Les jeux dorés de Dorothée

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Jules Fontaine


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—  Vas-y ! Tu peux me secouer, j’aime quand c’est brusque.

La tête noyée dans l’oreiller, le cul tendu vers le plafond, Dorothée râle à n’en plus finir. À genoux derrière elle, je lui lime le fondement sur un rythme de plus en plus frénétique. Son dos ruisselle encore des derniers jets d’urine reçus sous la douche.

Au sortir de la salle de bains, elle est allée atterrir d’un bond à quatre pattes sur le lit, s’écartant les fesses à pleines mains dans un geste d’une totale impudeur. Une bonne dose de salive posée au bout de mes doigts, je me suis attardé à bien lui masser l’anus comme elle aime, avec de larges mouvements circulaires de l’index et du majeur. Et le pouce toujours prêt à s’égarer dans la moiteur chaude de sa rondelle frémissante. Lorsque ses gémissements ont commencé à passer du grave à l’aigu, c’est mon gland que j’ai glissé dans les profondeurs de ses entrailles. Chauffé à blanc, je me suis coulé en elle jusqu’à l’explosion finale. Ensuite, essoufflés et luisants de sueur, nous sommes restés un long moment pétrifiés, allongés épaule contre épaule. L’air de la chambre sentait le sexe, sel et poivre mélangé.

De toutes les amatrices de sodomie que j’ai pu rencontrer jusque-là, Dorothée fait figure de reine. Son plaisir d’être investie, « remplie de partout » comme elle le dit, n’a rien de factice. Mais ce qui la rend si unique à mes yeux, c’est de m’avoir convié dans le monde enchanté de ce qu’elle appelle ses jeux dorés. Et de me les avoir fait aimer.

Au départ, notre histoire s’annonçait pourtant des plus traditionnelles. J’ai rencontré Dorothée au comptoir du Meltem, un soir de concert où un trio de jazz était à l’affiche. Nous fréquentions les mêmes bars où l’on se croisait régulièrement, nous saluant de loin en échangeant un sourire. Mais jamais plus. Impossible de me souvenir comment nous nous sommes retrouvés côte à côte ce soir-là à discuter de tout et de rien pendant que les musiciens installaient la sono.

Dorothée ressemble à une longue tige blonde, ses cheveux coupés courts encadrant un visage enjoué. Un petit nez retroussé et des fossettes au coin de la bouche lui donnent un air mutin qui, vu de près, n’a pas tardé à me faire fondre. D’emblée, j’ai adoré sa voix. Un son grave et rauque, une vibration féline dans le souffle, et des étincelles de joie qu’elle disperse tous azimuts au gré de ses éclats de rire.

De bière en bière, sa voix devient plus chaude et musique oblige, ses lèvres frôlent souvent mon oreille. Tout comme ses doigts qui se posent ici ou là sur moi, les miens s’aventurant de même. Les manœuvres d’approche durent ainsi une bonne partie du concert. Une fois passé le dernier set, nous savons presque tout l’un de l’autre. L’essentiel du moins. Nous approchons tous les deux la quarantaine, elle et moi fraîchement divorcés, bien décidés à ne pas sombrer dans la morosité. Libres, sans enfant, un travail prenant mais qui nous plaît bien. Elle donne des cours de français à de jeunes étudiants étrangers fraîchement débarqués sur le campus. Je traduis et corrige des notices techniques rédigées dans un anglais très approximatif. Découvrir que nous partageons le même goût pour la langue nous fait rire comme des gamins. De sales gamins.

Vers deux heures du matin, le patron secoue la cloche pour annoncer la fermeture. Je suis sur le point d’inviter les derniers vaillants debout encore à finir la soirée chez moi, mais Dorothée m’en dissuade du regard. Visiblement selon elle, la fin de nuit n’a pas besoin d’être nombreuse pour être agitée. Je ravale ma proposition, griffonne mon adresse derrière un sous-bock que je lui donne. Elle m’effleure les lèvres du bout du doigt, furtivement et sans appuyer.

Nous arrivons quasi en même temps devant chez moi. À peine entrée, elle me supplie :

—  Je n’en peux plus ! Elles sont où les toilettes chez toi ?

Je l’accompagne jusque devant la bonne porte du couloir. Porte qu’elle laisse grande ouverte. Et que je ne referme pas. Dans la foulée de nos derniers échanges au bar, Dorothée continue de m’expliquer les menaces qui pèsent sur le monde actuel et je me retrouve de fait à l’écouter, tandis qu’accroupie au-dessus de la cuvette de porcelaine, elle remonte sa jupe, baisse sa culotte de dentelles noires avant qu’un puissant jet d’urine file d’entre sa fente épilée.

Normalement, je veux dire avant elle, j’aurais dû détourner les yeux. Jamais je ne me suis trouvé dans une telle situation. Une fille en train de pisser devant moi ? Inimaginable ! Sauf que là, cela me paraît tout aussi naturel qu’inconvenant. Est-ce la vision de son sexe nu ou bien celle de la cascade dorée qui s’en écoule ? Sans doute les deux et l’ensemble est vaguement excitant, inutile de le nier. Déjà, je sens qu’avec elle, bien des barrières risquent fort de s’écrouler. Mais pour cette première nuit, nous restons malgré tout très classiques. Nous sombrons dans le sommeil après un soixante-neuf goulu agrémenté pour chacun d’un doigt logé au fond du cul. C’est à partir du lendemain que les choses ont changé.

En nous séparant après le petit-déjeuner, nous avons convenu de nous retrouver en soirée au Meltem pour un concert de Jim, un pote anglais dont je ne rate aucun concert. Plantée sur son tabouret habituel, Dorothée m’y attend tout en discutant avec le serveur. Elle porte une petite jupe portefeuille noire ouverte sur le côté, un corsage couleur crème en soie sauvage, et des ballerines rouges assorties à son blouson en cuir.

Délaissant le barman, elle me tend la main et m’attire contre elle. La chaleur de son corps, la fraîcheur de son parfum, j’ai déjà envie de me noyer en elle. Je me plonge dans le bleu de ses yeux, et c’est l’image de son torrent intime jaillissant de sa fente imberbe qui me revient en mémoire. Dire que cela m’est indifférent serait un pur mensonge. Bien sûr que c’est troublant, cette totale indécence. Cela pourrait être de la dernière vulgarité chez une autre, mais avec elle, non. En me souvenant de son visage rieur alors qu’elle se soulage devant moi sans pudeur, je prends son geste comme une offrande de complicité à venir.

Tandis que l’orchestre de Jim se prépare sur la scène, Dorothée passe sa main sous ma veste et me caresse le bas du dos en se collant contre moi. L’instant d’un flash, je me vois en train de lui arroser les seins qu’elle me tend à deux mains. Mais qu’est-ce qui me prend ?

Le concert commence et je préfère me laisser envahir par la musique. Jim chante juste des paroles fortes, et son groupe groove pile comme il faut.

Après deux bières et trois chansons, Dorothée me glisse à l’oreille qu’elle a vraiment trop envie de pisser et qu’elle revient dans cinq minutes. Les toilettes sont à l’étage. Pour y accéder, elle doit emprunter un grand escalier métallique hélicoïdal posé dans un angle de la salle. Comme elle grimpe les marches ajourées, je reste fasciné par le balancement de son corps, ses longues jambes fines soutenant une croupe toutes en rondeurs satinées.

Jim lance un autre morceau où il parle de traversée océanique et de l’incroyable liberté du marin perdu au milieu de la houle lorsque Dorothée redescend et vient se flanquer contre moi, un franc sourire coquin au bord des lèvres. Furtivement, je sens son poing qui se glisse dans la poche de ma veste. J’ai peur de comprendre. Très fière de son audace, elle m’interroge du regard. Je lui souris en retour tandis que ma main serre la soie de sa culotte encore chaude de son cul.

—  Il n’y avait plus rien pour s’essuyer.

Provoc’ pour provoc’ je lui réponds :

—  Je me la garde pour plus tard si tu veux bien.

Et la regardant droit dans les yeux, je passe ostensiblement mes phalanges imprégnées de ses humeurs sous mon nez. Elle saisit mes doigts qu’elle glisse dans sa bouche. Elle les suce, avidement.

—  On s’en boit une autre avant de partir ? J’ai envie de folies avec toi ce soir.

Alors que je penche vers le bar pour commander une nouvelle tournée de bières, Dorothée en profite pour guider le creux de ma paume sous sa jupe fendue et la poser sur sa cuisse en même temps qu’elle décroise les jambes. Autour de nous, tous les regards sont braqués sur Jim et personne ne peut remarquer notre manège. Tant mieux, car Dorothée n’en a pas fini avec moi. Avançant légèrement ses fesses sur le tabouret, sa posture est comme une invitation muette à venir explorer son intimité. Me tenir à côté d’elle au milieu du public, et sentir sous mes doigts la douceur moite de son sexe nu m’électrise. À l’évidence, elle mouille autant que je bande. Et comme si cela ne lui suffisait pas, elle laisse traîner un index folâtre sur ma braguette gonflée à craquer. J’ai chaud, je frissonne, et Dorothée sourit.

Jim vient de terminer sa chanson et tout le monde applaudit sauf moi, car il n’est pas question que mon pouce arrête de la fouiller. Dorothée pose sa tête sur mon épaule, se mord les lèvres et s’accroche à mon coude pendant que je crie des « bravos » et des « encore » pour bien signifier que je n’ai pas perdu une miette du concert. Les yeux brillants, Dorothée se tortille toujours sur son tabouret et puis, n’en pouvant plus, elle me souffle qu’elle a vraiment envie de prendre l’air :

—  Ça te dirait d’aller chez moi ? J’habite à dix minutes.

Sans même lui répondre, je la saisis par le bras et nous quittons le tumulte du bar pour le calme de la rue. Le printemps est bien installé depuis quelques semaines. Le bleu sombre du ciel annonce une belle nuit et nous marchons main dans la main dans la douceur du soir. Vus de loin, nous avons tout du couple en pleine balade romantique. Sauf que notre dialogue n’a rien de mièvre :

—  Tu as aimé hier soir que je te suce en te glissant un doigt entre les fesses ?

—  J’ai adoré.

—  Et de me regarder pisser ?

—  Tu m’as troublé, je t’avoue. C’était une grande première pour moi et pour un peu, je me serais mis à genoux pour te lécher.

L’idée la fait rire aux éclats et sa main étreint la mienne avec force.

Nous sommes arrivés dans une cour faiblement éclairée. Dorothée se détache de moi. Elle me regarde, fait trois pas en arrière pour se placer dans une zone un peu plus sombre, remonte sa jupe sur sa taille et plie les jambes pour pisser. Un jet puissant lui sort d’entre les cuisses et elle affiche un vaste sourire tandis qu’elle se soulage.

—  Personne derrière moi, tu es sûr ? me demande-t-elle en pouffant.

Tout comme la veille, je reste muet face à son audace. Mais lorsqu’elle se relève et fait mine de se réajuster, je m’accroupis devant elle, ma langue tendue vers sa fente que je lèche avidement. Mes genoux sont plantés dans la flaque de son urine et je m’en fous.`

—  Tu es vraiment dingue, toi.

—  Tu veux porter plainte ?

—  Ah ça non ! Un mec comme toi, c’est trop rare. Viens, mon chez-moi est à deux pas.

Son « chez elle », c’est un petit appartement très cosy avec toit-terrasse donnant sur la vielle ville. Pierres apparentes et tentures en tissus épais sur les murs, une déco sobre et soignée et au centre du salon, un canapé large couvert de coussins. Un paravent de bois ajouré masque le lit disposé dans une alcôve, et une porte coulissante en verre donne accès à la salle de bains.

Dorothée m’invite à m’asseoir au creux du sofa et me propose à boire :

—  Bière ou champagne, tu préfères quoi ?

—  On continue à la bière, ça serait bien.

—  Tu as raison, ce sera mieux.

Je note le futur de sa phrase qu’elle laisse en suspens. Malgré le fait que nous ayons déjà fait l’amour la veille, je sens que ce soir sera différent.

Dorothée revient avec verres et bouteille posés sur un plateau. Elle s’installe sur un pouf face à moi, puis elle éclate de rire devant mon jean taché aux genoux et me demande si je ne serai pas plus à l’aise sans mon pantalon souillé. Elle ne dit pas mouillé. Non. Elle dit souillé :

—  Allez, laisse-toi faire, me dit-elle en s’emparant de ma braguette.

Je n’ai bien sûr aucune envie de protester. Tout au contraire, je suis en train de découvrir combien j’aime que Dorothée me guide. Un sourire partagé débordant d’une complicité intense nous unit tandis que je m’abandonne à ses caresses.

Ses doigts se baladent sur la bosse qui se forme sous mon boxer, agaçant ma verge tendue du bout de ses ongles. Taquine, elle s’arrête et me présente une flûte pleine de bulles. Nous trinquons, plusieurs fois. Je sens venir le moment des confessions. À la moitié de la bouteille, elle se lance :—  Je vais t’avouer un truc. Tu n’es pas le premier devant qui je pisse. Mais tu es le seul à le prendre avec autant de gourmandise. D’habitude, c’est au mieux de la curiosité polie. Au pire du dégoût et du rejet. Plus souvent de la répulsion que de l’attirance, je dois le reconnaître. Mais toi, hier soir, j’ai vu ton regard. Et tout à l’heure, j’ai senti ta langue. Tu n’as pas idée du plaisir que tu m’as donné. Tu sais, j’ai toujours adoré ça, pisser à l’air libre. Que ce soit dans la nature, un coin de jardin ou un buisson dans la forêt, ou bien en ville entre deux voitures. Laisser le vent me caresser la chatte, faire vibrer ce drôle de petit animal qui vit entre mes cuisses, avec le risque d’être surprise et l’excitation que cela procure. Souvent, je bois beaucoup tout au long de la journée. Du thé, de l’eau, peu importe. C’est avant tout histoire de bien remplir ma vessie jusqu’au point où la pression devient intolérable. J’aime avoir le ventre lourd. La sensation de soulagement lorsque je peux enfin me libérer, tu ne peux pas savoir combien j’adore. Faute de partenaire, ce plaisir est toujours resté solitaire. Mais là, vois-tu, avec toi, j’ai d’autres idées qui me viennent et je les sais possibles. Du genre pisser sur toi. Volontairement, délibérément. Et puis que tu m’arroses à ton tour. Que l’on se fasse des concours à qui se retiendra le plus longtemps. Ah, tu souris, je m’en doutais ! Suis-moi, j’ai trop envie encore.

Dorothée me saisit par la main et comme dans un rêve elle m’entraîne dans sa salle de bains. Elle m’invite à m’allonger sur le carrelage de sa douche à l’italienne. Je me laisse faire bien sûr, et je l’aide à ôter mon caleçon pendant qu’elle défait sa jupe et s’accroupit au-dessus de mon ventre. D’un doigt elle se caresse la fente tout en se pinçant mollement les lèvres, guettant le moment où elle se lâchera sur moi. Le gland en surchauffe, je me branle désormais sans vergogne en attendant qu’elle m’inonde.

Et puis son jet fuse d’un coup, m’éclaboussant le buste avant mon sexe qu’elle s’applique à viser en orientant son bassin au mieux, le visage joyeusement concentré. Sa fontaine coule sur moi, inépuisable, m’enveloppant de sa chaleur intime. Quand son flot se tarit enfin, mon sperme se mêle aux dernières gouttes de son urine puis elle frotte sa fourche contre mon membre qui se dégonfle doucement.

—  À ton tour maintenant. J’ai envie de te sentir couler sur moi. Ces jeux dorés, c’est mieux de les partager, tu ne crois pas ?

 

 

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  1. Paracelsia le à
    Paracelsia

    Tes personnages savent toujours s’éclater follement. Bravo pour cette publication.

  2. joelle le à
    joelle

    sympas a lire exitant
    bisous
    c est jeanneronde60

  3. Diablesse Jeanne le à
    Diablesse Jeanne

    Ravie de te retrouver ici Jules
    C’est toujours un plaisir de savourer tes mots
    Tu sais merveilleusement bien nous partager une complicité, un amour des fluides qui va même jusqu’à la dévotion pour cette douche dorée
    Difficile de ne pas en redemander encore

  4. Marie Bulsa le à
    Marie Bulsa

    Et bien c’est intense cette rencontre. Écriture formidable et je suis d’accord quelque soit le jeu, il vaut mieux être deux pour l’apprécier. J’adore ta façon de décrire les moments et les personnages. Bravo.

  5. John Doe le à
    John Doe

    Les fameuses flûtes de bière…. 😉

  6. Jane Doe le à
    Jane Doe

    Le charme des flûtes de bière… ^^

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