Sexe et confinement partie 1

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Frederic Gabriel


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Ce fut quand Julie se mit devant sa table de travail qu’elle se rendit compte qu’elle avait envie de sexe.
Elle avait été un rien surprise, en se levant. D’habitude, dans ce monde où elle avait perdu ses repères, elle se réveillait le matin avec le ventre et le sexe en feu, et des envies très crues. Des images tournaient dans sa tête, images issues du passé, de filles qui se glissaient entre ses cuisses, pendant qu’elle s’ouvrait au maximum, qui venaient la caresser des doigts et de la bouche, ou de garçons qui glissaient leur queue en érection en elle, pour la caresser à l’intérieur.
Et là, rien.
Était-elle devenue soudain insensible?
Depuis…Ca faisait combien maintenant? Un mois…Elle avait le sentiment que le temps se dissolvait, n’était plus qu’une longue ligne droite, avec un début très lointain, et une fin pas programmée, elle devait regarder sur le calendrier le jour qu’on était, mais tous les jours se ressemblaient, le sexe avait pris une part de plus en plus importante dans sa vie, jusqu’à devenir une obsession, en arrière-plan de tout ce qu’elle faisait. Ca l’avait un peu surprise, parce qu’avant, même si elle aimait faire l’amour, elle ne le niait pas, et si elle avait déjà eu pas mal de partenaires, ça n’était pas comme ça. Et là…Elle ne se reconnaissait pas…Elle avait tout le temps envie, des images et des fantasmes plein la tête. Une réaction sans doute contre la solitude qui était la sienne. C’était vrai que tout d’un coup, il avait fallu se couper de tout, pour avoir du travail par messagerie, quelques rares visio, et des sorties qui se limitaient à aller acheter de quoi manger à l’épicerie du coin.
Elle avait pris sa douche, puis elle avait passé un survêtement. Elle avait pas mal de travail, les enseignants les gavaient comme s’ils avaient craint qu’ils n’en fichent pas une.
Et là, alors qu’elle commençait à rédiger, elle avait eu cette envie soudaine d’une présence, d’un homme, d’une fille, qui l’avait submergée. Envie de faire l’amour, pour se sentir un peu mieux.
Elle avait la chance d’avoir un appartement suffisamment grand, avec une vue sympathique, mais elle détestait ce confinement qui l’immobilisait comme cela, alors qu’elle avait l’habitude de bouger.
Et puis, tout la ramenait au sexe.
Il y avait déjà son voisin juste au-dessus. Elle l’avait croisé deux ou trois fois, un jeune type, brun, avec des lunettes. Plutôt séduisant. Enfin qui l’aurait été s’il avait été moins effarouché. Tous les soirs, elle entendait des gémissements et des cris de femme qui venaient de chez lui. Or, il n’y avait jamais personne qui montait, ou alors en flottant dans les airs. En effet, les marches craquaient. Elle avait compris qu’il regardait du porno tous les soirs. Elle l’imaginait, devant son ordi, la queue en pleine érection, se masturbant jusqu’à jouir. En temps habituels, ça l’aurait amusée, mais là, ça lui tourneboulait les sens. Elle avait envie de monter le voir, et de lui proposer de basculer du porno à la vraie vie. Aurait-il été intéressé ou effarouché?
Et il y avait aussi les prostituées. Juste en face de chez elle,  la gare, elle y voyait les filles qui attendaient les clients. L’image qu’elle avait des prostituées avait été écornée. Elle imaginait de vieilles femmes, trop maquillées, attendant le client, en fumant. Les filles étaient des Thais, toutes jeunes, et elles étaient aussi appétissantes l’une que l’autre. Elles avaient des corps menus, mais bien dessinés, et leurs tenues, à base de robes très moulantes, de shorts serrés, d’escarpins à talons aiguille, et de cuissardes, réhaussait leurs charmes.
Elles n’étaient pas supposées être dehors, puisque c’était le confinement, mais on aurait dit qu’il y avait une tolérance envers elles, ou alors elles étaient dans une bulle magique. Elles se baladaient autour de la gare en attendant des clients, qui passaient régulièrement, les faisaient monter dans leur voiture et partaient sans demander leur reste, pour revenir deux ou trois heures après. Après tout, sur les attestations il y avait marqué ‘déplacement pour un achat de première nécessité’, et le sexe était une nécessité…Elle le ressentait bien…
il n’y avait plus de consommation sur place. Elle avait surpris parfois une fellation contre une voiture, ou une fille prise en levrette sur un capot…Ca n’était plus possible…
Incapable de tenir plus longtemps, elle allait glisser sa main sous son pantalon de survêtement. Son sexe la démangeait, elle sentait qu’il était ouvert, et qu’il suintait. Elle venait de poser la main sur le tissu de sa culotte, déjà marqué de quelques tâches de sécrétions, quand elle entendit qu’on sonnait à la porte. Elle interrompit son geste, surprise. Qui pouvait bien sonner à cette heure-ci? Le facteur? Il ne passait jamais avant midi. Et puis il fallait d’abord débloquer le digicode en bas. Le proprio? Pour ce qu’elle savait, il était confiné loin d’ici.
Il y avait quatre appartements dans l’immeuble et seuls deux étaient loués.
Elle se rajusta, s’efforça de se donner une contenance, et alla ouvrir. Était incrusté dans la porte un œil, et elle jeta un coup d’œil avant d’ouvrir.
Son voisin du dessus.
L’image s’imprima de nouveau sur sa rétine, image fantasmée et pas réelle, du jeune homme se masturbant devant un porno.
Elle débloqua la porte. Il se tenait devant elle, gauche, timide. Il avait mis un masque, virus oblige.
—Bonjour…Euh…Je me présente, je m’appelle Fabien…Je…J’habite au-dessus de chez toi…Excuse-moi de te déranger, mais j’ai un problème…
Elle le regarda, curieuse.
—Mon…Mon grille-pain est mort…Tu n’en aurais pas un à me passer?
Elle faillit lui éclater de rire au nez.
—Si ce n’est que ça…Je crois que j’ai ce qu’il faut…
Elle revint jusqu’à la cuisine, et lui ramena le sien.
—Tiens…Tu n’oublies pas de me le ramener.
—Ah, ben, merci.
Elle referma la porte, regrettant de ne pas avoir formulé des envies plus nettes. Mais il était sans doute trop tôt.
Elle revint à son ordinateur. Il était temps qu’elle se mette au travail. Les devoirs, à un rythme soutenu, n’attendraient pas.
Ayant oublié son envie de se caresser, elle attaqua une dissertation à rendre.

 

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