Il est 17 heures 42 quand je descends de l’appartement.Il y a déjà de la tension en moi. C’est notre défi de tous les soirs. Je laisse derrière moi la dernière marche à 42, et d’habitude je suis en bas à 41…Mais j’ai le sentiment que je maitrise.
Je remonte la rue qui est courte jusqu’à la placette, entourée de magasins. Juste en face de moi, il y a une mercerie. C’est là que je me rends. Mais pas pour acheter de la laine.
Anne est ma maitresse depuis trois mois. Une très jolie femme, que j’ai rencontrée dans un diner chez des amis. Entre elle et moi, le courant est tout de suite passé, on s’est revus, et, en très peu de temps, on a basculé sur quelque chose d’autre.
Chaque relation est unique, et ce qui fait sans aucun doute partie intégrale de la notre, c’est cette tendance à jouer.
Le dernier défi qu’elle m’a proposé me plait particulièrement.
En ce moment c’est le confinement à 18 heures. A 18 heures pile, sans justificatif il faut être chez soi.Ici, ça patrouille beaucoup, et les autorités sont strictes.
Elle m’a dit ‘ Je t’attends à 17 heures 45 tous les soirs, on a dix minutes pour faire l’amour et cinq pour rentrer chez nous.’
Un challenge qui m’a plu.
Je traverse la place, et j’arrive pile à 45. Je pousse la porte. Elle fait sa caisse. Son visage s’illumine quand elle me voit. Elle est magnifique, elle irradie, grande, blonde, cheveux coupés au carré, un corps long et bien dessiné.
Aujourd’hui elle porte une robe en laine qui colle à ses formes pleines.
Elle me sourit. Encore une fois, j’ai relevé le défi.
On a dix minutes.
Elle est derrière le comptoir. Elle s’en écarte pour se présenter à moi. Elle attrape l’ourlet de la robe pour la remonter. Elle a des jambes qui sont bien dessinées et dont elle accentue le charme en les galbant de nylon, aujourd’hui le nylon de bas stay-up, tout simples, mais dont la simplicité est gage d’efficacité, au final. Ils sont noirs, et une bande élastiquée en dentelle les tient en haut de ses cuisses.
Si elle a eu une culotte dans la journée, celle-ci a disparu et son ventre est nu, chatte intégralement rasée, son sexe ouvert disant une excitation égale ou supérieure à la mienne, lèvres gonflées et étendues hors d’elle, son intérieur visible, tout rose. Elle pivote et tourne sur elle-même pour me laisser voir ses fesses bombées, et le sillon profond entre elles. Difficile de ne pas la désirer.
Elle s’approche de moi. Jouer, c’est aussi prendre un risque supplémentaire, car elle ne ferme pas le magasin, et un client de dernière minute pourrait arriver. Mais ça pimente encore plus notre jeu.
Elle laisse retomber sa robe et elle s’approche de moi. L’odeur de son parfum, fruité et doux, me monte aux narines. Elle tend la main vers mon pantalon et me défait pour aller chercher ma queue dans mon caleçon.
Je suis déjà bien dur et bien long, mais elle me fait encore durcir et m’allonger en me caressant avec lenteur.
Elle est sans doute ma première petite amie qui sait donner du sens et de la puissance à la moindre de ses caresses.
Ce qui me semble curieux depuis une semaine que nous nous livrons à cet exercice, c’est la manière dont le temps se dessine. Dix minutes, c’est très peu, et pourtant, il se produit un phénomène étrange quand nous sommes ensemble, sur ces dix minutes. Le temps se dilate, et nous avons l’éternité pour nous. Les caresses peuvent durer infiniment longtemps, comme maintenant, ce n’est pas un problème. Au bout des dix minutes, le temps reprend sa vraie valeur. La clef du succès, c’est de ne pas dépasser ces dix minutes. C’est comme minuit pour Cendrillon. Elle redevient la servante en haillon. Là c’est pareil. On peut tout faire, tout tenter, prendre son temps, tant qu’on reste dans le créneau de ces dix minutes. En fait, on bascule dans une autre dimension.
Je suis très long et très dur quand elle fait glisser sur ma queue un préservatif qu’elle avait, emballé, au creux de sa main, mais que je n’avais pas aperçu. Je suis paré pour rentrer en elle.
L’enjeu de ces dix minutes, c’est aussi de parvenir à faire en sorte que ce soit chaque fois différent. Mais on y parvient, guidés par notre envie et notre imagination.
Sur sa gauche, il y a une table. D’habitude, y sont disposés des présentoirs de fils, mais elle a préparé le terrain et les a enlevés, de telle sorte que la surface est disponible. Elle se fait basculer dessus, sur le bord, et elle ouvre sa cuisse gauche à 90 degrés, me donnant ainsi libre accès à son sexe, que cette position ouvre plus, me laissant voir ses lèvres, bien étirées et une partie des parois de son intérieur, tout rose.
En s’ouvrant ainsi, elle m’offre une vision de son intimité, mais elle m’invite aussi à venir en elle.

A cet instant, je ne suis plus qu’une queue, qui a envie de rentrer dans cette vulve, d’être entouré par la muqueuse douce et chaude, d’éprouver du plaisir. Mais son visage me dit clairement qu’elle fonctionne en sens inverse. Elle a envie d’être remplie par ma queue.
Je m’approche. Dans ces dix minutes, on essaye des positions qui peuvent sembler inconfortables, mais on arrive toujours à faire en sorte que nos sexes se rencontrent et se joignent.
Je sens contre mon gland la chair de ses lèvres. Elle saisit doucement ma queue, l’effleurant de la pulpe de ses doigts, et la guide vers le centre de sa vulve.
Ca glisse tout seul en elle, et les sensations m’assaillent. On regarde ma queue progresser en elle jusqu’à ce que je sois totalement avalé, de quelques millimètres seulement dehors. Elle bascule la tête en arrière et pousse un petit soupir.
On reste immobiles pour en profiter. Puis je me mets à aller et venir en elle, et on bascule dans le plaisir. On caresse mutuellement nos muqueuses intimes. C’est bon de le faire chez moi, chez elle, dans un lit, mais aussi dans ce contexte, dans cette position.
Mon regard glisse sur la pendule murale. Il y a toujours ce besoin de se reconnecter à la réalité, dans un contexte où le temps devient autre.
Il reste quatre minutes.
On ne cherche pas à jouir plus vite. La jouissance vient quand elle vient. On sait simplement qu’on a une limite à ne pas dépasser. Quitte à ce que l’un d’entre nous ne jouisse pas, voire les deux, ce qui est arrivé le mardi.
Je sens pourtant, cette fois, que ça s’engage bien; Il y a un tournant, où je sais que mon orgasme s’approche, mais je sens aussi que le sien arrive. Elle jouit la première, se cambrant, en lâchant un long gémissement, avant que je n’explose, en crachant des jets de semence dans le préservatif, dans un processus qui me paraît sans fin.
55…Je me rajuste. Elle aussi. Il faut qu’on parte.
—A tout à l’heure.
Je passe chez elle pour manger d’ici une heure. Il y a le couvre-feu, mais je suis prêt à prendre des risques, me glisser dans le dédale des ruelles de la ville, quitte à me fondre dans l’obscurité pour la rejoindre. Nous ne sommes qu’à quelques rues l’une de l’autre. On fera sans doute l’amour un bout de la soirée, encore avides de l’autre et de sexe.
Ce moment, ce défi, constitue un merveilleux prélude à une soirée plus normale.
J’arrive chez moi une minute avant que le couvre-feu ne débute.
D’ici une heure je la rejoindrai.

 

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