L’homme qui collectait des bouchons et la femme en chemise de nuit

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Frederic Gabriel


exhibition et voyeurismeromance


L’HOMME QUI COLLECTAIT DES BOUCHONS ET LA FEMME EN CHEMISE DE NUIT

Cinq heures du soir, un mercredi après-midi. Jérôme traversa le parking, sa journée finie. Agent de service dans un lycée, il venait de terminer sa journée, profitant de l’après-midi, comme tous ses collègues, pour nettoyer les salles de classe.

Le mercredi était différent des autres jours.

Chacun d’entre nous se cherche une raison de vivre.

Il l’avait trouvée dans une cause.

Il habitait dans un quartier pavillonnaire et il avait pour voisin une famille dont l’enfant, adolescent jouait au basket. Il s’entraînait devant chez lui.

Il ne jouait pourtant pas comme les autres. Et ce pour une raison très simple : il était en fauteuil roulant. Mais sa virtuosité était impressionnante, et elle avait fasciné Jérôme.

Ce dernier avait eu l’occasion de parler avec son père. Il lui avait dit que jouer au basket était un extraordinaire dérivatif pour son fils, qui lui avait d’abord permis d’oublier son handicap, et qu’il s’était révélé, à force d’entraînement, tellement habile, qu’il avait intégré une équipe d’handi-sports.

C’était en discutant avec eux, le père et le fils, qu’il avait entendu parler des associations qui récoltaient des bouchons dans le département, mais aussi à l’échelle du pays. Des bouchons en plastique, plus faciles à collecter que d’autres éléments, et qui revendus à des associations qui les recyclaient, leur permettaient d’obtenir des fonds pour acheter du matériel pour des sportifs qui en avaient besoin. Dont ce fauteuil adapté pour la compétition.

Jérôme avait trouvé la cause belle. Il s’était aussi rendu compte que la collecte n’était pas aussi importante qu’on aurait pu l’espérer, beaucoup de personnes ignorant cette cause ou ne s’y intéressant pas.

C’était par amitié pour le père et le fils, mais aussi parce qu’il avait envie de s’investir qu’il s’était mis à parcourir la ville, le mercredi soir, avec un sac sur le flanc. En effet, le mercredi soir, les gens sortaient leurs caissettes jaunes remplies de déchets à trier. Et nombre de flacons étaient encore pourvus de bouchons.

Dans la nuit, bien qu’éclairé par des lampadaires, il parcourait les rues, et récoltait les précieux bouchons qu’il pouvait trouver. Il démarrait vers huit heures du soir, pour finir vers une heure du matin, le sac bourré de bouchons, avec le sentiment du devoir accompli. Une fois par mois, il amenait les bouchons à l’association. Le président de celle-ci lui avait dit quelques mois plus tôt que sur une année, grâce à lui ils avaient pu obtenir mille euros de plus.

Même si cet objectif demeurait, aujourd’hui encore, primordial, il n’était toutefois plus unique.

En effet, chaque mercredi, ils se voyaient.

Il se souvenait bien de la première fois où il l’avait aperçue. Le hasard.

Il était au milieu de la ville. Celle-ci, en son centre bénéficiait d’une partie haute et d’une partie basse. Un pont surplombait cette partie basse. Il avait traversé le pont. Sur sa gauche, des maisons et des immeubles. Il s’était accroupi et avait commencé sa collecte.

Il arrivait au terme de la première longueur, coupée par une série d’arbres quand il avait entendu du bruit. Accroupi, il s’était retourné. Et l’avait vue pour la première fois.

Il était un peu plus de huit heures du soir, et la nuit avait déjà enveloppé la ville.

Elle sortait sa caisse. En retard par rapport à ses voisins.

Bien qu’il ne soit que huit heures du soir, elle s’était  déjà changée et mise à l’aise. Elle ne ressortait pas.

Jérôme ne devait pas oublier ce soir-là, ni ce qui s’était passé.

Elle ne portait pour tout vêtement qu’une chemise de nuit qui descendait après le genou. Sans rien dessous. D’évidence, c’était la meilleure manière de se mettre à l’aise.

S’il pouvait être aussi sûr qu’elle était nue sous la chemise de nuit, c’était parce que celle-ci, avec la lumière qui arrivait derrière elle, par la porte d’entrée ouverte, était entièrement transparente, laissant voir l’intégralité de son corps avec autant de précision que si elle avait été toute nue. C’en était impressionnant.

Elle avait une cigarette dans la main gauche, et un briquet dans la main droite.  Inconsciente de sa présence, parce qu’il était plus haut, et accroupi, elle prenait tout son temps, lui laissant largement celui de la regarder, et de fixer pour longtemps ces images qui le hantaient encore et le hanteraient encore longtemps.

Une belle femme…Quarante-cinq ans à peu près. Elle avait un visage allongé, harmonieux, avec un nez retroussé et des lèvres charnues, une chevelure brune qui coulait sur ses épaules, avec une frange sur le front. Elle était plutôt grande, il lui aurait donné un mètre soixante-quinze, et pieds nus. Son corps était dessiné avec toute la grâce d’un corps de femme, épaules arrondies, des seins de taille moyenne qui pointaient fermement contre l’étoffe, aussi visibles que le léger rebondi de son ventre, et les courbes de ses hanches. C’était indéniablement une vraie brune, comme le disait le triangle taillé au rasoir qui ornait son pubis. Ses jambes étaient très bien dessinées, et il pouvait distinguer le rebondi de sa croupe.

Elle se mit à tirer sur sa cigarette après l’avoir allumée. Il n’y avait rien de nerveux dans son attitude, mais au contraire quelque chose d’apaisé. Elle avait un visage très calme. Elle se détendait après une longue journée de travail.

Il ne se rendit pas compte immédiatement que sa queue, au repos, étaient devenue, en quelques secondes seulement, roide de désir. C’était un peu le contrecoup de plusieurs années sans femme. Autrefois, il avait vécu avec quelqu’un, mais elle l’avait quitté, et totalement désemparé, perdu parce qu’il l’aimait vraiment, il n’avait pas recherché une compagne. Il ne cherchait pas non plus l’apaisement de pulsions sexuelles qui ne le travaillaient pas vraiment en se masturbant.

A vrai dire, il ne se rappelait plus vraiment ce que cela pouvait faire de voir une femme nue, et d’avoir envie d’elle. Ce fut sans doute pour cela qu’il se jouit dessus, le premier surpris de sentir l’orgasme monter et le sperme se répandre dans son caleçon. Il tituba un instant, emporté par la violence de l’orgasme, d’autant plus violent que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas joui, mais pas une seconde il ne la quitta de regard. Elle finit par écraser son mégot contre le mur, le balançant dans la poubelle jaune une fois qu’il fut éteint, bien qu’il ne fut pas recyclable, puis elle se tourna. Il eut la première vision de sa croupe, pleine, longue et charnue, fendue en deux par un sillon profond. Elle ferma derrière elle et disparut, le laissant ébloui par sa beauté, et le caleçon plein de sperme.

Il fit sa tournée l’esprit ailleurs ce soir-là. A vrai dire, ce n’était pas vraiment un problème, ses récoltes pouvaient s’accomplir en pensant à autre chose. Il avait été ébloui par la beauté de la femme.

Il pensa à elle les jours suivants. Il fit ce qu’il n’avait jamais fait depuis que sa compagne l’avait quitté : il se masturba furieusement, plusieurs fois par jour, en pensant à elle, partagé entre désir et frustration. Il aurait voulu… Bien des choses… Et en même temps si peu… Pouvoir retrousser la chemise de nuit, pouvoir poser sa bouche et ses mains sur elle.

Il n’espérait pourtant pas grand-chose à vrai dire, simplement la revoir, revoir son corps. Il savait qu’il aurait peut-être une chance le mercredi. Il était huit heures trente pile quand elle avait surgi, il avait posé machinalement les yeux sur sa montre, et il se plaisait à penser que ce pouvait être une femme d’habitude.

Le mercredi suivant, il ne fut pas déçu. Il se livrait à sa collecte habituelle, penché sur les caisses jaunes. Il avait décidé de ne rien modifier à ses habitudes. Ce n’était d’ailleurs pas la peine car chaque semaine, sans même l’avoir voulu, il se retrouvait au même endroit à la même heure.

Elle aussi était définitivement une femme d’habitude. Elle était sortie à la même heure avec cigarette et briquet.

Elle avait décidément une passion pour les chemises de nuit. Ce n’était pas la même que celle de la semaine d’avant, celle-ci était un rien plus courte, rose, mais tout aussi diaphane. Il put, comme la semaine précédente, la mater sous tous ses angles. Elle était décidément superbe ! Cette fois, la différence, de taille, fut qu’il ne se jouit pas dessus. Mais il était vrai qu’il s’était tellement masturbé dans la semaine… Pourtant, sa queue durcit, et resta longtemps raide, à vrai dire jusqu’à ce qu’il rentre, et fiévreux, se masturbe une fois de plus, en pensant à elle. Il la désirait intensément, d’un désir intense, d’autant plus fort qu’il avait passé ces années sans femme.

Ce fut la semaine suivante que se produisirent plusieurs événements qui bouleversèrent sa routine. Encore que la vision de la belle inconnue l’avait déjà modifiée.

Le lundi, il arrivait sur son lieu de travail lorsque son chef hiérarchique vint le trouver. Il était en compagnie d’un homme que Jérôme ne connaissait pas. Il sentit l’angoisse monter en lui.

Jérôme, on voulait te faire une surprise, lui dit son supérieur, le déstabilisant totalement. On sait que tu es impliqué dans une belle cause mais on n’en parle pas suffisamment. Je te présente un journaliste des ECHOS SUDISTES qui veut faire un article sur toi.

Il avait interviewé Jérôme en prenant des notes. Deux jours après, le mercredi, son supérieur lui amenait le quotidien, qui lui avait consacré trois quarts de page avec une photo prise dans l’atelier de Jérôme devant les bacs dans lesquels il déposait les bouchons.

Il ne cherchait pas une quelconque célébrité mais cela lui avait fait plaisir que sa cause ait plus d’écho. D’ailleurs, en début d’après-midi, il avait vu arriver une famille qui lui avait remis un énorme de sac de bouchons. Cela lui permettrait peut-être d’avoir plus d’impact.

Ce fut ce soir-là qu’il se dit que la journée était véritablement à marquer d’une pierre blanche. Le soir, il récoltait les bouchons, et sur le coup de vingt heures trente, elle fit son apparition. Cigarette, briquet, et une somptueuse chemise de nuit, dans des tons de gris, et pas la même matière, quelque chose de plus soyeux, mais tout aussi transparente.

Il s’apprêtait comme à son habitude à la mater dans le silence et l’obscurité, mais ce fut totalement différent.

Sans le regarder, elle jeta :

On a parlé de toi aujourd’hui sur le journal.

Il comprit que contrairement à ce qu’il avait naïvement pensé, elle l’avait repéré, sans doute depuis le premier jour, même si elle n’en avait rien montré. Sans doute appréciait-elle, puisqu’elle semblait seule, qu’un homme la regarde et l’admire. C’était toujours flatteur, même si certaines femmes prétendaient mépriser ces regards-là.

Ce que tu vois te plaît ?… Je ne parle pas des bouchons, mais de moi.

D’une voix rauque, il eut le courage de répondre :

Oui.

Je ne savais pas qui tu étais. Je le sais maintenant. Ce que tu fais est bien. Si tu penses que tu as droit à une récompense, et si tu en veux plus, tu peux entrer.

Elle écrasa sa cigarette et rentra chez elle.

Totalement bouleversé, il attendit encore quelques minutes, perdu, avant de se lever et d’aller la rejoindre.

Il la trouva dans une salle à manger au plafond bas, richement, peut-être même trop, meublée. Elle le laissa s’approcher, puis attrapa l’ourlet de la chemise de nuit, se dévoilant. Sa chaleur le frappa de plein fouet, et le renversa. Elle immobilisa finalement la chemise de nuit au niveau de ses épaules, et lui sourit.

Tu peux me caresser et m’embrasser autant que tu le veux. Ça fait pas mal de temps qu’un homme n’a pas posé les mains sur moi, et j’ai envie que ce soit toi.

Était-ce l’article sur lui qui avait servi de déclencheur ? Sans doute que oui. Sans cela elle se serait laissée regarder une fois de plus, avant de rentrer et de fermer la porte. Conscient de sa chance, il s’approcha et posa ses mains sur elle. Il tremblait comme une feuille. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas caressé une femme. Il était extraordinairement ému. Il posa ses mains sur ses épaules. Elle sentait bon, pas un parfum mais sans doute un savon ou un gel douche… Une odeur de lavande… Elle souriait, comme un encouragement. Il descendit ses mains sur ses seins. Sans même qu’il les ait touchés, ses tétons se mirent à durcir. Il s’interrompit un instant, se rendant compte que ses mains, même s’il venait de commencer sa récolte, n’étaient pas forcément très propres. Il lui dit qu’il avait peur de la salir.

Tu ne me salis pas, tu me donnes la vie… J’étais morte, cela faisait longtemps que plus personne ne m’avait caressée.

Il prit confiance en lui, et se promena sur elle, en prenant son temps, mais elle lui en laissait, allant de zones neutres à d’autres plus intimes. Ses bras, ses hanches, son ventre. Il savait qu’il n’oserait pas s’aventurer sur son pubis immédiatement. Il la contourna et vint plaquer ses mains sur ses fesses. Elles étaient charnues mais plus froides que le reste de son corps. Il s’enhardit  à glisser son index dans la profondeur du sillon, effleurant son anus.

Il la contourna, à présent libéré, et vint effleurer la toison finement coupée.

Caresse mes lèvres et mon clitoris.

Son sexe n’était pas clos, ses lèvres s’étaient épanouies, et son clitoris visible tout en haut. Surtout, un liquide huileux coulait d’elle, qui faisait briller ses chairs.

Il se souvenait bien maintenant qu’en d’autres temps, il avait caressé sa compagne ainsi. Il retrouvait les gestes de la sexualité. Il vint effleurer ses lèvres, puis son clitoris, la faisant se cambrer et gémir.

Appuie sur mon clitoris et mets un doigt entre mes lèvres… Je veux jouir comme ça…

Il obéit, soudain conscient que lui aussi était au bord de la jouissance, sa queue depuis un moment tendue à exploser dans son pantalon. Il posa son index gauche sur le clitoris, et le frotta, tandis que l’index droit se glissait entre les lèvres dans un bruit de succion, et qu’il le faisait aller et venir, les sécrétions coulant d’abord sur son doigt, puis sur sa main. Elle jouit, lâchant une sorte de cri rauque, reprenant son souffle avant d’ajouter :

Continue, je sens d’autres orgasmes qui montent…

C’était vrai. Son corps se tendit, et, si ça n’avait pas été le cas la première fois, elle cracha du liquide de manière exponentielle, trempant ses jambes et sa main, et les éclaboussant.

Elle resta immobile, les yeux clos, avant de se reprendre.

Je vais m’occuper de ta queue, viens…

Elle tendit la main vers son pantalon, puis, sentant l’humidité, comprit qu’il s’était éjaculé dessus.

On fera mieux la prochaine fois, tu viendras dans ma chatte, avec une capote…Tu sais, je suis seule…Toi aussi, j’ai cru comprendre… Si tu veux on se verra le mercredi soir. Quand tu viendras ramasser les bouchons.

Ce fut ainsi que commença leur relation.

Tout comme le fait de collecter donnait du sens à son existence qui n’en avait pas, la retrouver, et passer une heure avec elle, même si cela décalait son emploi du temps, redonnait de la couleur à une vie si terne, et il attendait ces deux événements collatéraux toute la semaine. Ne comptait plus pour lui que le mercredi soir.

Chaque mercredi marquait une progression dans leur relation.

La seconde fois, elle sortit comme à l’accoutumée devant la porte. C’était un rituel entre eux, reconduit de semaine en semaine. La chemise de nuit, différente mais transparente, la cigarette. Mais il s’approchait immédiatement, et, tandis qu’elle fumait, il mit ses mains sur elle. A travers la chemise de nuit, c’était une sensation différente, mais agréable.

Il se rendit compte qu’elle avait quelque chose d’autre dans sa main gauche que son briquet. Un carré argenté qui accrochait la lumière. Après un moment de doute, il comprit qu’il s’agissait de l’emballage d’un préservatif. Laissant sa cigarette au coin de sa bouche, elle tendit la main vers son pantalon, caressant son sexe dur à travers le tissu.

Tu as envie de moi… Ça me touche…

Tu es belle, dit-il, un cri du cœur…Comment ne pas avoir envie de toi…

Elle descendit son pantalon et mit son sexe à nu. Il était irrésistiblement dur et long, tendu dans une érection que seule la jouissance calmerait.

J’ai envie de sentir ton sexe bouger en moi.

Il la regarda dépiauter le préservatif, sortir la rondelle huileuse de son enveloppe, puis la dérouler sur la tige de chair. La brève caresse de ses doigts manqua de le faire jouir. Il était partagé entre son désir pour elle et un manque qui n’avait pas encore été apaisé. Il se dit qu’il lui faudrait absolument se maîtriser pour profiter de ce moment, ne pas le gâcher. L’idée même qu’il puisse être entouré par le vagin d’une femme lui semblait totalement irréelle. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas fait l’amour….

Elle l’emmena dans sa chambre, une grande pièce meublée de manière spartiate. Elle se laissa tomber sur le lit, soulevant sa chemise de nuit, glissant à quatre pattes. Elle lui offrait sa croupe, cette croupe qu’il n’avait entrevue que brièvement ces mercredis où dans l’ombre, croyant qu’elle ne le voyait pas, il la matait. Il pouvait à présent se repaître de cette vision… Et même plus… Un derrière bien charnu fendu en deux parce qu’elle était à quatre pattes sur le lit, ouvert sur son anus, tout aussi offert que la masse de chairs intimes, plus bas, entre ses cuisses. Un liquide huileux coulait déjà le long des lèvres gonflées, et tendues.

Elle se tourna vers lui et lui jeta un regard sans équivoque. Elle n’avait pas besoin de parler, ses yeux disaient tout. ‘Viens, j’ai envie que tu me remplisses, maintenant.’

A cet instant, il n’y avait plus aucune raison en lui, que de la passion et du désir. Il s’approcha d’elle, et posa ses mains sur ses hanches. Sa chair était douce et chaude, chaleur qui remonta dans ses mains, ses bras, puis son corps tout entier. Il approcha la tête de son sexe de ses lèvres. Il y eut un premier contact, la tête de son sexe venant appuyer contre les chairs intimes de la femme. Elle poussa un long soupir. Convaincu à présent qu’il saurait se maîtriser, il glissa lentement en elle, s’enivrant des sensations qu’il put éprouver, à sentir contre sa queue la muqueuse chaude le frotter.

Il se mit à aller et venir en elle. Il avait vécu tant d’années loin de ce moment que ça lui semblait presque irréel, mais la nature, l’instinct faisaient qu’il retrouvait la manière de faire.

Il était surpris du plaisir qu’elle pouvait éprouver à sentir cette queue la fouiller. D’abord relativement calme, elle s’était très vite mise à gémir, baissant la tête, s’accrochant aux draps des deux mains. Signe parmi d’autres du plaisir qu’elle pouvait éprouver, elle dégoulinait littéralement, un jus abondant et qui s’épaississait au fil des minutes coulait de son sexe, qui arrosait leurs chairs et les draps…

Je vais jouir…

L’avertissement lancé, elle ne mit pas de temps avant d’exploser en criant et se cambrant… Il continua à la fouiller, et elle eut d’évidence un autre orgasme, qui la tordit, avant qu’incapable de tenir plus longtemps, il n’explose dans le préservatif, n’en finissant pas de lâcher des jets de semence dans le latex, comme s’il s’était vidé après des années d’abstinence, emporté par un orgasme d’une rare puissance, qui le traversa et l’arracha à la médiocrité de la vie.

Quand il eut repris plus ou moins ses esprits, il se rendit compte qu’il était couché contre elle, collé et enlacé à elle, dans une étreinte silencieuse qui dura un moment et le bouleversa. Ça faisait longtemps qu’il n’avait plus été proche d’une femme.

Il faut que j’y aille, dit-il finalement en se levant.

Il se redressa. Il lut dans son regard quelque chose d’informulé, sur lequel il ne put pas vraiment mettre le doigt.

Les mercredis se suivaient, identiques dans leur commencement, mais différents dans leur déroulement. L’automne puis l’hiver glissèrent. Le mercredi, il venait ramasser ses bouchons et elle surgissait en chemise de nuit, rituel inchangé. Il venait vers elle. Ils se caressaient, s’embrassaient, et rentraient pour faire l’amour. Ça durait à peu près une heure, avant qu’ils ne se séparent.

Il y avait, dans leur étreinte l’évidence que l’un comme l’autre, ils avaient trouvé quelqu’un, le désir de profiter de ce moment . Et dans leur rapport quelque chose d’intense et de désespéré. Comme si ce moment avait pu donner, et c’était effectivement le cas, du sens à toute leur semaine, mais aussi au-delà à toute leur vie.

Ce fut fin janvier qu’elle lui dit, avec une mélancolie si forte qu’elle ne pouvait lui échapper :

Bientôt tout va changer.

Il était installé dans un fauteuil, elle sur lui. Avec le temps, même s’ils se voyaient brièvement, ils s’étaient calés sur leurs habitudes et les habitudes de l’autre. Il s’approchait d’elle pendant qu’elle fumait, elle le masturbait à le faire gémir, puis ils rentraient. Elle aimait qu’il se cale dans un fauteuil, et venir s’empaler sur lui. ‘Quand on fait comme ça, j’ai l’impression que ta queue me remplit entièrement, pas seulement la chatte, qu’elle traverse tout mon corps…’Elle le rentrait d’abord dans sa vulve, puis elle le sortait de sa chatte et le poussait dans son anus…La première fois où elle avait agi ainsi, il avait été très surpris. Il n’avait jamais sodomisé une femme avant. Mais ça avait été très simple. Elle avait appuyé son gland épais contre les plis de son anus. Ils regardaient tous les deux. Il avait pensé que ça ne rentrerait pas, qu’il allait lui faire mal. A sa grande surprise, était-ce parce que sa muqueuse était souple d’avoir déjà été pénétrée ou parce que le latex dégoulinait de ses sécrétions vaginales, ce qui rendait la pénétration plus aisée, il avait glissé en elle avec une facilité déconcertante, et vu disparaître son sexe, centimètre par centimètre dans sa muqueuse rectale jusqu’à être totalement absorbé. Passé le premier moment de surprise, il avait été emporté par la sensation d’étroitesse et la caresse plus serrée, devant se retenir pour ne pas jouir, tellement ça l’avait excité.

Il était encore planté dans son anus, la soulevant, et il lui avait dit :

Pourquoi ?

Elle lui avait répondu :

Je crois que je vais jouir… Ça commence à monter dans mon ventre… Ben tu sais, ce qui t’a charmé chez moi, c’est de m’avoir vue nue sous une chemise de nuit, la lumière la traversant… Et bientôt, il fera jour à huit heures…Je ne t’intéresserai plus…

C’ est pas comme ça que…

Mais il ne finit jamais sa phrase, jouissant en crachant de la semence dont la sensation contre les parois étroites de la femme  la fit jouir.

  Il réfléchit toute la semaine à ses paroles. Elle avait sans doute voulu lui faire comprendre clairement que le temps était venu pour lui de partir. Leur relation avait fait son temps. Elle s’était lassée. Pas lui. Mais c’était toujours le point de vue féminin qui l’emportait. Il devait retrouver sa routine et de l’oublier. Même si ça allait être très dur.

Le mercredi suivant, même si la nuit s’installait encore sur le coup de huit heures, il modifia son parcours. Il ne passerait plus devant chez elle. Autant en finir tout de suite. Ca lui faisait trop mal. Il avait cru à quelque chose de durable… Même si ce n’était qu’une heure par semaine…

Ce fut deux heures plus tard, sur le coup de dix heures qu’il entendit des talons cogner sur le macadam de l’avenue L…. où il collectait les bouchons. A cette heure, l’avenue était traditionnellement déserte. Il leva la tête, et fut surpris de la voir, au milieu de l’avenue, avançant vers lui. Elle était enveloppée dans un manteau et avait au pied des bottes dont les talons tapaient sur le sol.

Elle s’arrêta à deux centimètres de lui.

Mais, qu’est-ce que tu fais ?

Je collecte les bouchons.

Oui, je vois ça. Mais pourquoi tu n’es pas passé ?

Tu m’as laissé entendre la semaine dernière que notre relation se terminerait avec les beaux jours. J’ai préféré prendre les devants.

Espèce d’idiot. Je voulais te proposer qu’on s’installe ensemble.

Il fut totalement décontenancé.

Viens avec moi…

J’ai pas terminé…

Je vais t’aider…

Ils finirent l’avenue ensemble, ramassant les bouchons et les fichant dans sa besace.

Si je t’aidais le mercredi, ça irait plus vite, et tu serais libre plus tôt…

Une fois l’avenue terminée, elle désigna un porche, qui amenait vers une cour intérieure.

Viens, mettons nous sous le porche. J’ai envie de sexe maintenant.

Elle tendit la main vers son pantalon.

Toi aussi, tu bandes.

J’ai bandé toute la soirée. Ça me manquait de ne pas te voir.

On se verra tout le temps, maintenant. Regarde !

Elle défit la ceinture de l’imperméable. Dessous elle ne portait absolument rien.

Ça change de la chemise de nuit, non ?

C’est aussi très excitant, reconnut-il.

Elle se plia en deux contre le mur, après lui avoir tendu un préservatif. Ça aussi c’était très excitant, de faire ainsi l’amour dans la rue, enveloppé par la nuit. Pliée en deux, elle s’offrait à lui, le visage tourné vers lui. C’était cela qui l’allumait, autant sinon plus que sa position. Il se glissa en elle, et se mit à la fouiller. Ils restèrent silencieux, par peur d’être repérés. Deux ou trois personnes passèrent mais ils ne les remarquèrent même pas… Il la sentit jouir avant qu’il n’explose.

Elle l’attrapa par la main et lui dit :

Viens, on va finir ta collecte et après tu viens chez moi. Pour cette nuit, et les autres nuits. Et aussi les jours, si tu as envie.

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