C’est une évidence, dans la vie, il y a des hauts et des bas, des moments où tout va bien et on exulte, et d’autres plus ternes où rien ne va. Ma vie avait pris un tour nouveau, que je n’aurais jamais imaginé, que ce soit pour la partie plus irréelle comme celle qui était plus classique. Pour la première fois de ma vie, sans doute, je goûtais pleinement ce que pouvait être le plaisir du sexe, un sexe sans tabou, sans limites, et qui laissait s’épanouir un réel plaisir. Entre Lilas et moi, s’était tissée une relation, qui certes avait couvé longtemps, mais nous avait surpris l’un comme l’autre. Nous étions devenus très proches, et cette complicité que nous n’espérions pas passait en grande partie par le sexe. Un sexe imaginatif et varié auquel nous nous adonnions dans la journée, dans cette toilette. Elle ne m’avait pas invité chez elle, je ne l’avais pas invitée chez moi, on se contentait pour l’instant de ces moments de plaisir qui occupaient nos trous dans la journée, au propre comme au figuré. Elle était, parce que le bonheur peut porter haut, dans une créativité exacerbée. Elle faisait des dessins plus réussis que jamais, mais aussi plus troublants. De l’érotisme de ses premiers dessins, elle avait basculé sur une réelle pornographie, avec des instants fantasmés, qui me mettaient dans tous mes états, et auraient mis n’importe qui dans tous ses états, sans aucun doute. Des sexes féminins grand ouverts, dont la béance était fouillée par des doigts, des moments de masturbation, des fellations dans toutes les étapes de celles-ci, faits par elle ou par d’autres filles, des queues plantées dans ses sexes féminins et des anus, avec des liquides suppurants…Des nudes comme on en voyait rarement.

Et puis il y avait le soir. Je rentrais à la maison, et dans le silence et le calme de la soirée, une fille surgissait. Le premier carnet contenait 70 croquis donc j’avais le temps de voir venir. Il y avait aussi des filles qui revenaient. Elles étaient toutes différentes, mais je me suis rendu compte au fil du temps qu’elles étaient ELLE. Même s’il y avait un modèle quelque part, comme elles avaient été récréées par elle, elles avaient en fait sa personnalité, c’était flagrant dans leur manière d’aimer le sexe, d’engager des pratiques qui sortaient des chemins battus, et de ne pas hésiter devant grand-chose. Des moments très intenses là aussi.

Ça a été au milieu d’une nuit que l’idée est montée en moi. Une intuition sans doute…

Elle ne m’avait pas donné son adresse, mais elle avait rajouté une étiquette sur son carnet de dessin, tout au fond de celui-ci, que j’avais vue.

J’ai passé un pantalon et un hoodie et je suis parti à travers la ville, pour vérifier une hypothèse, avec son adresse dans la tête. Je la connaissais suffisamment pour savoir où se trouvaient les raccourcis et comment la traverser rapidement. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans un quartier pavillonnaire où elle était supposée habiter. Un quartier d’un certain âge, mais où les maisons étaient parfaitement entretenues. Les gens, ici, comme ailleurs, vivaient leur vie nocturne, si variée qu’elle puisse être.
J’ai compté les numéros. Jusqu’à m’arrêter devant une maison à un seul étage, mais très large. Mon regard a plongé à l’intérieur de la pièce. Lilas était là, totalement nue. Près d’elle il y avait une grande blonde aux formes parfaites. Son corps m’a rappelé un de ses dessins les plus récents. Il m’a été facile de reconnaître la fille pour deux raisons : elle avait évolué et à présent elle rajoutait des visages, ne se censurant plus. S’agissait-il de créatures imaginaires, les premières ayant été des amies à elle ? Ou bien assumait-elle ses modèles ? L’autre raison, c’était que la fille avait sur le dessin non seulement une paire de bas, mais également un gode ceinture qui encerclait son ventre et son bas-ventre, une simple tige de plastique lisse et recourbée. Lilas était posée sur un canapé, je voyais parfaitement la scène parce qu’elle était de trois quarts, la main entre les cuisses pour donner plus d’intensité à son plaisir, et la fille de profil, lui proposant la queue de plastique sur laquelle elle baladait sa langue avec intensité, comme si c’ avait été une vraie queue. C’était d’ailleurs idiot de dire ça, parce que pour elles deux c’était une vraie queue. Ce qui lui donnait tout son poids dans ce jeu d’illusions.

Perdu dans l’ombre, j’ai assisté à la scène avec une fascination totale.
Sans doute avait-elle été la première à se servir avec ce sort. Faisant naître des compagnes et des compagnons pour avoir du plaisir, se sentir peut-être moins seule aussi.

J’ai pensé un moment qu’il s’agissait peut-être d’une personne réelle, d’une de celles qui l’inspiraient pour créer ses dessins, puisque, de son propre aveu, il n’y avait pas une fille qu’elle créait qui n’était inspirée de personnes qu’elle croisait, qu’elle côtoyait, certaines lui demandaient donc des dessins en petite tenue, sans pour autant se dévoiler autant, l’imagination faisait le reste, d’autres étaient des filles croisées qu’elle dessinait parce qu’elle les trouvait belles, une vague ébauche et une bonne mémoire lui permettant de faire un dessin précis, même s’il s’écartait de la réalité, mais, ce soir-là, en tout cas, j’ai su, de manière sûre que la fille était la matérialisation d’un dessin.

Lilas a finalement lâché la queue couverte de salive, et elles ont basculé sur des jeux de pénétration. Elle s’est mise à quatre pattes sur le divan, s’offrant à sa partenaire qui s’est approchée d’elle, et a frotté la tête de la queue de plastique contre ses lèvres dilatées de désir et de plaisir. Elle s’est d’abord contentée de la frotter, et j’ai bien vu le corps de la jeune femme frémir de plaisir. A la fois un plaisir et un supplice, jusqu’à ce qu’elle rentre en elle, glissant centimètre après centimètre. Le gode était tellement long que tout n’est pas rentré, mais c’était suffisant pour lui donner du plaisir, un plaisir qui s’est prolongé pendant que le sexe de plastique allait et venait en elle, sur des rythmes différents. Un homme avec une queue de chair n’aurait pas fait mieux.

Ce qui m’a séduit, dans les minutes qui ont suivi, ça a été qu’elles ont enchaîné les positions, Rien de bien exceptionnel sans doute, sauf pour le fait qu’elles arrivent à bouger et se recaler sans que le membre de plastique, fiché dans le vagin de Lilas ne bouge. Lilas assise sur sa partenaire, se faisant bouger ou laissant sa copine faire le travail, Lilas allongée, sa maîtresse au-dessus d’elle, cette dernière le ventre collé à son dos…Au bout de son plaisir, Lilas a fini par jouir. Je connaissais bien maintenant sa manière de jouir, cette intensité en partie jugulée, ces jaillissements de sécrétions vaginales…

La fille est restée un moment collée à elle, avant de partir dans la cuisine à côté. Je l’ai suivie du regard. Et je l’ai vue…Disparaître…Un instant, elle était là, l’autre elle ne l’était plus. Je n’avais jamais été témoin d’une telle scène chez moi. C’était pourtant bien ce qui devait se produire.
En tout cas, cette fille aussi était bien issue d’un dessin.

Je n’ai jamais osé aborder le sujet avec elle. C’est toujours resté dans le domaine du non-dit. Comme tout ce qui est magique. Elle n’a elle non plus jamais abordé le sujet. J’ai compris au fil du temps qu’elle avait une raison simple pour cela: elle avait senti que j’avais, même en manquant de précision, saisi les tenants et les aboutissants de la question.

 

 

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