Signes de soumission (2)

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Camille Sorel


BDSMinitiationsoumission et domination


SIGNES DE SOUMISSION (2)

Je suffoquais de plaisir, je sentais ma cyprine s’écouler hors de moi, comme la lave en fusion.
A ma grande honte, je me suis rendu compte ensuite que j’avais mouillé le fauteuil grenat sur lequel j’étais assise.

Et bien Margaux, je vois que vous êtes une grande fille expérimentée, vous n’avez pas besoin de moi pour jouir, commenta Alexandre les yeux rieurs. Vous pouvez vous rhabiller. Vous avez sûrement à faire cet après-midi et moi aussi.

J’étais abasourdie, à la fois vidée par cette brutale explosion de plaisir et complètement désorientée par cette façon de me faire comprendre que j’étais de trop.

Alexandre insista :

Oui Margaux, vous avez bien entendu. Je ne vous retiens pas. J’espère simplement que la prochaine fois vous saurez obéir immédiatement.

De tempérament un peu vif – certains disent que j’ai mauvais caractère – je répondis en colère :

La prochaine fois ? Il faudrait qu’il y en ait une autre ! Je ne suis pas une dinde que l’on consomme quand on en a envie !

Prenant totalement le contre-pied, Alexandre répondit calmement :

Chère Margaux, je suis certain que c’est vous qui m’appellerez et ce jour-là, vous déposerez votre culotte à la porte de cet appartement. Je ne vous raccompagne pas, vous connaissez le chemin.

Mortifiée et hors de moi, je me réajustais rapidement, enfilai mon manteau les lèvres pincées et je partis en claquant la porte.

Je pense avoir mis près d’une heure à retrouver mon calme, les passants ont dû me prendre pour une folle, j’avançais à grands pas dans la rue, ne pouvant m’empêcher de commenter à haute voix l’attitude d’Alexandre.

C’est le soir, en prenant un bain, que je me mis à réfléchir à ce désir irrésistible d’être prise par lui, cet homme à la fois si attirant et si repoussant. Comment pouvais-je avoir envie de jouir dans les bras d’un tel goujat ? Aux arguments de la raison répondait une chaleur croissante dans mon bas ventre. Sans cesse revenait ce souvenir d’avoir été fauchée par une vague de plaisir jusqu’alors inconnue. Et le soir, je me suis doigtée furieusement, tentant de retrouver cette acmé.

D’ordinaire, je prends mon temps, je serre d’abord mes cuisses et je glisse une main pour venir exciter mon clitoris. Je le caresse doucement jusqu’à ce qu’il gonfle de désir. De l’autre main, je viens titiller mes seins, n’hésitant pas à les pincer pour faire durcir les pointes. Mais ce soir-là, j’avais besoin de sentir l’âpreté d’un assaut masculin. Je pinçais violemment mes seins, je les griffais tandis que mes doigts pénétraient avec force mon vagin. J’avais l’impression que celui-ci allait pouvoir avaler ma main. Je m’imaginais être transpercée par une verge puissante. Mon sexe coulait de désir, ma respiration s’accélérait. Revint la vision de ma soumission aux ordres d’Alexandre. Une boule de feu s’empara de moi et je fus emportée par une houle de plaisir, me coupant le souffle.

J’ai tenu quinze jours, maudissant Alexandre le matin et me caressant le soir. J’avais même investi dans l’achat d’un womanizer, à la suite des conseils d’une amie. Tu verras, m’avait-t-elle dit, il exerce une stimulation unique et le plaisir est immense. Mais rien n’y faisait. De ces séances, j’en sortais certes les jambes flageolantes mais je ne retrouvais pas ce que j’avais ressenti quand j’avais joui sous le regard d’Alexandre. Pourtant, je convoquais les images qui m’impressionnaient le plus sur les sites tenues par des soumises. Je frémissais à la vue de culs rougeoyants ou striés de marques sanguinolentes. Je rêvais devant des poitrines maltraitées aux seins gonflés car enserrés dans des cordes. Je me pâmais à l’idée de me retrouver, agenouillée, à la merci d’Alexandre qui m’imposerait alors une gorge profonde.

Être aux pieds d’Alexandre devenait une fixation. Toutes mes lectures m’entraînaient vers mes rêves les plus fous. Le très sérieux Gilles Deleuze devenait à mes yeux le plus ardent défenseur d’une relation D/s : « On ne sait jamais d’avance comment quelqu’un va apprendre – par quelles amours on devient bon en latin, par quelles rencontres on est philosophe (…) Il n’y a pas de méthode pour trouver les trésors, et pas davantage pour apprendre, mais un violent dressage, une culture qui parcourt l’individu tout entier ».

J’en étais arrivée, comme une ado à griffonner des poèmes que je me voyais lui remettre :

Que puis-je

Vous offrir

d’autre

que mon corps mis à nu ?

Mon âme

Vous appartient déjà

Vous vous en êtes saisi

au premier regard

J’ai lu

à l’intérieur de Vous

ce que je devais

être

Me soumettre

à Vous

tel un jouet

pour Votre seul plaisir

A Vos pieds

désormais je me tiens

enchaînée

sans possible retour

Alors toute honte bue, j’ai appelé Alexandre qui, une nouvelle fois, se montra aimable, même si je sentais une pointe d’ironie dans sa voix.-

Chère Margaux, comment allez-vous ? Bien, j’espère ? Vous avez donc retrouvé mon numéro de téléphone et vous souhaitez me voir, c’est cela ?

Une fois de plus, j’étais désarçonnée, et le beau discours que j’avais préparé, s’effaçait au fur et à mesure que j’entendais sa voix chaude.

Euh oui Monsieur, quand ?

Chère Margaux, comme vous êtes pressée d’un coup. Cette semaine, je ne peux pas.

Je ne savais même plus s’il plaisantait ou non. Je me rendais compte que je ne désirais qu’une chose : le revoir.

Je l’entendais feuilleter des pages.

Margaux, vous avez de la chance, lundi prochain, j’ai un déplacement qui a été annulé. Ma femme et ma fille seront chez mes beaux-parents. Venez donc pour 14h. Nous aurons ainsi du temps devant nous. Vous n’avez pas oublié, chère Camille la condition première de votre venue.

Non Monsieur.

Très bien Margaux, dans ce cas-là à lundi !

Et il raccrocha. Ma joie fut de courte durée quand je me rendis compte subitement que lundi était pour moi une journée de… travail. Buvant la coupe jusqu’à lie, je dus aller pleurer auprès de ma supérieure, arguant de quelque rendez-vous médical impossible à déplacer, pour me faire libérer ce jour-là en échange de la suppression d’une RTT.

La veille au soir, j’étais aussi excitée que lors de mon premier jour en classe option théâtre. Jeune lycéenne, j’avais le sentiment que j’allais découvrir le monde à travers les grandes tragédies et je me voyais déjà jouer une pièce de Shakespeare. Et là, face à Alexandre, je sentais encore confusément que j’allais franchir une nouvelle étape, comme passer de l’autre côté du miroir.

Quand j’ai rencontré Alexandre, je n’étais pas une « oie blanche ». Plusieurs hommes avaient déjà partagé ma vie, j’avais même connu lors d’une soirée bien arrosée une expérience saphique, qui m’avait laissé un souvenir délicieux.

Mais, comment dire… cette fois-ci c’était différent. Alexandre n’est sans doute pas le plus beau des hommes. Mais il se dégageait de lui un magnétisme puissant. De son regard il pouvait me combler de bonheur ou au contraire me rabaisser. En une phrase, il était capable de briser toutes mes certitudes et me laisser ensuite suspendue dans le vide.

C’était ce qui m’attirait chez lui et en même temps ce qui m’effrayait.

Durant toute la matinée, j’ai multiplié les essais de vêtements, je finis par opter par une tenue sage, un chemisier blanc, une jupe droite, espérant bien devoir la retirer au plus vite. J’avais retenu la leçon. C’est sans maquillage, ni bijoux que je sonnais à sa porte, le cœur battant.

Je ne voulais pas obéir sans résistance et ne pouvais non plus désobéir ostensiblement, car il n’hésiterait pas à me fermer la porte au visage. J’avais résolu, subtilement, croyais-je, de sauver mon honneur avec un stratagème : à lui la joie de se croire tout puissant, et à moi la satisfaction de m’être un peu moquée de lui.

Je frappais doucement à sa porte à l’heure dite, et lui remis immédiatement une culotte en dentelle propre, tout droit sortie de son tiroir. Je ne l’avais pas sous-estimé et savais qu’il ne s’en contenterait pas. Il porta la lingerie à son nez et me rendit la dentelle avec mépris : « Vous vous moquez de moi ? »

Je pris l’air le plus naïf et effrayé possible, et balbutiais que j’avais pensé bien faire en venant nue sous mes vêtements, et n’avais pas compris, car il n’avait pas précisé, je ne savais pas… Il soupira brièvement sans cacher son agacement et s’écarta pour me laisser entrer.

Là je ne faisais plus la maligne. Mais m’être jouée de lui me permettait de rassurer mon estime personnelle : c’était bien un jeu, et j’en gagnais quelques manches. Il s’agissait juste maintenant de connaître la nature du jeu.

Ainsi, Margaux, vous vouliez me voir ?

Oui, Monsieur.

Et qu’espérez-vous de moi, au juste ?

Je vous l’ai dit la dernière fois, Monsieur.

Ah, vous voulez toujours que je vous baise ?

Oui, Monsieur.

Avez-vous compris quel genre de relation je vous propose ?

Je crois… J’ai vu sur internet, des sites de soumises… Vous êtes un Maître, n’est-ce pas ?

Exactement. Pensez-vous être une soumise à la hauteur ?

Je l’ignore, Monsieur.

Je l’ignore aussi. Vous comprenez que vous devrez faire vos preuves ?

Si j’accepte, oui, Monsieur.

Je vais vous poser quelques questions.

Il s’assit sur un fauteuil en cuir et me demanda de me tenir à sa droite, en regardant comme lui, par la fenêtre, l’avenue de centre ville animée en ce début d’après-midi. Il voulu tout savoir de ma vie sexuelle, les premières fois, les envies refoulées, les déceptions… Plusieurs fois, comme le veut l’usage courant, je tournais ma tête vers lui pour lui répondre, aussitôt coupée par un cinglant « Regardez devant vous ». L’interrogatoire avançant, il passait sa main sur mon corps, rendant mon élocution bredouillante et mes joues cramoisies. Ce n’étaient pas des caresses, mais plutôt une vérification du matériel, un état des lieux. Si mes réponses étaient trop longues, il m’enjoignait de résumer. Et soudain, il en sut assez.

Bien. Vous avez assez parlé pour aujourd’hui. Je vous remercie. Avez-vous un dernier mot à dire ? Si oui, c’est maintenant, parce que je compte me passer de votre voix jusqu’à votre départ.

Je secouais la tête, soudain lasse de cet exercice. Je me sentais train de vivre un mauvais mommy-porn. Et je pensais :  Étonne-moi, Grand Alexandre, je commence à m’ennuyer. Mais puisqu’il fallait se taire, et cela tombait bien, je gardais mon insolence pour moi.

Venez, Margaux.

Bouche résolument fermée, je le suivis vers une chambre assez neutre, sûrement la chambre d’amis. Il m’attira à lui et déboutonna mon chemisier.

Il écarta les pans soyeux et dégagea mes seins nus, qu’il entoura, soupesa, caressa. Je fermais les yeux, toute à la sensation de ses mains sur ma peau. Il saisit mes tétons entre pouces et index et pinça. Je me redressais et ne bougeais plus. Il commença à les tordre, et j’ouvris les yeux, souffle court, sous la douleur.

Si je vous fais mal, n’hésitez pas à me le dire…

Je lui jetais un regard résolu, mâchoires serrées.

Effectivement, veuillez m’excuser, vous m’avez plus la parole. Dans ce cas, je jugerai seul.

Se levant devant moi, son visage tout contre le mien, il m’infligea une douleur sévère, et je ne baissais pas les yeux.

Ensuite il releva ma jupe étroite sans ménagement, la roulant sur mes hanches, et dévoilant mon sexe épilé. Je tendis la main vers lui, il la repoussa et plaça mes bras derrière mon dos de manière à ce que chaque main tienne le coude opposé. Cette position m’obligeait à me cambrer, et à ouvrir ma poitrine, seins offerts.

Écartez vos pieds. Encore. Plus que la largeur de vos épaules, et regardez devant vous. Vous prendrez cette position systématiquement en début de séance, pour attendre mes ordres, et aussi, chaque fois que je demanderai à vous inspecter. C’est votre première leçon.

Il me contourna, et resta un moment derrière moi. J’imagine qu’il m’observait. C’était très difficile de maintenir ma position sans le voir, ni avoir aucune idée de ce qu’il se passait dans mon dos. Soudain je sentis sa main sur mes fesses. Il les caressait, les flattait, les tapotait. Et puis une fessée, sèche, sonore. Je sursautais, et repris ma position, le cœur dilaté. Une autre, plus forte encore, et puis une autre… je les comptais, il y en eu cinq, de force croissante. Ma peau brûlait, mon sexe coulait, et mon esprit s’était envolé. Pourquoi un tel bien-être après la douleur ?

Alexandre me renversa contre sa poitrine, une main sur mes seins, et l’autre entre mes cuisses mouillées de désir. D’un geste sûr, il pénétra ma chatte brutalement et me fouilla en murmurant à mon oreille :

Vous mouillez comme une belle chienne, Margaux. Ça vous excite donc que je fesse votre cul.

Je gémissais, me tordais, me contractais sur ses doigts en moi. Il empoigna mon sein, le serra dans son poing et je jouis dans un long râle, en m’écroulant au sol.

D’une main il ouvrit son pantalon, dégageant son sexe, et de l’autre, il saisit mes cheveux, approchant mon visage de l’organe désiré. J’ouvris la bouche et m’approchais, je le voulais, je voulais le goûter, l’enfoncer entre mes lèvres, le mouiller de ma salive…

Il me retint.

Faites-moi un signe de la tête : voulez-vous me sucer ?

Je hochais la tête, bouche ouverte, souffle court, toute dignité envolée, je n’étais que rut. Il savourait le spectacle, et sa bandaison trahissait sa satisfaction.

Branlez-vous, Chienne, faites-moi envie de votre bouche, car ma queue se mérite.

Alors à genoux devant lui, j’écartais les cuisses, les doigts d’une main s’agitant dans ma vulve, ceux de l’autre main agrippés à un sein, bouche ouverte et langue tendue, regard fixé sur la queue tendue. Quand l’orgasme me secoua, mon cri fut étouffé par le membre raide s’enfonçant dans ma gorge et déversant après quelques brutaux va-et-vient de longues giclées tièdes.

Je hoquetais et repris mon souffle.

Margaux, il est l’heure de nous séparer, je vous prie de me nettoyer avec votre bouche, car cela fait partie de tâches qui incombent à une Soumise bien élevée.

Je m’exécutais, planant encore des deux orgasmes qui venaient de me secouer, cheveux emmêlés, maquillage défait, visage barbouillé, au sol devant cet homme debout, chemiser ouvert sur mes seins nus, jupe relevée et escarpins encore aux pieds.

Sur le pas de la porte, après un baiser, il m’indiqua d’un ton aimable :

Je vous enverrai avant ce soir un message expliquant vos obligations si vous voulez être mienne, et mes engagements. Vous réfléchirez vingt-quatre heures et me donnerez votre réponse par mail, de la manière que je vous décrirai. Faites-vous également à l’idée suivante : plus de pantalon, plus de sous-vêtements, jamais de collants, escarpins à temps complet, sept centimètres de talon minimum. Si vous acceptez vous ne serez plus femme, mais Soumise. Réfléchissez bien.

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