Tu as l’air fatigué mon pote!

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TU AS L’AIR FATIGUÉ, MON POTE !

C’est avec cette phrase un peu maladroite que j’aborde le sujet des cernes et des traits tirés de mon vieil ami avec qui je passe la soirée. Il me répond tout de suite sans prendre le temps de réfléchir.

Ah non, ça c’est parce que j’ai atterri tout l’heure, j’ai fait l’amour dans un hôtel avec une femme que je ne connaissais il y a quelques jours.

Kevin, mon meilleur ami, conclu sa phrase. Je manque de m’étouffer de avec mon daïquiri. Il y a encore une heure nous étions dans une réunion d’anciens camarades et il était arrivé en retard. Nous avions terminé dans un café bar parisien du coin et nous discutions de nos carrières et aussi de nos vies personnelles. Il sortait d’une rupture difficile dans laquelle il s’était beaucoup investit mais qui avait tourné cours. Il m’avait raconté les disputes incessantes, les mesquineries qui se sont installées, la colère la rancœur, et puis la séparation. Triste et inquiet de voir mon ami avec ami avec son téléphone cassé et la tête d’une personne qui n’a pas dormi depuis plusieurs jours je lui lancé mon « Tu as l’air fatigué, mon pote » et lui de me répondre avec un grand sourire en secouant la tête.

Kevin, mon pote, a toujours eu un peu honte de son prénom. Surtout que sa mère ne s’est jamais cachée de ses coups de cœur pour Kevin Bacon et Kevin Costner et s’est laissé plusieurs fois à lui faire comprendre qu’il avait été conçu peu de temps après la sortie de Foot Loose. il m’expliquait qu’il imaginait sa mère se faire inséminer par son père à la sortie du cinéma dans leur petit appartement et que les images mentales peuplées de Kevin qui avaient dues se former au moment où son père donnait la charge pendant que son prénom arrivait comme une évidence. J’étais en général choqué et lui rigolait de plus belle trop content de son coup. Il avait échappé au déterminisme social des Kevin de province en découvrant la littérature d’abord la science-fiction puis ensuite les grands écrivains. De ses lectures quasi compulsives il avait développé un sens aigu de la narration cultivant l’art de la chute comme il venait de le faire à l’instant avec moi.

Alors là, il faut que tu me racontes ! je lui lançai, aussi frustré qu’un spectateur qui a raté la scène clé d’un film. Ravi d’avoir réussi son coup, il m’explique que lorsque la séparation était inéluctable il s’est inscrit sur différent sites de rencontres, principalement pour se changer les idées en discutant avec des femmes célibataires ou en couple. Les discussions en ligne avec des inconnues permettant une certaine de liberté d’expression et parfois de libération des fantasmes. Je me rends compte que je gobe ses paroles l’air complètement incrédule, le même tapas froid que depuis le début du changement de rythme de son histoire. « Sérieux ? », « Wow ! », « Dingue ! » sont les mots qui reviennent le plus souvent dans sa bouche.

Tu vois, les femmes sont comme nous, elles ont besoin de piment et de tendresse. Tiens regarde ce site de rencontres.

Et il commence à balayer les profils en s’attardant surtout sur la bio des profils.

Quelque part elles cherchent la même chose que nous, mais sous le fait de la pression sociale elles sont contraintes de le formuler en des termes édulcorés, et puis elles pardonnent parfois à ceux qui ratent les occasions, mais elles ne pardonnent aux idiots qui foirent leur opportunités.

Bref, poursuit-il, il y a quelques mois, j’étais en train d’échanger avec plusieurs femmes, parmi celles-ci il y a une qui habitait en Slovénie. L’Intelligence Artificielle de l’appli de rencontre nous avait mis en relation. Au début j’étais hyper sceptique, et puis tu sais je travaille dans le secteur du digital et bien souvent grâce aux algorithmes et à leur intelligence artificielle, ils établissent des corrélations complément inattendues mais parfaitement pertinentes entre deux personnes.

Devant ma mine sceptique, Kevin rajoute :

Je te la fais simple, ces IA (Intelligences Artificielles), qui nous connaissent bien mieux qu’on ne se l’avoue à nous-mêmes, vont mettre en relation deux personnes parce qu’elles sont unies par un lien surprenant qu’elles même ignorent, comme Eléa et Paikan dans le roman de Barjavel La Nuit des Temps.

Je me rappelle avoir vaguement lu ce roman pendant mes années lycée mais j’avais clairement loupé ce passage.

Alors j’ai décidé de laisser une chance à l’Intelligence Artificielle de l’appli de rencontre, poursuit-il. Vu la masse de données personnelles qu’il a sur moi, elle a peut-être raison de nous mettre en relation. Au pire je la swippe out et je passe à une autre. Au fil des discussions j’avais compris qu’elle était mariée, faisait un bullshit job bien payé dans une entreprise. Elle réagissait bien à mes références et parfois elle s’amusait à me chauffer avec des petites phrase du type, je suis dans le bain, ou je ne peux pas te répondre je choisis des sous-vêtements. Mais bon tu sais la Slovénie, j’ai regardé sur la carte, c’est loin. Aucune chance que je m’y rende, même pour le boulot. Alors je prends le pari de Pascal appliqué à elle, mon match Slovène. Mon match slovène n’est qu’une conversation plaisantes parmi toutes les autres avec qui je discute tous les soirs et pour lesquelles je suis également un homme parmi tous ceux avec qui elles discutent, donc comme le dirait Pascal dans son pari, je me laisse aller, je n’ai rien à perdre et tout à gagner. Et voilà que lundi elle m’envoie un long message, je vois tout de suite le gros bloc de texte. Là je me dis tout de suite, mince, elle me fait le coup des confidences avec un message pour me dire que soit elle veut qu’on arrête ou bien qu’elle est tombée amoureuse de moi. La tuile dans les deux cas. Sauf qu’en y regardant de plus près, je vois que le message est rédigé en français, oui mon pote en français. Et c’est un courrier de George Sand à Alfred de Musset. Tiens regarde je l’ai pris en photo tellement je suis tombé des nues.

Il me montre, je lis le bloc en diagonale la lecture en diagonale et je vois juste un poème d’une amoureuse à son amoureux, pas de quoi bondir, le texte se termine par « à mettre à Genève ». En voyant ma mine circonspecte, Kevin étouffe un rire et m’envoie un coup de coude.

C’est vrai qu’en math sup ou lieu d’étudier des textes cochons en littérature vous faites de l’algèbre. on on sait tous que c’est un faux texte apocryphe… Maintenant lit un vers sur deux.

Le sens du texte explose à mon visage et j’ai même du mal à contenir une érection.

Tu vois, elle a simplement modifié la fin du poème pour rajouter « à Genève ». Bon, ça casse les rimes et les vers, c’est comme si tu versais du ketchup dans ton assiette chez Ducasse. En même temps on s’en fout, s’écrit-il les yeux excités. À ce moment-là, je ne sais plus quoi répondre, alors après avoir essayé de rédiger pendant quinze minutes une trentaine de messages aussitôt effacés, je glisse un «  J’aime beaucoup » bien fade. Je ne te mens pas, je suis resté une heure à attendre la réponse les yeux bloqués sur mon téléphone. Et puis l’air de rien sa réponse est arrivé : « I will attend a symposium in Geneve next week. » La somme de ces éléments ont fait que je ne savais plus où j’habitais et en voulant répondre, j’ai fait tomber mon téléphone, c’est pour ça que l’écran est cassé. Approche-toi et je te raconte toute l’histoire dans le détail. On est lundi, je suis un Kevin, tout ça n’a aucun sens, je ne vais gâcher des jours de congés parce qu’une inconnue m’a envoyé un message hot depuis l’autre bout de la terre. Et si c’était une arnaque. En plus je ne sais rien d’elle. Mais qu’est-ce que je fous la? Il faut vraiment que je sois au bout de ma vie pour faire ça. Bon Genève Paris c’est cinquante euros et la Slovénie c’est juste en haut de la Grèce. En plus j’ai pris du poids depuis la rupture, je continue le sport, je tape toujours aussi rageusement, mais bon ce doit être mon métabolisme de Kevin qui stocke les graisses en période de stress.

On est déjà mercredi, le temps file, je suis sorti hier soir pour me changer les idées, un footing sur les quais de Seine et une visite d’une galerie d’art moderne. J’y pu faire le point et réfléchir aux orientations que je voulais donner à ma vie. C’est décidé, je n’y vais pas. C’est l’avantage de la pratique du sport d’endurance, il apaise l’esprit et oriente la réflexion vers les bonnes décisions. Et justement, en repensant à tout ça j’ai couru quinze kilomètres sans faire attention. Franchement je ne vais pas m’emmerder dans une histoire à la mord moi le nœud. En plus mon passeport n’est pas à jour, j’en suis certain. Et puis c’est la pire période pour quitter le travail, l’équipe est déjà réduite parce qu’Alban a eu un accident de trottinette électrique. D’ailleurs le CHSCT a envoyé une note à toutes les équipes sur les dangers de la trottinette dans Paris. C’est vrai que dès que l’on prend des risques il faut être capable de les assumer et Alban savait très bien ce qu’il faisait. Moi je suis plutôt risque adverse, alors pourquoi partir sur un coup de tête alors que il y déjà des femmes qui sont sur Paris et disponibles de surcroît. En plus j’échange avec certaines d’entre elles, et ça se passe bien. J’ai pris ma décision, Ce soir je lui réponds que je dois boucler un dossier de dernière minute imposé par mon chef. Je passerai pour un lâche, mais en même temps je montrerai que je ne suis pas un homme immature et ça calmera les ardeurs de tout le monde.

On est jeudi, dans les toilettes de l’avion je me brosse les dents et je repasse un coup de déodorant. L’avion va bientôt entamer sa descente sur Genève. Hier soir, je lui ai dit que j’arrivai ce jour à Genève sans donner plus de détails, et puis j’ai posé ma demi-journée, et aujourd’hui je suis arrivé tôt au travail pour faire bonne figure. Après mon déjeuner sandwich devant PC comme je le fais trop souvent, j’ai pris la direction de l’aéroport, en théorie, j’aurai passé moins de temps dans l’avion que mes collègues un jour de bouchon dans leur voiture. J’ai passé tout le vol à relire les échanges pour me convaincre que j’avais pris la bonne décision, sans succès. En plein vol, J’ai même désactivé le mode avion, d’ailleurs je n’ai jamais compris comment mon téléphone à cinq cent euros pouvais faire crasher un avion de 100M€. Juste avant le décollage, je lui ai demandé l’adresse de son hôtel et son numéro de chambre, mais elle n’a toujours pas répondu.

L’avion vient de se poser, pendant la descente j’ai réactivé le mode cellulaire 4G, et avant même que les roues ne touchent le sol, j’avais un nouveau message : « Meet me at the hotel, don’t be late », suivi de l’horaire, de l’adresse et du numéro de la chambre. Je lis et relis le message, je suis complément excité, j’ai une érection comme jamais, il faut que je prenne un cadeau, la nuit va être bonne, je vais louer une voiture de luxe et débarquer avec une bouteille de Ruinart à la main, il faut que je prenne un nœud papillon. Mes pensées sont confuses. Je regarde ma montre, les aiguilles me ramènent brutalement à la réalité et font s’évaporer mes plans de dandy séducteur en une fraction de seconde. Je constate qu’en fait j’ai quinze minutes devant moi pour être à son hôtel et respecter son horaire.

J’ai mis presqu’une heure pour arriver devant la porte de sa chambre, je suis essoufflé mais j’essaie de faire bonne figure, mon cœur bat la chamade, je respire un grand coup et je toque à la porte. Trois coups sec et j’attends. J’entends des pas qui se rapprochent, qui cessent brusquement, un léger frottement métallique m’indique qu’on me regarde par le judas. À partir de ce moment tout peut arriver, une bande de ravisseurs de l’est peut jaillir et me séquestrer pour obtenir une rançon et/ou vendre mon rein sur le dark web. Évidemment je ne me laisserai pas faire, j’ai deux ceintures noires, karaté et Viêt vo dao, plus de solides notions de capoeira. Si ça tourne mal, des dents vont sauter et des côtes vont perforer des poumons.

La porte s’ouvre, le contraste d’éclairage entre la chambre et le couloir découpe une silhouette. Le temps que mes yeux s’accommodent, je sens le regard scrutateur que la silhouette pose sur moi, de haut en bas, puis satisfaite elle me tire par la manche pour faire rentrer non sans avoir jeté un coup d’œil furtif dans le couloir. J’ai peine le temps que deviner qu’elle a l’air encore plus belle que sur les photos. Une fois la porte fermée, je peux enfin la contempler.

Son visage est fermé et elle prononce ces mots : « what took you so long to come, idiot French, just words, not real man, only ghost. Real Men are punctual, women are late, don’t you realize all the risk I am taking » Et elle termine sa longue tirade en me pointant du doigt tout en assénant : « Do not disappoint me. » Je suis décontenancé par sa réaction, et je glisse un « I have been waiting for this moment for so long » et j’enchaîne tout de suite sur un sujet trivial pour orienter la discussion vers l’apaisement. « Where shall I put my jacket ? », tout en la retirant ostensiblement avant de la plier en deux sur mon avant-bras pour faire dévier ses pensée vers de l’action et je complète en disant : « I really like this place. »

La chambre d’hôtel est correcte, une décoration moderne, suffisamment de place pour disposer d’un canapé. L’ambiance musicale est musique classique. Elle me propose de m’asseoir. Elle se dirige vers le minibar et sort une bouteille de vin et deux verres à vin. Je la matte, oui c’est le mot, je la matte alors qu’elle se dirige vers le mini bar. Je veux saturer mes capteurs sensoriels avec son corps. Elle très élégante et se sachant observée, j’en suis certain, elle exagère son déhanché tandis qu’elle se dirige vers le minibar et baisse pour extraire une bouteille de vin et deux verres. Elle se virevolte, vers moi et se campe, face à moi, une bouteille de vin dans sa main gauche et deux verres à pied dans sa main droite. Ensuite d’un pas léger, elle se dirige vers le canapé pour s’asseoir à mes côtés.

Le cuir du canapé Chesterfield émet un chuintement au moment où elle s’assoit. Son dos calé dans l’accoudoir, avant qu’elle ne me le demande, je lui propose de lui servir un verre de vin. « Of course », me répond-elle. Et je me lève en direction du mini bar à la recherche du tire-bouchon que je trouve quasi immédiatement. Le bouchon s’extrait en un plop explosif et je fais couler le nectar dans les verres à pied. Puis je me rassois à ses côtés. J’ai l’impression d’avoir passé et réussi un nouveau test qui me permet d’accéder à l’étape suivante.

« My feet are hurting me », et elle me tend ses jambes. « Do you like my shoes ? » Et je commence à glisser ma main sur le dessus de ses pieds et je dis « Would you mind if I take them off ? » La mécanique de laçage des escarpins est une science des contraintes et j’ai peur de passer pour un idiot qui n’arrive pas à défaire une simple paire de lacets. Alors j’opte pour faire glisser la chaussure le long de son talon et c’est un succès.

Je commence à lui masser son pied, enfin, je suis en terrain connu. J’en profite pour la regarder de plus près. Son tailleur est strict, des pommettes hautes, mais surtout ses jambes sont galbées, sculptées par la pratique du sport, c’est certain. L’éclairage de la pièce donne un effet d’ombre à son mollet et accentue sa musculature.

Pendant un bref instant nous nous taisons, porté par la musique (Dvorak, Symphonie du nouveau monde) je m’abandonne dans la chaleur de ses pieds qui se transmet à la paume de mes mains et elle ferme légèrement les yeux pour profiter de mon massage. Le temps est suspendu, les masques sociaux et les enjeux tombent le temps d’une symphonie.

Je me risque à un compliment facile : « Seeing the perfect shape of legs, I’m pretty sure you practiced dance or ballet » l’air sur de moi. « No, mostly it is taekwondo; I am stuck between three brothers », elle me répond !

Ma tête contient un waouh et mon slip dit physique de rêve et nuit tonique, si je ne gaffe pas. Heureuse de m’avoir pris au dépourvu, elle monte sa jambe vers mon visage, dévoilant au passage un peu plus ses cuisses. Je croise les jambes pour dissimuler l’énorme bosse qui s’est formée sous ma ceinture.

« I have working all day long, making new customers. » Le fond sonore change et je reconnais les accords de musique des Gymnopédies d’Erik Satie. Cette transition musicale est une perche, et pour étaler ma culture et orienter la conversation. Je lui fais remarquer que les gymnopédies sont à l’origine pratiquées par des jeunes danseurs nus. Elle sourit et rajoute pour éteindre son jolie sourire, dans une manœuvre d’évitement ou pour travestir le fond de sa pensée : « You are massaging only my left foot, don’t you know that I have two legs and I don’t want them to be jealous » avant de s’accouder en arrière pour faire éclater un rire magnifique dévoilant des dents blanches et parfaitement alignées.

Sans prévenir, d’un geste précis et rapide, elle appuie son pied sur ma poitrine et me fait basculer en arrière. Elle s’accroupit pour commencer une lente reptation vers moi. Ses genoux s’enfoncent dans mes cuisses, et me font mal, mais je n’en ai cure, ses coudes écrasent mes cotes, arrivée à hauteur de mon visage elle me décroche un long baiser suave et je sens ses longs cheveux défaits caresser mes joues.

Elle décoche des baisers tout en descendant le long de mon torse, glissant ses doigts sous ma chemise, faisant sauter un par un les boutons, palpant la zone sous mon torse. Arrivée au niveau du haut de mon pantalon, elle caresse ma bosse à travers le tissu puis y dépose des petits bécots délicats qui suivent son parcours jusqu’au côté de ma hanche. J’ai du mal à y croire, mais la taille de ma bosse a encore augmenté et elle me fait vraiment mal. En défaisant la boucle de ma ceinture, je jailli de mon contention textile, ma coiffe écarlate luisante, elle pousse un petit cri de surprise.

Tout en faisant jouer ses longs cheveux sur mon torse, elle me flatte en jaugeant la longueur de la pointe de sa langue son regard plongé dans le mien. Je pousse un gémissement extatique alors même que sa bouche engouffre mon sexe douloureux et que je ferme les yeux. Elle émet un petit grognement de reproche et j’ouvre les yeux pour comprendre ce qui ne va pas. Je la vois qui décale ses lèvres de mon sexe pour former dans un souffle la phrase : « Look at me, I want to keep your eyes opened. » Je garde les yeux ouverts alors qu’elle dépose un tendre baiser sur la tête de mon dragon qu’elle finit par englober de ses lèvres.

Ses yeux grands ouverts, elle lit le plaisir qu’elle me procure. Sa langue est curieuse et furette tout autour de moi tandis que ses joues se creusent et m’offrent une alcôve chaude et moelleuse. Elle cale ses mouvement sur le rythme de Cessate, omai Cassai : « Ah, Ch’infelice Sempre » . Je regarde ses lèvres dodues coulisser sur moi, tandis que la musique s’efface sur les derniers accords de la cantatrice.

Ma main se faufile vers son entrejambe, je pousse la ficelle de son string sur le côté pour la caresser avec le dos de ma main. Le contact est doux, chaud et humide. Elle sort un préservatif, qu’elle déroule et sans autre forme de procès, me chevauche. Sous son veston elle porte un débardeur blanc et je vois ses seins semblent être d’une autre monde. Elle monte et descend, ses ongles transpercent la chair de mon torse tandis qu’elle se cabre brutalement, tout son être se saccade et ses cuisses broient mon bassin.

Soudain elle se retire, se redresse, arrange ses cheveux, ses habits, jette un œil sur sa montre et m’annonce tout de go : « Time’s up, skype with my husband. Find something for tomorrow, you already have all the material, if you don’t look at all the messages we exchanged. » Aussi sec, elle attrape mes habits et m’indique la porte de sortie. Complètement abasourdi par l’accélération des événements, je me dirige vers la porte lorsqu’elle me claque la fesse avant de rajouter dans un sourire : « Be creative. you have all night long. » Me voilà maintenant dans le couloir de l’hôtel, comme un idiot, mon manteau posé sur l’avant-bras.

Hier, après avoir été éjecté manu militari de la chambre d’hôtel, j’ai prévenu au travail pour annuler mes rendez-vous et expliquer que je serai absent aujourd’hui. Dès le petit matin, dans la chambre d’hôtel miteuse et hors de prix que j’ai pu trouver en face de la gare, j’ai décalé mon vol pour le dernier départ pour Paris. J’ai saisi les mots clés « love hotel ». Après avoir épluché toutes les propositions, j’ai fini par trouver quelque chose de satisfaisant. Je pars en repérage sur les lieux avant de confirmer ma réservation.

L’immeuble est sobre sur six étages avec une façade dans le pur style de Genève. L’hôte à l’accueil est un jeune homme, très bien habillé avec des manières de polies de diplomate sans une once de vulgarité. Il m’annonce pendant que je vérifie les lieux : « Sachez que nous proposons sans frais des casques à réalité augmentée pour prolonger l’ambiance. » Je le remercie poliment pour l’information et je me dirige vers la chambre. La porte donne sur une petite cabine avec une deuxième porte sur le fond et des cintres pour poser ses habits. J’ouvre la seconde porte du vestibule. Un souffle d’air chaud me fouette le visage. La décoration tranche avec celle de l’accueil. Je me retrouve sur le bastingage d’un petit voilier, en pleine mer. La température est tropicale, l’atmosphère est iodée et on entend le cri des mouettes. Sur les murs, la mer à perte de vue reproduite grâce à des écrans qui recouvrent les murs. On aurait presque le mal de mer. Bingo, je redescends à l’accueil pour effectuer une réservation.

J’ouvre mon smartphone, j’estime la durée du trajet entre son hôtel et ici. J’effectue quelques estimations entre la fin théorique de son séminaire, auquel j’additionne le temps qu’elle passera à se préparer dans sa chambre. Mes calculs faits, vu les horaires de mon vol, le timing va être serré, je compose un message très sobre sur WhatsApp : « Meet me at, a Uber will pick you up to bring you here », suivi de l’heure et de l’adresse. Le petit icône « writting » de l’application affiche les trois petits points m’indiquant qu’elle est en train de rédiger sa réponse. Le temps me parait infini, ma gorge s’assèche et je penne à déglutir tandis que les trois petits points clignotent dans l’application. Je reçois un simple « Ok ». Je pousse un cri de joie qui provoque la réaction surprise du réceptionniste. D’ailleurs je vais dans sa direction pour lui donner des instructions. Je replonge dans mon téléphone, pour commander le Uber.

Je vois sur le plan de l’application, l’icône du chauffeur et le tracé en noir du trajet vers son hôtel. Tout se passe comme prévu, l’icône du chauffeur s’arrête à proximité de l’hôtel et puis repart. Elle est certainement dans la voiture. Je n’ai plus qu’à patienter. Le tracé du trajet du chauffeur se met à jour à nouveau et montre une boucle, un nouveau trajet vers son hôtel…

Mince il s’est passé quelque chose. J’appelle le chauffeur pour comprendre, il m’explique qu’il a bien vu une dame qui attendait mais personne qui me correspondait à ma photo qui s’était affichée sur son application et que les voituriers lui ont demandé de partir. Je comprends tout de suite que le chauffeur s’attendait à me prendre moi et personne d’autre. Je lui donne la description de ma Slovène et je prie Éros de m’accorder une seconde chance. Je reste en ligne avec le chauffeur, l’icône du chauffeur se rapproche de l’hôtel et il m’annonce : « the lady is leaving the place ». J’entends des coups de klaxons, visiblement il l’interpelle. Des secondes de silence, une porte qui s’ouvre, une portière qui claque, une deuxième portière qui se ferme et j’entends le chauffeur qui demande : « Would you like a bottle of water ? » Ouf, elle est dans la voiture. Je raccroche soulagé et inquiet, elle était sur le point de partir et doit être de mauvaise humeur. J’ai envie de me couvrir la tête de cendres.

A mesure que la voiture se rapproche de l’hôtel, mon stress décroît et je me calme. La voiture arrive sur place, les dés sont jetés, je n’ai plus aucun impact sur les événements à venir. On toque à la porte, depuis l’antichambre, j’ouvre la porte. Elle est devant moi, un vanity à roulette dans la main, vêtue d’un manteau noir à léger motif losanges qui lui tombe jusqu’aux chevilles. Cintre en main, je lui enlève son trench pour découvrir une petite robe noire recouverte de petites écailles d’un noir anthracite arrivant à mi-cuisses. De fines bretelles épaisses comme des toiles d’araignées ondulent sur ses épaules. Ses longues jambes interminables aboutissent sur une paire d’escarpins noirs qui dessinent encore plus la fine musculature de ses jambes. Une montre pesante, à dominante argentée dotée d’un bracelet métallique vient par contraste souligner la longueur et la finesse de ses bras. Elle est une femme dans une robe inflammable.

Je l’emmène sur le ponton de mon pseudo voilier. Je règle l’éclairage en mode nuit pour donner une ambiance soirée à bord d’un yacht et le soleil fait place instantanément à une nuit étoilée dans la mer des caraïbes. N’y tenant plus, j’enserre ses poignets et lui bloque les bras en l’air, mais elle ne laisse pas faire, enroule sa jambe autour de mes cuisses, libère un de ses bras, puis d’une main ferme me repousse et assène : « First you have to make me dance ». D’un mouvement preste je démarre l’ambiance musicale, sur Love To Love You Baby ou Donna Summer gémit son orgasme pendant près de quatre minutes.

La sono de la pièce diffuse Libérée, Délivrée, la chanson phare de La Reine des neiges. J’ai fait une erreur. Nous nous regardons, je suis embarrassé. Elle sourit, et je me mets à sourire également. Puis elle se met à rire et à l’instant où je contemple ses boucles de cheveux secouées par son rire d’enfant, je tressaillis, attentif à quelque chose d’extraordinaire qui se passe en moi et bientôt avec la clarté d’une révélation aussi subite qu’inattendue, je me rends compte que je suis heureux. Je prends par la main et nous entamons notre danse sur Let’s it go de La Reine des neiges. Je mets à sourire béatement, puis je me mets à rire comme je ne l’avais pas fait depuis bien trop longtemps. La tension sexuelle s’envole et nous devenons pendant un moment d’éternité deux petits enfants joyeux insouciants heureux d’être là en ce moment figé dans le présent, une joie puissante irriguant nos corps.

La musique enchaine sur Dvorak, Allegro con fuoco ;alors je l’embrasse, doucement puis en accroissant la pression de ma bouche puis de ma langue. Ma main se pose au niveau de ses seins qui flottent librement sous sa petite robe noire. Je m’accroupis et mon visage descend au niveau de son ventre, mes mains se faufilent sous sa jupe et je bute sur une sorte de mince filet qui semble recouvrir ses fesses. Interloqué, je fais glisser sa robe vers le haut.

Je manque de choir lorsque que comprends, elle se tient devant moi, une résille noire, fine comme une toile d’araignée, lui recouvre le corps. Ses petits tétons pointent à travers les mailles et seul la zone de son triangle est complètement offerte. Elle embouti son pubis sur ma bouche. Je suis submergé par son odeur, un parfum marin REM et son goût est salé. Je suis un chat je frotte ma tête contre son petit coin de paradis pour m’enivrer de son odeur et y déposé la mienne.

Je la prends par la main et je la guide pour nous allonger sur le lit, elle me retire mes habits. Couché sur le dos, je suis complément nu et mon érection devient plus longue, plus large tandis qu’elle me flatte. Tout d’un coup, sans vrai cause, des fontaines de semence jaillissent de mon corps, dessinant des filaments dans l’air pour finir en arabesque crème sur mon ventre. Elle m’absorbe, me boit, jusqu’aux dernière gouttes douloureuses et le plaisir est si intense que je m’émiette tandis que mes orteils se recroquevillent et qu’apparaissent dans mon champs de vision une farandole où couleurs et plaisirs s’en vont mêlés dans maelström synesthésiques.

Ma main calleuse sur son sein, ma bouche embrassant l’autre. Velours sur son sein gauche et sable sur le droit. Je me faufile au creux de ses bras, là où ses aisselles dégagent une odeur à la fois acre et sucrée. Je m’habille d’un préservatif et je me glisse dans son tendre brasier. C’est un plaisir viscéral, charnel, de peaux qui se frottent et s’enflamment pour dégager les odeurs de l’amour. J’entame un mouvement anguleux, volontairement saccadé et déconstruit avec mes coups de bassin pour surprendre son plaisir.

Je pèse de tout mon corps sur elle, des goûtes de sueurs perlent de mon front, tombent pour éclater en petite corolle sur sa bouche qu’elle pourlèche avec délectation. Ses paupières se ferment puis s’ouvrent, ses yeux plongés dans les miens. Ses ongles plantés dans ma chair et traçant des sillons carmins sur la peau de mon dos, de mes fesses. Sa bouche s’arrondit dans des oh, ah de plaisir et je suis le spectateur de son plaisir brute. Les pieds du lit craquent et elle me mord l’épaule. Son corps vacillent et se courbe au rythme des ondes de plaisirs qui font vibrer ses muscles. Rattrapée puis submergée par une vague de plaisir plus violente que prévu, ses mains trouvent mes doigts.

Quelques instants plus tard, je roule sur le côté, complément vidé, comme si Éros avait aspiré mon essence vitale. Le corps éclaté en lambeaux de plaisir.

Elle regarde sa montre, se lèvre prestement, empoigne son vanity et se dirige vers la cabine de douche : « I have my plane to catch. » Elle en ressort quelques minutes plus tard vêtue de son tailleur. L’air soucieux, elle remet ses boucles d’oreilles en place et revient vers moi, m’embrasse sur la bouche d’un baiser d’au revoir et me chuchote « Thanks for everything, I have spent a wonderful good time, take care of yourself and stop bothering about pointless things ». Elle tourne les talons, vanity en main et ferme la porte. Je regarde ma montre, je ne dois pas traîner, j’ai aussi un avion à prendre.

Kevin vide d’un trait son verre et ponctue son geste par :

Et voilà, mon pote, maintenant tu connais toute l’histoire et tu comprends pouvoir j’ai l’air crevé.

Je lui réponds :

Tu l’as dit mon pote, sacré histoire, et elle s’appelle comment ?

Je ne suis pas certain, mais quand j’étais à l’hôtel j’ai récupéré une carte de visite mais je ne suis pas certain que ce soit la sienne.

Kevin et moi allons sur mon téléphone pour saisir le nom et prénom sur la carte de visite. Son profil apparaît tout de suite et il affiche une photo d’elle et de son mari. Ce dernier a une vrai tête de méchant russe dans les films, un peu rondouillard, bas du front dans un costume de commercial vendeur de voiture, je le reconnais tout de suite

C’est Pavel, le responsable de la filiale Europe de l’Est !

On se regarde tous les deux, trop surpris pour émettre un son. Les IA nous connaissent mieux que nous-même.

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