Station service partie 1

Station service partie 1

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Frederic Gabriel



Partie 1

Ce soir, en m’endormant, je repensais à elle. Ça fait plus de vingt ans pourtant, mais elle m’a marqué. On est pris dans le flot des obligations à accomplir chaque jour, et on remonte rarement en arrière. Sauf quand on se pose, comme ce soir. Tout est revenu avec une grande précision de détails.

À l’époque, je ne menais pas une existence très glorieuse. Je venais de passer un concours pour rentrer dans la fonction publique territoriale. J’avais été reçu, et j’avais de quoi être fier. Vingt seulement avaient été pris, sur précisément neuf cent douze candidats. Je me souviens encore des chiffres.

Sauf qu’après avoir plané un moment, j’étais vite retombé sur terre. En me faisant mal. Je ne m’étais pas vraiment renseigné, et j’avais découvert la triste réalité. Le territorial conjuguait les règles d’un concours avec un recrutement qui était au bon vouloir des élus. Dès lors, même en étant un brillant lauréat, je devais me confronter aux refus de ceux-ci, qui, eux, préféraient des gens pas lauréats, mais qu’ils connaissaient.

Ça n’a pas été la période la plus glorieuse de ma vie. Loin de là. Je répondais à toutes les annonces, j’étais parfois convoqué, mais ça n’allait jamais bien loin. J’appelais des collectivités territoriales, je me présentais spontanément. Rien.

J’ai passé deux années comme cela, avant de me décider à tenter un concours pour l’administration d’Etat. J’ai été reçu, j’ai eu mon premier poste à Bordeaux, je suis parti, et redescendu après dans le Sud-Ouest.

À cette époque de tourment, je restais à la maison, et je m’occupais de ma mère, de la maison et du jardin. J’allais lui faire les courses, je faisais le ménage. Elle venait d’être gravement malade et elle appréciait mon dévouement, même si elle se désolait de ce que je ne parvienne pas à trouver de poste.

J’avais pour me déplacer une vieille R 19. Tous les vendredis après-midi, j’allais faire un plein à la station-service de P… Celle-ci était rattachée au grand magasin qui la jouxtait. On rentrait par l’avenue, il y avait le parking devant la grande surface, pour sortir soit on reprenait l’avenue, soit on sortait sur la droite, et on passait devant cette station, pourvue de cinq pompes, avec en bout de parcours, une cabine de béton à laquelle on payait à un caissier.

Cela faisait deux ans que je venais ici, et j’habitude de payer à un grand moustachu, pas vraiment agréable, qui ne savait dire ni bonjour, ni au revoir.

Ce jour-là, pourtant, les choses ont été différentes.

Quand je suis arrivé, je m’en souviens parfaitement, il n’y avait qu’une voiture, occupée par deux types. L’un d’entre eux était à la pompe, mais celle-ci n’avait pas l’air de fonctionner. Son copain lui a dit, en faisant un signe :

Va voir à la caisse !

Il s’y est rendu. On ne voyait pas toujours bien, selon l’angle où l’on se trouvait, l’intérieur, même s’il y avait une grande  vitre, à cause des reflets.

Elle a ouvert la porte qui bloquait l’accès à la cabine et elle est sortie. J’ai été très surpris parce que je pensais voir surgir le moustachu déplaisant, et, au lieu de cela, je l’ai vue, elle, pour la première fois, si sexy, si ravissante. J’ai été bouche bée. Si quelqu’un m’avait vu, il m’aurait sans doute trouvé totalement ridicule. J’ai été autant surpris que fasciné. La jeune femme qui avançait d’un pas déterminé et en souriant sur le macadam souillé de tâches d’essence et de gasoil était magnifique. Elle avait dans mes âges, vingt-cinq ans, pas très grande, un mètre soixante-huit sans doute. Elle avait un visage très joliment dessiné, sans faille qui aurait gâché son harmonie, visage couronné par une masse de cheveux blonds qui coulaient sur ses épaules. Ce jour-là, elle portait un chandail noir, échancré, laissant voir le début d’un décolleté, tendu par une poitrine volumineuse et une jupe courte, serrée, qui collait à ses hanches, s’arrêtant juste au dessus du genou, laissant voir des jambes gainées de nylon pour quelques centimètres, car elles étaient ensuite masquées par des bottes.

Allez, je vais jeter un coup d’œil !

Ce disant, elle s’est tournée, me laissant voir une croupe pleine, qui semblait vouloir faire éclater le tissu de la jupe. Elle a examiné la pompe, sorti le pistolet.

Je crois que cette fois, c’est bon !

Et elle est repartie vers la cabine, offrant à mon regard et à celui des deux garçons qui n’en perdaient pas une sa croupe, qui remplissait la jupe, et ondulait  en suivant le balancement naturel de ses hanches.

Je me suis servi, et je suis passé à la caisse. Je lui ai dit bonjour, je lui ai tendu les billets. Je m’arrangeais toujours, un petit jeu que quasiment tout le monde fait, pour tomber sur un compte rond, et cette fois, j’y étais arrivé. 60 francs pile. J’en ai profité, dans ce laps de temps si bref, pour la regarder. Elle était magnifique, avec un maquillage discret qui la mettait en valeur. Elle m’a souri, de manière naturelle, on sentait bien qu’il n’y avait rien de forcé. Au moment où j’allais, à regret, redémarrer, elle m’a demandé :

C’est moi qui te fais cet effet ?

Je me suis rendu compte en rougissant que j’avais une érection visible, qui déformait mon pantalon. Me surprenant, avec une certaine audace, je lui ai répondu :

Vous êtes une très jolie fille !

J’ai démarré. Il n’y avait plus rien à dire.

À l’époque, alors que je me débattais dans mes difficultés, j’avais une sexualité inexistante. J’avais pris l’habitude de me masturber, peut-être moins pour le plaisir que cela me procurait, même si la jouissance est toujours quelque chose d’agréable, que parce que cela chassait mes obsessions et mes tensions. J’avais l’habitude d’aller chez le marchand de journaux et d’y acheter, une à deux fois par semaine, des cassettes porno que je regardais en me branlant. Il n’y avait pas de DVD à l’époque, et je jouissais en regardant des queues énormes s’enfoncer dans les bouches et les chattes de filles consentantes.

Tous les vendredis, rituellement, je retournais chercher de l’essence. Je n’avais même pas l’idée que je pouvais plaire à cette fille. Je trouvais qu’elle était bien trop jolie pour moi, et surtout j’étais convaincu que  ça se sentait, ça se devinait, que j’étais un chômeur, un raté.

Pourtant, il se noua, dès la deuxième semaine, un lien entre elle et moi. Je passais, avec mes billets, elle me fit un sourire, et elle me jeta :

Alors, ça a dégonflé ?

Je lui ai répondu du tac au tac :

Ça regonfle vite !

Je me suis vite rendu compte qu’il se produisait quelque chose entre nous. Ce genre de tension qui se créé entre deux personnes et sur laquelle il est difficile de mettre un mot. On sent simplement que le courant passe, ou pas. Ça tenait à la nuance d’un sourire, d’un regard.

Les doutes que je pouvais avoir se sont estompés quand j’ai senti sa main glisser sur la mienne, alors qu’une de fois de plus, un vendredi, je lui glissais mes billets. Elle a serré ma main quelques secondes, glissant dessus et l’étreignant. Ça m’a remué. Elle m’a soufflé :

Si tu as envie que je te fasse visiter la cabine, ce sera quand tu voudras ! Pas besoin que tu prennes de l’essence, tu passes quand tu veux !

Je ne savais pas trop sur quoi cela pouvait bien déboucher, mais le lundi après-midi suivant, je revenais d’un entretien qui n’avait rien donné, il devait être quatorze heures, j’ai décidé de m’arrêter. La station était vide à cette heure. Je me suis garé sur le côté, près de sa voiture à elle, une 206, et j’ai été frapper à la porte. Elle m’a ouvert. Comme le premier jour, elle portait une jupe, bordeaux cette fois, avec des escarpins à talons, et un débardeur qui collait à sa poitrine. Elle a paru ravie de me voir.

Je me demandais quand tu viendrais enfin !

Elle s’est collée à moi, et a relevé la tête pour que je l’embrasse. Sentir sa chaleur contre moi, ses formes, m’a remué. J’ai même cru un instant que j’allais me jouir dessus. Nos bouches se sont rejointes, nos langues accrochées, frottées longtemps.

Attends, je crois qu’une voiture arrive, mets-toi là, qu’on ne te voie pas.

Elle avait une ouïe surdéveloppée. Effectivement un véhicule approchait des pompes. Elle venait de me pousser dans l’ombre, dans cette partie de la cabine qu’on ne voyait pas de l’extérieur, une partie sombre occupée par des étagères encombrées de produits divers, une table, une chaise…Elle me couvait du regard. Elle est restée un instant dans la même zone, faisant glisser les fines bretelles de son débardeur pour me montrer ses seins aussi ronds que fermes quelques secondes, avant de se couvrir.

Elle s’est assise, a pris le chèque du type. Ca n’a duré quelques secondes, puis elle s’est redressée. Elle a roulé sa jupe à ses hanches. Si elle n’avait pas de marque de slip sous sa jupe, le jour précédent, c’était parce qu’elle ne portait rien dessous. J’ai aperçu son pubis glabre, renflé, la fente profonde qui fendait ses chairs intimes. Elle s’est rassise, a gardé une jambe sur sa gauche, comme si elle était normalement assise, et à ramené l’autre d’équerre, aussi loin que possible sur la droite, m’offrant ainsi son pubis. Elle a fiché deux doigts dans son sexe, s’est ouverte, se faisant béante avant de me dire, son regard planté dans le mien :

Viens, j’ai envie de sentir ta bouche sur ma chatte ! Fouille moi et fais-moi jouir.

Je m’approchais quand elle m’a dit :

Ferme la porte à clef que personne ne vienne nous déranger.

 

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