Réactions…

Pas de radar sur le trajet pour retrouver Tom. Heureusement car, malgré son âge, ma voiture a assuré ! Par contre, impossible de convaincre Linda de rester chez elle en nous laissant faire. Elle n’a rien voulu savoir quand je lui ai dit que je retournais là-bas pour en avoir le cœur net. J’ai fini par accepter mais en lui faisant promettre de rester à l’écart, pour alerter si ça tournait mal. Mon collègue n’est pas ravi quand il la voit monter à l’arrière de sa voiture garée tout près de notre lieu de tournage. J’avais raison, vraiment pas éloignée de cette maison en pleine forêt où j’avais surpris le chef de bande en plein visionnage. Je distingue l’énorme bâtisse. On dirait un vrai château féodal ! Le clair de lune donne aux imposantes tours qui relient les quatre façades de l’édifice une majesté certaine et surtout l’impression qu’il va nous falloir jouer les assaillants d’un autre temps si on veut pénétrer l’enceinte.

Planqué tout près juste derrière une ancienne chapelle, Tom a surveillé les mouvements depuis notre départ. Personne n’en est sorti. Au contraire, un quart d’heure plus tôt, il a vu un fourgon se garer au ras de l’énorme porte d’entrée. De sa cachette, l’angle de vision ne lui a pas permis de voir si d’autres personnes rejoignaient les mecs déjà présents mais il en est presque sûr. Le véhicule n’a pas bougé depuis. On tombe d’accord pour convenir que mon hypothèse est plausible. A l’intérieur, il se passe à nouveau quelque chose. On échange un regard très pro à ce moment. Genre de décision qui ne se prend pas à la légère mais, tout comme moi, Tom pense qu’on ne peut rester là sans rien tenter. Linda est déjà pâle comme un linge mais maintenant elle hallucine lorsqu’elle nous voit enfiler des gants et sortir nos deux armes. Je parviens tout juste à la rassurer avant que Tom lui donne des consignes précises. Je m’interroge un instant lorsqu’il insiste pour qu’elle appelle le numéro sur le morceau de papier qu’il lui tend. Si elle entend des coups de feu ou si on ne ressort pas d’ici une heure, elle ne devra pas hésiter. La logique aurait voulu qu’elle prévienne le 17 mais bon… je suis trop pressée pour discuter et puis je lui fais totalement confiance.

Avant notre arrivée, Tom a pu faire discrètement le tour du château et il m’entraîne vers la façade sud qui est beaucoup moins austère. Malgré le fossé qui symbolise les restes d’une douve disparue, on grimpe facilement sur une terrasse qui donne accès à de grandes fenêtres vitrées d’inspiration renaissance. Aucun volet pour les protéger et, après une nouvelle inspection, pas le moindre signe d’une présence à ce niveau. Il a repéré une petite porte en mauvais état dans un angle qui ne résiste pas longtemps au petit pied de biche qu’il a sorti de son sac à dos. Le craquement sec me fait craindre l’arrivée d’un escadron de vigiles mais non, rien ne se passe…On attend un moment mais personne ne vient entraver notre progression et aucune alarme ne vient troubler le silence impressionnant lorsqu’on traverse quelques salons de réception très richement meublés. Un décor somptueux qui n’attend que des figurants en costumes d’époque mais il semble évident que nos cinéastes préfèrent les profondeurs du lieu pour leurs tournages. Dans la continuité du grand escalier central qui dessert les étages, une autre volée de marches s’enfoncent résolument et, attentifs à tous les bruits, nous empruntons cette voie, près à stopper à tout moment notre progression. D’après l’idée qu’on a pu se faire du bâtiment, de toute évidence, on doit être maintenant au même niveau que la cave où nous avons été filmées toute à l’heure et on avance encore plus prudemment dans un long couloir sombre. Au bout, des rais de lumière filtrent au travers d’une porte et nous servent de points de repère. Avant même que nous l’ayons atteinte, une ambiance sonore nous parvient et je sens mes poils se hérisser en entendant brusquement des hurlements terribles qui proviennent de l’autre côté.

Comme moi, Tom a perçu l’urgence et il est le premier à tenter de voir ce qui se passe au travers des grossières planches disjointes qui ferment l’accès. Ce que je découvre en m’installant sans bruit à ses côtés me terrifie littéralement. Nos vidéastes sont en action avec tout le matériel qui a déjà servi avec nous mais c’est bien là que s’arrête la comparaison. On est très très loin du scénario de tout à l’heure ! Les deux cadreurs sont équipés d’un dispositif sophistiqué posé sur leurs épaules qui équilibre et stabilise leurs caméras, permettant ainsi des déplacements dans tout l’espace pour varier à l’infini les angles de prise de vue avec une qualité professionnelle. Je les vois virevolter dans un chaos soigneusement orchestré où l’horreur rivalise avec le sordide pour cinq filles qui subissent l’impensable sous nos yeux. Il semble que ce qui ressemble à une scène de torture digne de l’inquisition vienne tout juste de débuter et les cris déchirants des suppliciées se multiplient maintenant rendant notre position intenable. Les hardeurs qui se sont mis en jambes avec Linda sont de la partie. L’un deux se tient devant une très jeune fille attachées sur une croix et il fait voyager sur son corps un tison dont l’extrémité a été au porté au rouge. Les yeux révulsés de terreur, elle hurle sous la douleur déjà intolérable des brûlures que la proximité du métal provoquent irrémédiablement. Je redoute qu’il ne la marque comme une bête mais non, il descend lentement le fer rouge vers le sexe de la fille. Les poils du pubis grésillent ce qui provoque un rire sadique chez son bourreau. Sans doute l’objet a-t-il trop refroidi et il s’écarte pour le glisser à nouveau sous les braises rougeoyantes de la cheminée. Un répit que j’imagine de courte durée pour la fille qui sanglote. Il s’approche de ses deux compères qui viennent de terminer de suspendre deux autres jeunes femmes à une barre métallique. Dos à dos, attachées par les poignets, elles parviennent à s’accrocher par les mains à ce support bien que suspendues dans le vide. Tétanisée par la situation, je ne peux m’empêcher de serrer fort le bras de Tom lorsque les deux hommes s’approchent d’elles et commencent à laisser courir les lames aiguisées des couteaux qu’ils viennent d’agiter sous leur yeux. Leurs cris résonnent tandis que des estafilades sanglantes entaillent les seins, les ventres et les cuisses. Ils rejoignent à l’unisson les plaintes régulières de la quatrième victimes que le leader de la bande vient de commencer à fouetter avec le même instrument qu’il a fait claquer sur mon dos. Les coups sont si puissants que le sang apparaît systématiquement aux endroits où la lanière venimeuse zèbre sans répit maintenant la peau nue de cette fille, également suspendue, bras liés au dessus de la tête sous une énorme poutre. La cinquième fille est, elle, allongée sur le dos sur une table un peu plus loin. Crucifiée sur le plateau de bois massif, elle a les bras et les jambes solidement attachés aux pieds de ce meuble rustique. Je ne parviens pas à en être certaine mais il me semble bien que ce corps dénudé qui attend son heure, comme avant un sacrifice humain, pourrait être celui d’Eléna. Brune et pas très grande, les deux seins pointus qui dardent malgré la position me font penser à la jeune bulgare filmée dans la forêt. J’ai l’impression que sa poitrine se soulève régulièrement mais difficile d’en être sûre. Non, impossible de rester sans rien faire. De toute évidence, les filles ne sont pas consentantes et le voyage qui leur est proposé ce soir pourrait bien être sans retour.

Le plan est vite vu. On flingue cette foutue porte et, profitant de l’effet de surprise, on met en joue les gus. Faudra juste espérer que la vue de nos armes va suffire à les dissuader de tenter quelque chose. Avec les liens plastiques que Tom a pris soin d’emmener, on devrait pouvoir les immobiliser. C’est bien connu, un dispo ne se déroule jamais tout à fait comme prévu…

Le coup de feu qui fait exploser la serrure nous ouvre bien le passage et jette un sérieux froid à l’ambiance. La surprise est totale et les cadreurs qui visiblement font dans leurs frocs posent immédiatement leur matos. Ils s’exécutent sans discuter tout comme les trois hardeurs qui semblent vouloir coopérer en entendant Tom leur intimer de jeter leurs couteaux très loin et de se coucher face contre terre, mains sur la nuque. Je le couvre en ne perdant pas de vue le plus dangereux du lot que je tiens dans ma ligne de tir. Depuis mon entrée, il s’est immobilisé après avoir jeté le fouet au sol. Les yeux du grand costaud ne me quittent pas. La haine du perdant qui n’accepte pas la défaite est tellement évidente sur son visage qu’il m’a mis en alerte depuis un bon moment. Il va tenter un truc, c’est sûr ! Tom termine d’immobiliser les hommes au sol qui paraissent résignés mais la tentative du dernier de se retourner pour lui prendre son arme crée un moment de diversion dont profite le leader. Il fait un bond sur sa droite pour se retrouver juste à côté de la femme nue couchée sur la table. Il a suffi à Tom d’une prise et d’un coup de crosse pour réduire à néant les espoirs du mec mais ces quelques secondes ont suffi à l’autre pour mettre sa main sur la gorge de la fille. J’ai hésité à faire feu et je mesure mon erreur quand je le vois s’emparer de la longue dague qui était posée juste à côté de sa tête et ainsi masquée à ma vue. J’avais raison, c’est bien un final en forme de sacrifice qu’ils s’apprêtaient à filmer et sûrement pas du simulé pour satisfaire les rapaces planqués derrière la toile.

J’échange un regard avec Tom, hésitante sur la conduite à tenir. Cette fille est sa monnaie d’échange alors s’il est sensé, il va négocier… Je suis sûre que mon partenaire fait le même raisonnement. Si le coup de feu dans la porte a porté jusqu’aux oreilles de Linda, reste à attendre la cavalerie…Il y a peut-être encore une chance d’éviter le pire. Tom tente de gagner du temps en essayant d’engager le dialogue mais pas un mot ne sort de la bouche du type. Je lis de la folie dans son regard sadique et le sourire qui se dessine lentement sur son visage me glace le sang. Il sait qu’il est perdu et va passer des dizaines d’années en taule. Je me concentre sur le moindre de ses mouvements et il a à peine le temps de monter son bras pour planter la dague en plein cœur de la pauvre fille, impuissante sur la table. Ma balle vient de lui arracher la moitié du visage et, celle de Tom qui a aussi compris quelques centièmes de seconde après moi, le touche en pleine poitrine. Le corps est projeté à plusieurs mètres et de longues secondes s’écoulent dans l’atmosphère saturée par l’odeur de la poudre avant que je réussisse à m’avancer. La fille est toujours vivante. Couverte d’éclaboussures de sang, elle est consciente et me confirme en pleurant d’émotion qu’elle s’appelle bien Eléna.

Pas vraiment la peine de vérifier si le mec a son compte ! On s’occupe plutôt des filles qu’on détache aussitôt. Je remonte ensuite en courant pour m’assurer que Linda a bien déclenché l’alerte. Je la retrouve paniquée, morte de trouille devant la voiture mais elle a prévenu. J’ai à peine le temps de m’étonner qu’elle ait eut une femme au téléphone – quelqu’un qui n’a pas semblé étonnée de surcroît – que les lueurs bleutées des gyrophares percent l’obscurité. Je tente d’expliquer en deux mots la situation au capitaine de gendarmerie qui, lui, a l’air de ne rien comprendre à ce qui arrive. Il me confisque mon arme et est même à deux doigts de nous passer les menottes quand son téléphone sonne. A peine a-t-il raccroché que je vois de la colère dans ses yeux. Visiblement, il a reçu des consignes et qu’on ne l’ait pas mis dans le coup jusque là l’énerve visiblement. Je peux le comprendre et je n’en rajoute pas.

Je surveille de loin Tom qui échange depuis un bon moment avec cette femme élégante, la quarantaine, qui vient d’arriver sur les lieux. « C’est la proc ! » m’a-t-il juste indiqué en allant à sa rencontre après un échange tendu avec le capitaine. En découvrant le carnage en bas, les gendarmes ont lancé les procédures et je me dis que ça va être compliqué de sauver notre carrière après le carton qu’on vient de faire. Officiellement, on est en congé, alors expliquer notre présence et notre coup de force ne va pas être simple. Bizarrement, je m’en moque un peu. C’est plus pour Tom que je m’inquiète… Mais ce type m’étonne chaque jour encore plus. Il vient de me faire signe de les rejoindre et je découvre en les écoutant qu’il avait anticipé comme un vieux briscard en jouant sa carte maîtresse… oui le terme est plus qu’adapté. Tom et cette femme se connaissent depuis leurs études de droit. A voir la complicité qui demeure encore entre eux aujourd’hui, j’imagine sans effort qu’ils ont passé quelques soirées très agréables à réviser. Bref, même s’ils ont choisi des voies professionnelles – et personnelles – très différentes, quand il a su qu’elle était en poste à Bordeaux, il n’a pas hésité à lui donner les détails de notre enquête en off. La nana me plaît tout de suite. Pas du genre à se formaliser par notre démarche solo. Elle commence même par me féliciter d’avoir creusé un peu. Avant ce soir, elle n’avait rien pour poursuivre ces criminels et, sans nous, ils auraient continué longtemps à massacrer des filles. Bref, elle a réfléchi avec Tom à la manière de raccrocher les wagons et, sur la base des infos fournies, elle a lancée en début de nuit après un appel de Tom une enquête préliminaire. Elle a juste omis de dire au capitaine de gendarmerie en charge d’enquêter dès demain que nous étions déjà sur place ce soir… Il l’a mauvaise et ne nous adresse pas la parole mais ça va lui passer. Il va profiter à fond de notre intervention : cinq femmes sauvées de justesse et cinq criminels sous les verrous, pas mal comme bilan. Le cadavre fait certes un peu « tâche » mais franchement personne ne va regretter ce salopard. D’ailleurs, les premières déclarations des filles qui ont tout vu confirment notre version et la proc nous a rassurés. Nos tirs quasi simultanés seront considérés comme liés à l’urgence pour sauver une vie. Aucune poursuite à envisager du côté du parquet et elle ordonne même qu’on nous restitue notre artillerie. Reste à gérer l’affaire avec notre propre hiérarchie et je m’attends au pire de ce côté vu mes relations actuelles en interne…

Linda n’a toujours pas récupéré. Elle est effondrée, prostrée dans la voiture. Heureusement qu’elle n’a pas vu le « spectacle » en bas ! Avant de reprendre la route vers Bordeaux, je l’ai amenée voir Eléna que l’équipe médicale s’apprêtait à orienter avec les autres victimes vers le CHU pour des examens plus poussés. Elles ont toutes été violées et battues. Elles sont hors de danger mais pour disposer d’éléments de preuves, en plus des soins, des photos et des prélèvements sont nécessaires. Toutes en situations irrégulières, j’ai obtenu de la proc qu’elle intercède auprès du préfet. Après ce qu’elles viennent de vivre sur notre territoire, c’est la moindre des choses et elle m’a assurée de son intervention. Dans la voiture, la belle brune reste silencieuse un long moment et je crains fort que cette soirée agitée marque la fin de notre aventure. Lorsqu’elle trouve enfin la force de parler à nouveau c’est pour me demander si avec Tom on est des flics… Impossible de lui cacher plus longtemps notre appartenance à ce que le grand public appelle encore les services secrets mais je lui fais jurer de tenir sa langue. Avant de monter dans sa voiture, Tom m’a dit que la grande blonde lui avait laissé une clé de l’appartement et il a filé de son côté pour la rejoindre. On a tout de même prévu de se voir demain avant de contacter nos chefs…ça promet ! Garée devant chez moi, je m’attends à voir ma passagère réagir en me demandant de la déposer plutôt chez elle. Mais non, au contraire Linda se serre tout contre moi et se laisse guider vers l’ascenseur, visiblement ébranlée par toutes ces révélations.

Je ressens une fatigue intense mais impossible de fermer l’œil pour autant. Pareil pour Linda, allongée maintenant tout près de moi. Nos passages sous l’eau chaude de la douche furent nettement moins érotiques cette fois et elle est venue aussitôt après se blottir tout contre mon ventre dans une position fœtale qui en dit long sur ce qu’elle vient de vivre. J’ai un besoin fou de protéger cette fille. Je ne peux empêcher mes bras de l’entourer et mes mains de la couvrir de caresses. Elle se laisse faire, d’abord immobile, avant de m’enlacer à son tour dans un corps à corps incontrôlable. Comme si le glauque de la scène vécue ensemble dans cette cave et l’horreur de ce qui s’y était passé ensuite exigeait une énorme dose d’amour et de sensualité pour nous faire remonter à la surface, nous perdons toute retenue. Sa bouche chaude qui embrasse avec volupté les pointes érigées de mes seins et ses doigts qui fouillent mon sexe humide de désir effacent presque instantanément tout ce marasme et je la laisse prendre possession sans réserve de tout mon corps. Lorsqu’elle se retourne pour poser sa bouche sur mes lèvres intimes et un clitoris déjà très gonflé, je l’attrape par la taille pour placer ce sexe si durement malmené tout à l’heure juste au dessus de mon visage. Elle ne peut retenir ses gémissements lorsque ma langue entame avec une infinie douceur sa délicieuse torture et il ne faut que quelques minutes avant que je sente l’orgasme exploser en moi, déclenchant des ondes de plaisir indescriptibles qui se succèdent, jouissance encore amplifiées par le cri de délivrance de Linda qui m’inonde littéralement, terrassée à son tour. Calmée mais pas rassasiée, elle a repris sa place lovée au creux de mon ventre et je sens doucement le sommeil m’emporter quand d’une voix douce, elle m’interroge en tournant la tête .

– Tu sais quoi ? J’ai l’impression que cette fois c’est bien toi qui mérite une punition avec tous ces mensonges, non ?

– Pas impossible…c’est vrai que j’aurais dû te parler plus tôt.

– Mais toi, tu y prendrais du plaisir ? ajoute-t-elle, en me fixant avec ses beaux yeux noirs.

– Disons que si c’est toi qui me la donne ça pourrait m’exciter…

–Tiens donc ! Alors je vais y réfléchir… oui… je crois que je vais y penser sérieusement… très sérieusement, conclut-elle avant de fermer les yeux en se laissant aller dans mes bras.

Le réveil fut cauchemardesque. Pas assez dormi, c’est clair !Linda est aussi dans le potage mais, en buvant le café très fort que je viens de faire, elle m’avoue que savoir Eléna et les autres filles à l’abri lui fait du bien. Je ne parviens pas à lui garantir que la jeune bulgare pourra aller et venir sans contrainte de sitôt mais, malgré tout, elle est soulagée et je vois qu’elle a retrouvé son optimisme naturel. En pensant à ce qui m’attend avec Tom, je le suis beaucoup moins. Je rallume mon téléphone qu’exceptionnellement j’avais coupé en suivant son conseil pour avoir quelques heures de sursis et, première surprise, alors que je m’attends à une série d’appels de mon patron avec autant de messages rageurs, je ne vois qu’un numéro s’afficher. Pas dans mes contacts et aucun message. Bizarre ! J’attends de rejoindre Tom qui affiche comme moi la mine de quelqu’un qui a passé une sale nuit. Le même correspondant a aussi essayé de le joindre mais lui a une guerre d’avance… comme d’hab ! Il a fait sa petite enquête. Le numéro est celui d’un conseiller du ministre de l’intérieur… Bonne ou mauvaise nouvelle ? Pas le temps de gamberger, il est déjà en ligne et j’attends avec impatience de savoir ce que peut bien lui dire ce type. Tom s’est juste présenté en précisan t que j’étais à ses côtés et un long monologue a suivi. Je ne parviens pas à lire sur son visage qui reste impassible. Avec un sourire mi-figue mi raisin, il me fait mariner un court moment après avoir raccroché sur un « merci Monsieur le conseiller ».

– Allez raconte merde !

– Tu vas pas me croire ! finit-il par lâcher avec un franc sourire.

– Accouche… qu’est-ce qui se passe là-haut ?

– T’inquiète, pas grand chose…Juste les félicitations du ministre, fait-il, comme si c’était une banalité.

– Tu déconnes ? Ils ne nous virent pas ?

– Ben écoute, si tu avais l’intention de prendre une retraite anticipée c’est raté ! La proc a bien fait les choses quand elle a appelé le préfet tôt ce matin. Il était tellement content du bilan de notre « opé » improvisée qu’il a appelé dans la foulée son pote ministre et comme les liens avec un réseau de grande ampleur se confirment, tous les services concernés se battent pour auditionner les gus encore vivants. Vu les charges qui pèsent sur eux, ils ont tout intérêt à coopérer et balancer tout ce qu’il savent. Le plus drôle, c’est que notre chef adoré est resté con quand le cabinet l’a réveillé pour lui dire tout le bien que le ministre pensait de nous et il s’est vu dans l’obligation d’officialiser à posteriori notre coup de force. En gros, on était en mission ! Il doit être furieux mais je le connais assez pour savoir qu’il va essayer de tirer les marrons du feu pour sa propre carrière… Comme quoi, tout est possible, suffit d’avoir les bons contacts, conclut-il, en bombant le torse et en me serrant d’un coup dans ses bras.

Je suis un peu surprise de cette étreinte soudaine mais comme il me glisse aussitôt à l’oreille que Cloé lui plaît décidément beaucoup, je me laisse aller aussi à profiter de l’instant. Je l’aime ce mec. Comme un grand frère, c’est sûr, mais il compte vraiment pour moi. Les échanges que l’on a ensuite avec notre boss sont pathétiques. L’hypocrisie du bonhomme n’a pas de limite. Mais après tout, il n’y a que le résultat qui compte et, comme le juge en charge de l’instruction doit nous auditionner dans les prochains jours, on peut même prolonger notre séjour à Bordeaux avec la bénédiction de la maison.

Cloé est scotchée quand on lui raconte notre soirée très agitée, installés tous les quatre dans l’appartement qu’elle occupe avec Linda. Pas dupe, elle aussi nous interroge sur nos véritables fonctions et Tom est bien obligé de donner une version plus conforme. Déjà tombée avant cet épisode sous le charme du brun ténébreux, je crois que la belle blonde le regarde maintenant avec les yeux d’une James Bond’s girl complètement envoûtée. Honnêtement, elle en a le physique…Je suis content pour lui et je m’amuse de le voir fondre complètement. Linda, constatant que nos deux tourtereaux laissent paraître leur idylle au grand jour, me regarde avec insistance. Je lui souris avant de la prendre par la taille pour lui rouler une énorme pelle qui déclenche immédiatement l’hilarité générale. Évidemment, ils avaient compris mais c’est mieux de le dire… ou plutôt de le montrer en l’occurrence. Après les événements dramatiques vécus hier, on a tous besoin de se lâcher et on entame très tôt dans l’après-midi un apéro qui s’annonce mémorable. Aux bières descendues les unes après les autres succèdent maintenant les très bonnes bouteilles de crus classés de Bordeaux que je suis allée acheter. On a aussi fait une razzia au rayon traiteur et on déguste dans une ambiance cocooning ces merveilles à la couleur grenat qui ont le mérite de nous faire oublier ce qu’on vient de vivre. Temporairement au moins, car Tom m’a prévenue. Expérience aidant, il sait que le fait de tuer quelqu’un, même si c’était la pire des ordures, laisse des traces et, redevenu très sérieux, il me fait promettre de voir la psy du service dès que possible. Je le crois sur parole. Déjà cette nuit, une moitié de visage pas appétissante est venue me réveiller en sursaut. J’ai connu des rêves plus agréables !

Mais pour le moment c’est la fête et j’en profite à fond dans les bras de Linda qui dynamite littéralement l’ambiance avec son tempérament incroyable. J’ai rarement été aussi bien et je me laisse aller sans arrière pensée. Si on m’avait dit que je verrai mon Tom un jour aussi déchaîné, je ne l’aurait jamais cru ! Il est remonté comme une pendule et, l’alcool aidant, on a droit a quelques anecdotes gratinées ramenées de ses missions. J’ai vécu aussi des moments étonnants où, malgré les risques, certaines circonstances particulières nous ont fait vivre des situations aussi incroyables qu’hilarantes. Cloé et Linda sont pliées en deux en imaginant la scène décrite par mon ami pour éviter de se faire griller. Des agents du contre-espionnage d’un pays qui entretient depuis des lustres des relations ambiguës avec la France avait reniflé de son côté lors d’une infiltration et ils filaient Tom depuis plusieurs jours dans l’espoir de le surprendre avec un contact en plein échange de documents. La seule solution que le pauvre avait trouvée pour donner le change avait été de séduire la patronne de l’hôtel où, effectivement, se déroulaient ses rendez-vous une fois par semaine avant qu’il sente le danger. Il leur avait fallu presque un mois avant de se décider à le chopper en flagrant délit et le pauvre avait dû donner de son corps jusqu’à leur entrée en fanfare dans la chambre. Tom se rappelle encore les têtes ahuries des deux types lorsqu’il l’ont vu au plumard avec cette femme. Cinquante ans bien tassés et un bon quintal sur la balance ! Les mecs sont repartis en s’excusant et lui a pu finir sa mission sans être inquiété. Toutes les trois, on imagine la scène et on en rajoute évidemment. Cloé, avec humour, annonce tout de go qu’elle va entamer un régime spécial vu ses goûts mais elle n’arrive pas à finir sa phrase. Tom l’attrape en riant et la bascule sur ses genoux avant de donner quelques petites claques sur les adorables petites fesses rondes qu’une jupe courte met particulièrement en valeur. Avec Linda, on se regarde et on plaisante en suggérant qu’il n’osera pas. C’est Cloé qui met le feu aux poudres, d’une main, elle soulève le tissu léger qui recouvre son cul rebondi et, fesses à peine masquée par sa petite culotte, elle défie du regard le pauvre Tom. Pris au piège mais complètement désinhibé par l’alcool, il entre dans le jeu de la belle blonde en oubliant presque notre présence. La peau lisse et blanche rougit maintenant sous les claques répétées mais la jolie fille ne semble pas trouver cela désagréable du tout. Avec Linda, je sais qu’elle a quelque expérience en la matière mais Tom ? Pas sûr du tout. En tout cas, il s’y prend bien en alternant avec la main frappes sonores et caresses sensuelles. Je mouille furieusement en les voyant en action et je sens que Linda n’en peut plus de rester passive. Elle vient de glisser sa main entre mes cuisses et je perçois l’impatience dans ses doigts baladeurs. J’ai un peu de mal à envisager dès ce soir une partie carrée ! C’est vrai que la relation avec Tom a nettement gagné en intimité mais de là à passer à la vitesse supérieur, je ne suis pas prête. Tandis qu’il continue de rougir consciencieusement ce fessier consentant, je lui adresse un clin d’œil et j’entraîne Linda vers sa chambre laissant nos deux tourtereaux poursuivre à leur guise. Je commence à peine à la déshabiller quand elle m’arrête.

– Tu te souviens de notre conversation d’hier ?

– Laquelle ?

– Celle juste avant de s’endormir, précise-t-elle aussitôt sans me quitter du regard.

– Oui… je crois que oui. Pourquoi ? Tu as envie toi aussi de me donner la fessée ce soir ?

– Pourquoi pas….mais seulement pour commencer car j’ai quelques idées pour que ça ressemble vraiment à la punition que tu mérites, ajoute-t-elle d’un ton mutin.

Je crève d’envie de me donner sans réserve à cette femme et je plonge langoureusement mes yeux dans les siens avant lui répondre.

– Je suis ta chose ce soir, ma belle ! Fais de moi ce que tu veux…

Les gémissements de Cloé qui subit les assauts de Tom depuis un bon moment dans le salon crée une ambiance électrique et mon excitation est à son comble quand Linda, nue comme moi, me place à quatre pattes sur son lit, cuisses largement écartées. Les pinces qu’elle vient de refermer sur mes tétons durcis me font gémir mais les limites entre plaisir et douleur n’existent déjà plus. Elle a attendu mon assentiment après avoir sorti la fine cravache de la commode puis les claquements sec de la petite languette de cuir ont résonné dans la pièce. La chaleur diffuse qui se prolonge dans mon bas ventre agit comme une drogue et mes gémissements furent autant d’invitations à poursuivre le traitement. Les lanières du martinet qu’elle fait maintenant voyager sur mon dos me font frissonner d’envie et, lorsqu’elle les insinue dans ma fente humide que la position cambrée ouvre si explicitement, je ne peux m’empêcher de gémir d’impatience. Les premiers cinglons sont doux mais Linda a compris que je voulais sentir le cuir mordre ma peau et elle me fouette de plus en plus fort jusqu’à ce que je me laisse aller à plat ventre sur le drap. J’ai le cul et le bas des reins en feu et la fraîcheur de ses mains qui caressent doucement ma peau zébrée accentue mon envie d’atteindre l’orgasme. Ses doigts s’égarent un instant sur mon sexe avant de lubrifier ma petite rondelle et me laissent croire qu’elle va me conduire à la jouissance. Pourtant, je suis loin du compte ! La coquine veut pousser beaucoup plus loin cette punition et lorsque je sens ses mains qui tirent mes hanches vers le haut, tête posée de côté sur l’oreiller, je me laisse faire en la regardant enfiler un gode ceinture. Il est semblable à celui de notre soirée au club libertin, peut-être un peu moins gros mais impressionnant tout de même. Un frisson me parcourt en la voyant déposer une goutte de lubrifiant avant de se placer derrière mon cul ouvert. En sentant le gland se poser directement à l’entrée de mon anus, je comprends immédiatement ce que Linda a derrière la tête mais je ne me dérobe pas et la laisse glisser un puis deux doigts dans cet orifice si étroit pour le préparer à la sanction qu’elle a choisie de m’infliger. Quelques hommes m’ont déjà sodomisée par le passé mais leurs sexes étaient moins épais que le bel objet qui va explorer mes entrailles en mêlant douleur et plaisir. Je pourrais tout stopper d’un mot mais mon désir de soumission est tel que je la laisse continuer en mordant à pleines dents dans l’oreiller. Un gémissement étouffé m’échappe malgré tout lorsque le godemiché s’enfonce irrémédiablement sous sa poussée et je ne peux retenir un cri quand mon sphincter distendu laisse entrer complètement cette verge factice mais terriblement efficace. Guettant mes halètements comme autant de signes, Linda entame des va-et-vient de plus en plus rapides et profonds en glissant son majeur dans mon vagin tandis qu’elle stimule avec une dextérité incroyable mon clitoris. En jouant pendant de longues minutes avec cet équilibre fragile où douleur et plaisir cohabitent, Linda fait de moi sa marionnette et lorsqu’elle accentue sa pression sur mon bouton de rose, je sens monter irrésistiblement la vague qui m’emporte sans que je puisse retenir un cri aussi puissant que démoniaque.

Linda affiche un immense sourire quand je remonte à la surface en me disant que côté discrétion, j’ai fait fort. Tom et Cloé ont dû bien en profiter ! Elle se glisse tout contre moi et m’embrasse doucement les lèvres avant de s’approcher tou près de mon oreille.

– Je mérite sûrement le fouet après ça non ? ajoute-t-elle, d’un air entendu en me désignant un joli snake en cuir blanc et noir sagement lové sur la commode. Il mord délicieusement en laissant de belles marques…

Mon regard plongé dans le sien suffit pour qu’elle jouisse déjà de l’image de ce qui ne tardera pas à arriver. Nue et frémissante de désir, allongée en croix sur notre lit, bras et jambes entravés, elle guettera avec impatience le premier du sifflement de la lanière. Oui, c’est sûr, demain, son corps se couvrira de zébrures rouges comme autant de preuves de la force de mes sentiments.

(à suivre)

 

 

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