La plantation

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BDSMsoumission et domination


Bloody sunday…

La traversée fut interminable. Maintes fois durant ces semaines de navigation, François regretta d’avoir suivi les conseils de son père. Pourtant, cette invitation lui avait paru être une chance, fatigué de l’oisiveté permanente et franchement ennuyeuse de sa vie d’héritier d’une famille de nobles Nantais. Voyager, voir d’autres horizons et découvrir autre chose que cette vie étriquée dans un royaume de France en perdition avait sonné comme une délivrance. Ce qui convenait à merveille à sa mère et ses deux sœurs cadettes commençait vraiment à le faire déprimer. Et là, partir pour les Amériques, c’était un rêve à portée de main.

Si encore son père l’avait sollicité davantage dans la gestion de ses affaires. Sûr qu’à vingt-cinq ans, il aurait pu lui donner des responsabilités. Mais non, le patriarche ne supportait pas la moindre incursion dans ses affaires et il régnait seul sur son négoce comme s’il voulait en voiler certains rouages… même à sa famille. François se demandait, alors que les côtes apparaissaient enfin, s’il n’avait pas organisé sciemment ce départ avec son ami portugais pour l’éloigner et éviter certaines questions embarrassantes. Une amitié de plus de trente ans avec ce Juan Oliveira, puissant propriétaire terrien dans un Brésil marqué par la colonisation. Débarqué à Nantes il y a six mois et logé dans notre grande demeure, il s’était déplacé en personne pour développer encore davantage leurs relations commerciales. François s’était vite rendu compte qu’entre les deux hommes régnait une grande complicité et il était certain qu’ils partageaient sûrement pas mal de secrets.

Une fois débarqué, François ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi durant les longues journées du voyage Juan tenta à plusieurs reprises d’éclairer progressivement sa lanterne. Avant, il ne s’était jamais réellement interrogé sur l’esclavage. Bien sûr, il en avait entendu parlé mais, avec une grande naïveté, savamment entretenue par les omissions volontaires de son paternel lorsqu’ils avaient évoqué le sujet, le jeune homme n’y avait vu qu’une forme exotique et à grande échelle de la domestication pratiquée depuis longtemps par la noblesse ou la grande bourgeoisie française. D’ailleurs, chez lui, une bonne vingtaine de serviteurs travaillaient dans la maison familiale. Maintenus de génération en génération dans la dépendance des maîtres, il n’avait jamais pensé à mal en grandissant entouré de ces nurses, bonnes, cuisinières, valets et jardiniers qui semblaient accepter leur sort. Son père avait sûrement des défauts mais il ne l’avait jamais vu les punir avec cruauté lorsqu’ils étaient pris en faute ou manquaient d’entrain à réaliser les tâches qui leur étaient confiées.

Côté châtiment corporel, un souvenir très marquant lui restait pourtant en mémoire. Sans doute excédée par les caprices de la petite garce, car il devait bien reconnaître que c’en était une, la nurse qui s’occupait de sa plus jeune sœur l’avait giflée. Lui n’était pas au courant mais la petite était venue le chercher dans sa chambre.

– François, viens vite, je veux voir maman battre cette catin !

– Qu’est-ce que tu racontes ? Je comprends rien ! interrogea François, peu enclin à la suivre.

– La nurse, elle m’a frappée ! J’ai tout raconté à maman. Je sais qu’elle va la punir et je veux voir ça ! ajouta-t-elle en le tirant par la main pour l’entraîner dans le sombre couloir oublié qui longeait la bibliothèque. Chut ! Ils sont là…

Pour un gamin de treize ans qui commençait à regarder avec un certains appétit les formes des femmes qui l’entouraient, cette fin d’après-midi fut inoubliable. La petite espiègle était visiblement déjà venue là car elle connaissait l’existence de deux petits trous percés à mi-hauteur qui permettaient d’observer tout à loisir ce qui se passait dans cette pièce servant de bureau à leur père. François n’en crut pas ses yeux.

La jeune nurse était debout devant leurs parents et écoutait les yeux baissés les remontrances de la maîtresse de maison. Leur père restait silencieux mais son visage trahissait un certain plaisir à assister à la scène. Le sermon fut violent. La faute étant impardonnable et sa mère qui venait de s’emparer d’une canne en rotin se plaça devant la fille. Soit elle quittait immédiatement la maison, soit elle acceptait une sévère punition avec l’instrument qu’elle fit siffler dans l’air à plusieurs reprises. La pauvrette se mit à pleurer. Avait-elle vraiment le choix ? Évidemment non et, quand on lui ordonna de se déshabiller complètement, François comprit qu’en plus de lui marquer durement les fesses sa mère voulait l’humilier en l’obligeant à se mettre entièrement nue devant son mari. Ma sœur jubilait à l’avance de la douleur qu’elle allait devoir supporter.

La fille retira un à un ses vêtements et un joli corps aux formes généreuses fut exposé à la vue de tous. Elle tentait de masquer deux seins lourds et très beaux avec un bras replié tandis que son autre main, posée sur une toison fournie, empêchait de voir son sexe. Une sensation fort agréable et irrésistible transforma aussitôt le sexe de François en bâton bien dur. Son autre sœur, plus âgée que lui de deux ans et, à l’évidence, très vite portée sur la chose, l’avait initié peu de temps avant cette fessée en proposant de lui montrer sa poitrine naissante et son minou s’il acceptait à son tour de lui montrer son sexe. Les deux jolis petits seins ronds aux mamelons dressés n’avaient pas manqué de provoquer chez lui une érection mais pas question pour elle de le toucher. Elle l’avait guidé dans ce qui était une de ses premières masturbations et François avait vu les yeux écarquillés de sa grande sœur, hypnotisés par la taille prise par le membre turgescent de son frère. Lorsqu’il vit sa mère placer sans ménagement les deux mains de cette fille nue sur les accoudoirs d’un grand fauteuil en l’obligeant à cambrer les reins pour faire ressortir un fessier blanc et majestueux, il sut aussitôt que le spectacle allait l’exciter prodigieusement.

Son père, d’un signe de tête, ordonna le début de la punition et vingt fois la canne siffla et cingla à toute volée la chair exposée. François fut partagé entre le plaisir que lui donna la vue des seins qui bondissaient à chaque coup et celle des stries rouges bordées de qui couvrirent progressivement ce cul magnifique et le sentiment d’injustice devant une telle punition. La pauvre nurse cria et pleura mais elle supporta la canne jusqu’au dernier coup avant de s’effondrer en sanglots, les fesses et le haut des cuisses marquées de lignes sanglantes. François laissa sa petite sœur en plan pour éviter qu’elle ne voit la déformation de sa culotte et il fila se soulager seul dans sa chambre en gémissant de plaisir. Le soir, par la porte de la chambre, restée entrouverte, il surprit l’aînée en train de soulager avec des compresses humides la petite bourrique, en pleurs à son tour, nue et allongée sur le ventre. Les parents avaient eu le dernier mot et le martinet à lanières avait sévi ! Son joli petit cul était zébré de marques rouges. Elle l’avait bien mérité ! Une fois encore, François, en se souvenant de cet épisode, dut reconnaître que le spectacle de petites fesses rougies ne lui déplaisait pas… loin de là !

Mais même avec de tels souvenirs, il n’était pas préparé à ce qu’il vit en arrivant avec le maître des lieux dans la cour de l’énorme bâtisse située au cœur de la plantation. Accompagnés des hommes de Juan qui étaient venu les chercher sur le port, François vit la contrariété sur le visage de Juan lorsqu’un autre cavalier qui nous avait rejoint quelques lieues avant de franchir le grand portail parla avec lui. Il accéléra aussitôt l’allure et François en compris vite la raison. Lors du voyage, Juan lui avait parlé de son épouse. Cette union, davantage finalisée entre deux familles pour renforcer leur puissance que fondée sur un véritable amour, battait de l’aile depuis longtemps. Pas d’enfant né de ce mariage. Pendant son absence, Madame, comme elle se faisait appeler, avait pris la place laissée par le maître et son autoritarisme excessif avait sévi.

Un bloody sunday, ce dimanche d’arrivée ! Un hasard ou une vraie volonté de cette femme de marquer son territoire ? En tout cas, pour mettre François dans l’ambiance, rien de mieux. Ils entrèrent sous la clameur de dizaines d’esclaves rassemblés sous bonne garde d’hommes armés brandissant tous un long fouet. Malgré les circonstances, ils paraissaient sincèrement heureux du retour de Juan qui avança d’un pas déterminé vers celle qui, imperturbable, poursuivait son inspection. Trois esclaves, mains liées haut au-dessus de la tête aux anneaux fixés sur les solides poteaux de bois plantés au centre de la cour venaient de toute évidence d’être fouettées sauvagement. Les zébrures, nombreuses, témoignaient de la sévérité du châtiment. Certaines balafres avaient même déchiré la peau délicate sur le côté des seins, également exposés dans cette position. Chaque dos était une plaie à vif ce qui semblait réjouir cette femme qui accueillit son mari d’un simple sourire convenu. Elle savait qu’il ne ferait rien en public pour la discréditer. Toutes plus belles les unes que les autres, torses nus, marqués par la longue lanière impitoyable, de toute évidence, il s’agissait d’esclaves qui travaillaient au sein de la belle demeure coloniale. C’était le pré carré de Madame, mais, à l’échange de regard qu’il eut avec Juan avant de lui faire visiter ses quartiers, le jeune français comprit que, de son côté, il ne supportait plus ses excès. L’ambiance du repas du soir fut glaciale ce qui n’empêcha nullement Madame de dévorer des yeux le jeune invité sans se soucier le moins du monde de la présence de son mari.

Juan donna tout loisir à François de découvrir la plantation et toute l’organisation interne de ce microcosme à l’équilibre fragile. Il lui avoua même qu’en son for intérieur, il souhaitait qu’on mette un terme à cet esclavage, héritage peu glorieux d’une colonisation qu’il estimait nécessaire de faire évoluer. Bien sûr, il était loin de faire l’unanimité quand il retrouvait les autres grands propriétaires terriens mais avait compris, qu’un jour, cette exploitation inhumaine et son cortège de cruautés cesseraient. Plus François discutait avec Juan et plus il appréciait l’homme. En quelques semaines, il avait été adopté dans le grand domaine. En voyant une flopée d’enfants à la peau plus claire vivre dans la demeure sous la surveillance des belles esclaves que Madame avait fait punir le jour de son arrivée, il ne mit pas longtemps à comprendre ce que Juan ne lui avait pas encore avoué. Le gaillard avait un bel appétit sexuel et les plus jolies esclaves de la plantation dès la fin de l’adolescence y trouvait une place… et l’assiduité du maître. Madame semblait s’en moquer éperdument mais il comprit qu’elle n’avait pas fait fouetter ces belles femmes pour rien. Au moins, pendant un moment, elles ne pourraient recevoir la visite de ce maître si particulier. François la surprit lors d’une balade à cheval. Dos tourné et mains posées sur le tronc d’un arbre, elle se faisait littéralement défoncer par un superbe esclave doté d’un membre long et épais qu’il voyait entrer et ressortir du cul toujours superbe qu’elle lui offrait.

La chaleur, les corps quasi nus et cette liberté sexuelle ne le laissait pas indifférent surtout que Juan avait tout fait pour placer auprès de lui Lili, magnifique métisse fine et élancée, en charge de sa chambre et de ses affaires. Évidemment, pas de hasard dans cette désignation inhabituelle car d’ordinaire c’était Madame qui décidait de tout pour ces choses-là. Elle avait voulu s’y opposer mais Juan ne voulut rien savoir. François passait de plus en plus de temps avec elle. Il avait acquis la certitude en regardant ses traits et surtout ses yeux qu’elle était une des filles de Juan. La mère présumée que François voyait très souvent près d’elle était l’une des esclaves fouettées avec cruauté le jour de son arrivée et dans certaines positions, sa robe laissait apparaître des cicatrices laissées par le cuir tressé. Lili était très intelligente et curieuse, elle voulait sans cesse qu’il lui parle de la France, de ses sœurs et François se rendit vite compte de l’attirance qu’il ressentait pour la jeune fille. Pas seulement dû au corps de rêve qu’une légère robe blanche couvrait le plus souvent, le besoin de vite la retrouver, quand il partait plusieurs jours avec Juan pour se rendre sur les terres les plus éloignées, était intense. A plusieurs reprises, il avait aussi senti un désir ardent dans les yeux étonnamment clairs de la jeune esclave mais il n’avait pas osé. Évidemment, Madame s’était vite rendu compte que leur complicité allait grandissante. Elle profita d’une de ces absences et d’une confidence d’une autre esclave, jalouse de Lili, pour tenter d’y mettre un terme. Dès le retour de Juan et de son invité, Madame prit les devants en expliquant que Lili était au cachot. Elle avait tout prévu et la pauvre fille qui l’avait dénoncée vint expliquer qu’elle avait vu François apprendre à lire à Lili. Piégé, François ne put nier qu’il avait montré à la jeune métisse comment il arrivait à lire mais ajouta aussitôt qu’il ne cherchait pas à lui apprendre. D’ailleurs, il ne pensait pas que c’était un crime.

Pour Juan, ce fut un terrible dilemme car s’il laissait passer cet incident, le risque était grand de voir l’incompréhension des autres esclaves de voir la coupable d’une telle faute s’en tirer sans punition. Il était coincé. Lili devait être punie sévèrement et il savait que seul le fouet serait considéré par tous comme une réponse à la hauteur de la faute. François eut beau proposer de recevoir les trente coups à la place de Lili puisqu’il était seul responsable, mais Juan, terriblement touché par la situation, lui expliqua que c’était impossible, malheureusement.

Juan décida que seul le personnel de la maison et Madame, qui n’aurait voulu manquer cela pour rien au monde, assisteraient avec lui à l’application de la peine. Il conseilla à François de ne pas venir mais, évidemment, ce dernier refusa. Lili fut amenée par deux hommes qui déchirèrent la robe salie par les jours passés au cachot. Nue, sans défense, ses poignets furent liés et reliés à la corde qui pendait sous la grosse branche. Résignée, elle cherchait des yeux François, tétanisé, en proie à une colère froide et elle vit des larmes couler le long de ses joues. Elle sut à ce moment que sa vie allait changer.

La beauté du corps suspendu, pointes de pied touchant à peine le sol, était irréelle. L’homme chargé par Juan de procéder à l’exécution de la sentence, se recula et déploya un long fouet terminé par une fine lanière. Lui-même, troublé par la solennité du moment, semblait hésiter mais le signal de Juan, visage fermé, ne lui laissa pas le choix. Le premier coup claqua avec force sur le dos de Lili en lui arrachant un hurlement terrible. Une marque rouge apparut aussitôt, traçant une diagonale d’une des fines épaules à la base des reins de la pauvre suppliciée. François fit un pas mais Juan venu tout près de lui, l’arrêta en posant sa main ferme sur son épaule avant de lui demander doucement de lui faire confiance.

La danse du fouet se poursuivit implacablement et les claquements secs de la lanière sur la peau nue se succédèrent, déclenchant à chaque fois le même cri déchirant. L’extrémité du fouet parvenait quelques fois à cingler les seins de Lili, les striant du même coup de fines lignes rouge carmin. En plus d’un endroit, la force des coups avaient fait éclater la peau et chaque nouveau coup de fouet pulvérisait le sang qui perlait. Le calvaire de la pauvre Lili touchait à sa fin lorsqu’à partir du vingt-et-unième coup, plus un son ne sortit de sa bouche. François n’eut pas à demander à Juan d’intervenir. D’un geste, ce dernier mit aussitôt un terme à la punition en arrêtant d’un mot la protestation de Madame qui faisait remarquer que le compte n’y était pas. Elle dut comprendre qu’elle était allée trop loin en sentant le regard noir de Juan se poser sur elle en même temps qu’il exigeait son silence. François s’était déjà précipité pour détacher Lili et la prendre avec mille précautions dans ses bras pour la ramener vers la grande demeure. Revenue à elle, son cœur explosa lorsqu’il vit un sourire se dessiner sur le joli visage tandis qu’ils s’éloignaient.

Juan les accompagna un moment puis se retourna. Il regarda à nouveau Madame avec une force qu’elle ne lui connaissait pas. Elle sut immédiatement que certaines erreurs changent un destin et, pour la première fois de sa vie, elle eut peur.

(à suivre)

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Bien à vous

Yann LECOURBE

 

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