L’une des raisons pour lesquelles j’aimais mon métier, c’était sans aucun doute  parce qu’il me permettait de voir le monde autrement. Nous commençions quand tout le monde dormait encore, enfin, c’était ce qu’on était tenté de croire au premier abord, car tout au long de la nuit, le monde vivait, un monde nocturne dont les heures d’activité, de mouvement se répartissait par tranches. Un monde autre en tout cas que celui qui fonctionnait le jour. Un monde dont nous croisions le chemin.
La ville nous appartenait. Elle leur appartenait aussi.
Nous l’avons compris très vite, certains venaient à notre contact. Ce pouvait être l’homme qui rentrait d’activités nocturnes, et qui échangeait quelques paroles avec nous. Ou à l’inverse, celui qui partait au travail très tôt. Et puis il y avait aussi ceux que nous attirions, et qui venaient à notre contact. Nous avions un aura particulier.
Et parmi ceux qui venaient nous trouver, beaucoup voulaient partager du sexe avec nous.
Notre métier évoluait tout au long de l’année, même s’il restait fondamentalement le même. La nuit nous enveloppait en décembre, et elle restait longtemps notre compagne.A mesure que l’année avançait, le jour venait de plus en plus tôt. La part d’ombre, de secret diminuait, sans que cela nous gêne outre mesure, d’ailleurs.
On avait souvent des rencontres obligées qui se jouaient selon les heures, les jours.
On a commencé par le quartier de P…Une vaste zone qui couvrait des quartiers anciens, d’autres plus récents. Les containers nous attendaient, qu’ils soient individuels ou collectifs, gris, avec des couvercles verts. Les habitants y déposaient ce qu’ils ne voulaient plus voir, et dont ils se débarrassaient. Des déchets destinés à être, ici, incinérés, mais qui produisaient du biométhane. Un bien pour un mal, même si le bien ne compensait pas forcément le mal.
On avait des points de repère. Les conteneurs. Nous les faisions glisser, les accrochions au cul de la benne, ils se vidaient tous seuls. L’exception, c’était le jeudi matin, où nous prenions les déchets recyclables. Les gens sortaient des caisses jaunes dont nous rassemblions les déchets.
La femme a fait son apparition devant chez elle. Elle habitait juste après le pont. Elle nous entendait quand nous arrivions. Le camion faisait du bruit, la manipulation des containers encore plus. Elle, comme d’autres sortaient pour avoir un contact avec nous.
Elle a surgi alors que nous traversions le pont. Une porte qui s’est ouverte, une lumière blanche et crue dans lequel elle s’encadrait volontairement. Elle venait à nous deux à trois fois par semaine.
Croiser des gens dans ces conditions, c’était se confronter à leur part de mystère. Des gens qui nous étaient familiers, nous les connaissions puisqu’ils venaient à notre rencontre, mais nous ne connaissions pas leur nom, leur situation, leur profession. On s’en fichait d’ailleurs. C’était juste une découverte d’un instant, qui n’en restait pas moins riche pour autant. Au contraire, même, elle était plus intense dans sa brièveté et son anonymat. Et elle n’aurait certainement pas eu lieu le jour.
Cette femme, qui sortait quand nous arrivions était vraiment belle. Une femme d’âge mûr, une quarantaine plus qu’appétissante.Elle n’était pas apprêtée comme ça aurait pu être le cas le jour, mais dans ses atours de nuit. Même avec une apparence pas soignée, cheveux en bataille, pas maquillée, elle était désirable. Ou peut-être elle était désirable parce qu’elle se présentait ainsi, loin de son apparence de la journée. Elle était brune, plutôt grande, avec des formes.
Et elle avait une belle collection de lingerie de nuit.  On ne la voyait jamais avec la même tenue.
La toute première fois, elle était sortie devant chez elle. La camion venait de ralentir, on allait amener trois conteneurs au camion pour en charger le contenu. Elle avait, je m’en souvenais parfaitement, une nuisette rouge, qu’elle avait soulevé pour nous présenter ses charmes.
C’était sans doute cela qui était bien dans notre univers. Il n’y avait pas besoin de ces approches qui faisaient partie intégrante du jeu amoureux le plus classique. On manifestait son désir, et celui-ci, selon affinités, trouvait son accomplissement.
Momo avait coupé le contact, et il était parti vers elle. Une brève étreinte comme une première approche, et déjà, elle allait chercher sa queue dans son pantalon, pendant qu’on remontait chercher les conteneurs plus haut. Dans un tel contexte, les rapports étaient pour ainsi dire condensés. Ce n’était d’ailleurs pas une volonté, mais quelque chose qui s’imposait. La brune s’était accroupie et elle avait entrepris une fellation habile, en tournant sur sa queue. J’avais eu un frisson en voyant le membre gorgé de sang, dressé. Le sexe, je n’en avais jamais assez. J’avais bien sûr déjà profité de la belle queue de Momo…J’avais envie de es rejoindre, mais quelque chose m’en empêchait en même temps. Une sorte de règle non écrite, qui faisait que, si les choses ne se calaient pas à plusieurs, on laissait les partenaires qui s’étaient unis profiter en toute tranquillité de leur plaisir.
Elle s’était redressée, pour aussitôt basculer sur le capot de la voiture garée devant chez elle. La sienne, une autre? Peu importait. Momo s’était gainé d’un des préservatifs que nous trimballions tous sur nous pour ces rapports qui jalonnaient nos trajets, et il l’avait pénétrée. Un long gémissement avait troué la nuit. Mais elle s’était efforcée de ne rien laisser échapper pendant qu’il la fouillait, son visage cependant visible sous les néons était l’expression même, l’expression troublante, de son plaisir. Elle s’était tendue et avait joui, avant de s’effondrer sur le capot, vidée de toute énergie.
Momo n’avait pas joui. Il avait traversé la rue, son engin sorti de son pantalon et était venu vers moi. J’avais entouré sa queue de ma main,  en partie du moins, ma petite main n’arrivait pas à en faire le tour, et je l’avais masturbé. Il s’était crispé, cambré, et son sperme avait jailli, arrosant mon uniforme, qui n’avait pas été uniquement maculé par les déchets ce jour-là.
C’était depuis devenu un rendez-vous familier. Elle sortait, toujours diablement séduisante, dans un nouvel habit de nuit, et l’un d’entre nous la rejoignait. Ca avait été aussi mon tour. J’avais craint un instant qu’elle n’ait pas envie d’une fille, mais elle ne m’avait pas rejeté bien au contraire, m’offrant son sexe que j’avais longuement caressé de la langue, puis des doigts.
Je me suis glissé vers elle, alors que mes camarades se chargeaient des containers. J’allais avoir un peu plus de temps. Nous étions en effet victimes d’ incivilités. Des personnes ne jugeaient pas utile de déposer leurs sacs dans les containers, et les lassaient au sol, où ils étaient éventrés par des animaux errants. Des contenus étaient malheureusement éparpillés sur le sol, qu’il fallait ramasser et refourrer dans des sacs.
On avait tous une petite besace dans laquelle on fourrait nos récoltes de la nuit. On ramassait souvent des objets que les gens laissaient à notre intention devant chez eux, des livres, du linge, des petits objets. Une sorte de trésor de guerre.
Assez ironiquement, ce que j’avais pris ce matin-là, je l’avais aussi trouvé devant une porte. Un coffret de plastique. Par curiosité, je l’avais ouvert. J’avais été surprise par son contenu. Une belle collection d’objets sexuels. Des godes de toutes tailles, de toutes formes et de toutes couleurs…Le coffret en était rempli à ras bord…Je doutais, posé comme il était posé, que sa propriétaire l’ait perdu. Je l’imaginais plutôt décidant de renoncer aux plaisirs du sexe en solitaire, et parce qu’elle craignait de craquer, abandonnant, je l’imaginais à regrets, ses jouets favoris. Qu’elle ait un petit ami, qu’elle soit mariée, qu’elle soit célibataire, ou qu’elle vienne de trouver un copain…
Ce coffret, abandonné là, avait rejoint ma besace, et il avait fait mon bonheur. Seule avec moi-même, j’avais passé plusieurs après-midis à essayer les jouets et j’avais tiré de chacun les infinies nuances du plaisir qu’il pouvait m’apporter. C’était devenu moins systématique, mais je m’en servais encore.
Et j’avais pris ce matin ce gode ceinture.
Je l’ai harnaché autour de ma taille. Une ceinture avec des lanières en cuir, et un socle dans lequel était fiché, mais il était amovible, un gros gode en plastique, d’un mauve du plus mauvais goût. Il était long et luisant, et il fallait l’espérer, suffisant pour lui donner du plaisir.
Je savais que moi, parce que je ne m’étais pas harnachée à même la peau, j’aurais forcément moins de plaisir. Nos uniformes étaient rembourrés, pour nous protéger, et les sensations ne passeraient pas forcément à l’identique. Mais j’éprouverais quand même une sorte de jouissance. La dimension de l’imagination compenserait ce que la réalité ne me donnait pas.
Et puis la situation m’excitait terriblement, et je sentais mon sexe s’ouvrir et mouiller. Je n’avais encore jamais pris une fille avec un gode ceinture. Ca n’avait d’ailleurs pas non plus été le cas en sens inverse. Comme quoi, même si le sexe était une des composantes essentielles de ma vie, j’avais encore des expériences à vivre…
Je me suis approchée. Elle m’a regardé arriver jusqu’à elle, et il y avait dans son regard une sorte d’extase anticipatrice de ce qui allait se produire. Je me suis demandée si elle avait déjà été pénétrée par un gode, mais j’ai eu la réponse à la question que je n’avais pas posée quand elle m’a dit:
—J’ai déjà eu les copines qui m’ont léché, et bien léché la chatte, qui m’ont fouillée avec leurs doigts, mais aucune ne m’a prise avec un gode.
Je suis venue chercher sa langue pour un baiser forcément trop bref, en même temps que je la caressais sur, puis sous sa nuisette. Je l’avais toujours trouvée séduisante, et quand on passait et que je pouvais profiter d’elle, c’était toujours un moment intense. Je suis venue au contact de son sexe, je l’ai trouvé ouvert et mouillé, ses lèvres toutes gonflées.
Je me suis reculée. Elle était un peu plus petite que moi, sans doute parce qu’elle était pieds nus. Elle s’est un rien cambrée, basculant pour que je la pénètre. J’ai donné un coup de bassin, et j’ai fait rentrer le gode en elle. Je ne suis pas arrivée, position oblige, à enfoncer totalement le pessaire en plastique en elle, mais j’étais fichée aux trois-quarts dans son sexe, et c’était suffisant pour qu’elle ressente du plaisir. 
     Du coin de l’oeil, je surveillais mes collègues. Il existait toujours une sorte d’harmonie, entre celui ou ceux qui s’adonnaient au plaisir, et ceux qui géraient le ramassage. Chacun se calait sur le temps de l’autre. J’avais quelques minutes devant moi, ils avaient encore quelques conteneurs à aller récupérer, dans cette zone striée de petites rues, et aussi à ramasser des déchets abandonnés.
J’ai fait aller et venir le gode en elle. Le plastique était conducteur, et je ressentais bien ses frémissements, ses tressaillements. Mais, d’une manière différente, ça m’émoustillait aussi énormément, autant parce que le gode, malgré l’uniforme, était agité de vibrations qui avaient un impact sur moi que parce que j’aimais cette situation inédite. Et puis j’aimais donner du plaisir à mes partenaires, homme ou femme, les voir, les sentir éprouver ce plaisir. Je me disais que je n’étais pas si mauvaise que ça.
Je me suis arrachée à son sexe. Ca a fait un bruit visqueux. Le plastique dégoulinait de filaments baveux. Elle s’est pliée en deux sur le capot. Cette fois, ce ne serait pas une queue d’homme qui viendrait en elle, mais une bite de plastique.
J’ai posé la tête du sexe de plastique en haut de son sillon fessier, et je suis descendue. J’ai senti le creux de son anus. Une pensée m’a traversé l’esprit, évidente. L’envie de me figer là, et de pousser le membre de plastique en elle. Mais j’avais peur de lui faire mal. Je ne savais pas si elle s’était déjà faite sodomiser. J’ai préféré glisser jusqu’à la béance de son sexe, et rentrer en elle. Je l’ai fouillée avec de plus en plus d’ardeur, me prenant à mon propre jeu. J’avais l’impression, mais ce n’était peut-être qu’une impression, qu’elle s’ouvrait. Ce dont j’étais sure, par contre, c’était qu’elle ruisselait littéralement, coulant d’un flux continu qui arrosait ses jambes et le gode. Mais je n’étais pas mieux, terriblement excitée, je sentais bien que je trempais ma petite culotte, et que ça coulait au-delà sur mes chairs. Si je n’avais pas du enlever mon uniforme, j’aurais bien changé de slip. Mais ça ne me déplaisait pas non plus de baigner dans mes sécrétions. Je redoutais le jour où on sexe s’assécherait.
Mes collègues avaient quasiment fini. J’ai accéléré le rythme, autant parce qu’il fallait continuer que parce que je sentais sa jouissance, et la mienne, proches. Elle a ouvert la bouche et poussé un cri à moitié retenu. Un flot de liquide a coulé d’elle, inondant ses jambes, un véritable Niagara, en comparaison duquel ce qui était sorti d’elle avant n’était rien. J’ai senti aussi que j’explosais dans ma culotte. Mais ce qui est sorti de moi n’était rien comparé à ce qu’elle avait éjaculé. J’allais continuer de travailler avec la culotte collée au ventre d’humidité.
Je lui ai donné une claque sur les fesses, une manière d’au revoir en attendant la prochaine tournée, et je me suis approchée du camion, tout en défaisant le gode. Il ruisselait de ses jus. Je l’ai porté à ma bouche, et je l’ai sucé doucement. J’aimais le goût des sécrétions vaginales, toujours changeantes, comme celui du sperme.
Trois paires d’yeux me fixaient, et j’ai interrompu mon mouvement. Inutile de perturber la tournée, même si j’avais encore envie de cette saveur dans la bouche. J’ai glissé le gode dans ma musette.

 

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