :

— Merci, vous êtes gentil.

— Pas de problème. Tu aimes la « Sagrada Familia » ?

— J’adore…

— Tu connais le parc Güell ?

— Non, je ne suis ici que depuis deux jours.

— Il est extraordinaire. Tu veux venir avec nous ?

— Oh, oui, j’adorerais… mais euh, je n’ai pas d’argent.

— Je ne vais pas faire payer ma cousine, quand même.

Je ne vais pas vous étonner en disant que je suis tout émue ! On prend le car des touristes et on va visiter le jardin Güell. Le guide me dit :

— Si tu veux un peu circuler dans les allées, on se retrouve dans une heure devant la salamandre, ensuite, je serai libre.

— La salamandre, Monsieur ?

Il me montre une statue multicolore et ajoute :

— Moi, c’est Marc.

— Mona…

— À dans une heure ?

— Oui.

Le jardin Güell… J’ai déjà employé beaucoup de superlatifs pour décrire la Basilique. Le jardin, lui, est nettement orienté vers le fantastique, le merveilleux.

Il est en pente et du sommet du jardin, depuis un sentier sinueux on aperçoit une tour et des surfaces multi­colores, et puis la ville et la mer. Tout baigne dans une lumière dorée irréelle.

Marc fait visiter la Sagrada Familia et le jardin Güell, c’est magique… Je n’exagère pas et le syndicat d’initiative de Barcelone ne m’a pas sponsorisée. Je ne suis financée par personne, hélas…

Je fais deux fois le tour du jardin en découvrant tou­jours des choses nouvelles et merveilleuses. J’ai des étoiles plein les yeux, oui, ça change des larmes. Quoique, il m’arrive aussi de pleurer quand c’est trop beau.

Marc, me rejoint après avoir largué ses tou­ristes. Il me demande :

— Alors ?

— J’ai adoré…

On discute un peu du parc. Il fait le guide rien que pour moi. Je ne vais pas tout expliquer, sinon, je vais encore me faire tirer les oreilles comme quoi, c’est « hors sujet » !

Marc me propose de passer voir quelques maisons faites par Gaudi et de manger avec lui. Je ne suis pas une fille facile. Avec Franck, le garde du corps, je venais de passer trois heures enfermée dans une armoire métallique, il fallait que je fasse quelque chose de dingue pour com­penser. Et Lucia a compris exactement ce qu’il me fallait. C’était une étreinte… euh… thérapeutique.

Ça m’a remis les idées en place en faisant énormé­ment plaisir à la petite bête qui niche entre mes cuisses.

Ici, je n’ai pas été enfermée, mais j’ai eu une révéla­tion artistique, presque mystique. Je me sens tellement en accord avec la vision du monde de Gaudi : magique et tarabiscotée…

Marc a une moto, je me colle à lui…

On passe voir quelques-unes des maisons dont les plans ont aussi été faits par Gaudi… C’est magique, je l’ai déjà dit, je sais…

Marc m’invite à manger des tapas, ce genre de hors-d’œuvre qui peuvent servir de repas. Lui connaît un petit restaurant où ils sont délicieux, même les petites têtes de seiches avec leurs petits tentacules. Ça s’appelle des chipi­rones. On boit du Alta Alella, un vin blanc apprécié déjà par les Romains.

Le vin aidant, je deviens sentimentale et pleurni­cheuse. Oui, à jeun aussi, c’est vrai. Je lui raconte ce que je fais pour le moment : Cendrillon au service de la méchante Carole. J’ai encore assez de lucidité pour me dire, arrête de pleurnicher. On est assis l’un en face de l’autre, alors, pour me faire pardonner mes pleurnicheries, je pose mon pied nu entre ses cuisses. Je ne suis toujours pas une fille facile, mais le choc de l’oeuvre de Gaudi plus le vin catalan, oui… j’ai envie de me faire… culbuter.

On termine le repas et il me propose de passer chez lui pour me donner un livre sur le Gaudi. Comme je l’adore, j’accepte. Et puis, pourquoi ne pas faire comme Lucia, qui doit s’envoyer en l’air plus haut que le volcan de la Souffrière. Bon, pas sûr que ce volcan soit dans les Antilles, mais l’image me plaît. On reprend sa moto et je me colle à lui comme une arapède à son rocher… Je n’ai pas des seins énormes, mais lui doit bien les sentir contre son dos, comme deux petits coussins moelleux.

Il habite une petite chambre dans un immeuble à la périphérie.

Une fois chez lui, on ne parle pas, il enlève mon jean et c’est tout, je n’ai pas mis de culotte.

Il me pousse sur le lit et se met à genoux par terre entre mes cuisses. Il tire sur mes jambes, jusqu’à ce que mon bassin soit un bord du lit et il m’embrasse, mais bien, un vrai baiser d’Hollywood… Ou plutôt d’un film de Marc Dorcel. D’habitude, je suis gênée qu’on m’embrasse aussi intimement… mais là, le voyage, Gaudi, le vin catalan… je me laisse faire et je caresse ses cheveux en gémissant… Il est guide comme vous le savez, c’est un métier où il faut avoir la langue bien pendue et, mon Dieu, c’est son cas. Il embrasse, lèche, suce… Mon cerveau envoie un message chimique à mes glandes de Bartholin, genre, « Ouvrez vos  vannes, les filles ! »

Ensuite, je fais comme les filles qui ont un amoureux qui les lèche : mes cuisses se tendent et mon bassin va au-devant de sa langue… Tandis que je lui dis :

— Oh oui, oh oui… plus hauuuttt…. Oui, là… mmmmhhhh…

Sa langue virevolte, comme celle d’un oiseau mouche se gavant du nectar sucré du pistil d’un hibiscus.

Je sens que je vais…

— Ouiiiiii, je jouiiiissss….

Ensuite, en garçon soigneux, il lèche bien son plan de travail afin de le laisser impeccable pour le suivant. Ne faites pas attention, j’ai trop bu….

Il vient sur le lit et m’embrasse sur la bouche… Oh, ça ne me déplaît pas, pas du tout même. Oui, bon…

On se repose un peu, en parlant. Lui des voyages qu’il a faits, moi des voyages que je vais faire… Ensuite, on essaie quelques positions très, très agréables… Entre les… câlins, on boit de la tequila. Moi qui n’ai pas l’habitude, je picole un peu trop depuis que je suis à Barcelone.

On finit par s’endormir dans les bras l’un de l’autre, en sueur, collants, bourrés et très satisfaits…

 

A suivre.

 

Six de mes livres illustrés par Bruce Morgan sont publiés par La Musardine.

 

http://www.lamusardine.com/P32760-samia-fille-du-voyage-morgan-bruce-michael-mia.html

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