Mariage

 

C’est une histoire qui se passe au tout début du XXIème siècle, par un beau vendredi de septembre. Ma femme Axelle et moi – elle 35 ans, moi, cinq de plus – avons quitté Paris vers midi pour nous rendre au mariage de son frère Vincent. Le garçon épouse la belle Elodie, parisienne de longue date que des racines aveyronnaises ont poussée à convoler sur les terres de ses ancêtres.

Sept heures plus tard, nous sommes bien dans l’Aveyron, mais nous tournons depuis plus d’une demi-heure à la recherche du gite que nous avons réservé, et je commence à m’énerver, quand le ciel nous envoie une aide que nous espérons précieuse sous la forme d’un cycliste que son aspect désigne comme incontestablement autochtone : machine antédiluvienne, combinaison bleue sale, bottes de caoutchouc, vissée sur le crâne, une casquette genre tour de France, hâle prononcé, barbe de trois jours et regard fuyant. Je me porte à sa hauteur, Axelle baisse sa vitre et lui demande avec un sourire s’il peut nous aider. Le garçon – difficile de lui donner un âge, mais probablement plus vieux que moi – s’arrête. Bien aimable, le gars demande ce qu’il peut faire pour nous. Je laisse Axelle, qui est de son côté, entamer la négo…

–      Merci. Vous pouvez probablement nous aider. Nous cherchons un gite aménagé dans un ancien presbytère, contigu à une chapelle… Voyez-vous de quoi il s’agit ?

–      J’ai peut-être une idée, mais c’est pas facile à expliquer… L’accent est terriblement local, à la fois rocailleux et sudiste.

–      Avec une carte, peut-être ?

Axelle prend la carte que je lui tends, la pose sur ses genoux. Le gars abandonne sa bécane qu’il laisse glisser dans le fossé, se penche et s’appuie à la portière.

–      Ben vous savez, moi, les cartes…

D’autant qu’il ne la regarde absolument pas, absorbé par la vue que lui offre le chemisier d’Axelle dont les deux boutons du haut ne sont pas fermés. Et la belle ne porte jamais de soutien-gorge, du moins l’été… Elle a de jolis seins, ma femme, pas très gros, mais aptes à remplir la main d’un honnête homme, bien fermes et dotés de tétons très réactifs. Comme un coq à l’âne, il ajoute :

–      C’est joli, ça…

Axelle, dont la naïveté m’étonne parfois,  se méprend : elle prend dans la main la petite croix d’or attachée à une fine chaîne, qui pend toujours à son cou.

–      Elle me vient de ma grand-mère. Regardez : la croix s’ouvre sur un Christ.

–      Je parlais pas de la croix…

Bien que la timidité ne fasse pas partie des défauts de ma co-pilote, j’ai plaisir à la voir nettement rougir.

–      Ah ! Vous voulez dire…

–      Vos poitrines, quoi. J’aime bien. Si j’osais vous demander…

–      Quoi ?

–      De me les montrer…

Sans hésitation aucune, ma femme s’attaque au bouton numéro 3, quand je l’arrête d’un geste.

–      Mais enfin, Axelle, tu ne vas pas…

–      Ecoute, mon chéri : nous cafouillons depuis trois-quarts d’heure dans ce coin paumé, Monsieur est prêt à nous aider, moyennant une forme de rétribution qui me semble honnête, alors, hein…

Les trois derniers boutons sautent. Ma petite femme – elle m’étonnera toujours – écarte les pans du chemisier juste assez pour que les tétons apparaissent. Pas question de friser le débraillé. Son admirateur, bouche bée, me fait irrésistiblement penser au loup de Tex Avery, et je m’attends à tout instant à ce que les yeux lui sortent de la tête, que sa grande langue se mette à pendre ou qu’il se tape le crâne sur le toit de la voiture. Il se contente de lever une main.

–      C’que j’pourrais…

–      Pas touche, camarade, tu peux juste regarder, dit-elle en lui tapant sur les doigts.

–      Ce n’est pas ce que vous croyez, Madame, j’oserais jamais vous toucher. Mais si je pouvais, juste un peu…

–      …un peu quoi ?

–      …me tirer sur la nouille, juste en vous regardant… Sivouplé…

Ma femme jette un œil sur la magnifique érection qui déforme sa combinaison de travail, sourit :

–      Ce serait dommage de laisser perdre pareille occasion, en effet !

Sans attendre, le gars fait glisser le zip de son bleu de travail, d’où il extrait un engin de fort calibre. Il se crache dans la main, et commence à s’astiquer sans vergogne ni précipitation. Assis à mon volant, le côté surréaliste de la scène ne m’échappe pas : tu t’arrêtes en pleine campagne pour demander ta route à un cycliste banal, et cinq minutes plus tard, le dit cycliste se masturbe sur les seins de ta femme ! A propos de ma femme et de ses seins, il ne m’échappe pas non plus qu’elle a du mal à déglutir, et que ses tétons ont bien durci. Mon côté taquin m’a toujours joué des tours, je le sais, ce qui ne m’empêche pas de me pencher pour lui glisser à l’oreille, assez fort toutefois pour que son partenaire – comment l’appeler autrement ? – m’entende :

–      Je vois bien que l’outil de Monsieur ne te laisse pas indifférente… Il ne verrait peut-être pas d’inconvénient majeur à ce que tu te caresses ?

–      Bien sûr que non, Madame, au contr…, bien sûr que non !

Pour la seconde fois en peu de temps, Axelle rougit, mais ne réclame pas confirmation de mon autorisation avant de prendre son habituelle position – pas quand elle s’exhibe,  je n’ai jamais eu l’occasion de la voir faire – mais quand elle se masturbe : la main gauche caresse les seins pendant que la droite, après avoir troussé la jupe, se glisse dans la petite culotte. Et elle écarte largement les cuisses…

Bon. Il est de notoriété publique que la bandaison est contagieuse, surtout quand le spectacle est aussi plaisant. Je déboucle donc ma ceinture, et amène mon sexe au jour. Il souffre certes de la comparaison, mais Axelle, bonne fille, abandonne néanmoins ses seins pour s’en saisir. Je la laisse faire, et prend le relai, côté seins. J’ai grande honte à l’avouer, mais je jouis le premier. La main de ma femme, amidonnée de sperme, retourne s’occuper de ses seins. Je glisse alors ma main dans sa culotte, sur la sienne, pour la soutenir dans la dernière ligne droite. Le rythme du gars s’accélérant, ma femme se tourne vers lui pour le prendre en bouche. Ils jouissent presque simultanément. J’accompagne les violents mouvements de bassin de ma Dame pendant qu’il gicle dans sa bouche. Pendant que nous restons tous deux rassasiés, repus (surtout elle !) et comme hébétés, le gars remballe ses outils, remonte son zip, récupère son vélo qu’il s’apprête à enfourcher. Je secoue Axelle, qui comprend aussitôt la situation, et intervient :

–      Hep ! Monsieur…

–      Hmmm.

–      Et notre gite ?

–      Ah oui, le gite… Vous continuez tout droit, à droite au prochain carrefour. Vous verrez la chapelle au bout de 200 mètres de chemin empierré…

Il se dresse sur les pédales, et disparaît au prochain virage. Je tire la conclusion :

–      Ce mec s’est bien foutu de nous !

–      D’autant que, tu as dû le remarquer, il n’avait plus d’accent, après…

–      Pas remarqué, non. Et à propos « d’après », tu n’étais peut-être pas obligé de… de le..

–      De le sucer ? Mais mon pauvre ami, côté fringues de tous les jours je n’ai pas prévu de rechange. Avec sa puissance de feu, il m’aurait salopé jupe et corsage, sans compter le cuir de tes sièges auxquels tu tiens tant. Et puis…

–      Et puis ?

–      Et puis j’en ai eu envie, voilà !

–      Si tu en as eu envie, alors…

Deux minutes plus tard, nous sommes au presbytère. La clé est comme prévu sous le troisième pot de fleurs. Ce n’est pas le rapide rangement de nos affaires qui nous retarde : c’est la douche, parce que… Mais tout ça ne vous regarde pas ! Quand nous arrivons –fort tard – chez nos hôtes, les parents d’Elodie, surprise : c’est le cycliste qui nous ouvre. Mais récuré à fond, coiffé, rasé de frais, habillé sport-chic. Il nous regarde avec un sourire un peu moqueur en se présentant : Jérôme, le frère d’Elodie !

J’ai toujours eu horreur des mariages, cérémonies pompeuses ou vulgaires, parfois les deux, où l’on croise des dizaines d’inconnus qui le resteront, puisqu’on qu’on ne les reverra jamais, où l’ennui suinte durant les entractes de la tétralogie mairie – église – vin d’honneur – dîner… Mais ce mariage-là a été fort agréable. Peu de monde, des gens charmants, un temps superbe, des mariés adorables auxquels on souhaitait sincèrement tout le bonheur du monde, un maire jovial, un curé bon enfant  et, ce qui ne gâte rien, un traiteur acceptable.

Comme nous devions repartir dans la matinée du dimanche, nous avions prévenu que nous quitterions la fête assez tôt, ce que nous faisons peu après les mariés. Jérôme, qui a tenu à nous conduire toute la journée (« Pas question que vous vous perdiez au retour ! La nuit, vous risqueriez de ne pas trouver de cycliste complaisant »), nous ramène au presbytère. Dois-je préciser que nous passerons tout trois une nuit blanche, et que ma femme sera honorée mainte et mainte fois, et de toutes les manières possibles.

Axelle m’a quitté depuis plusieurs années, mais ce souvenir ne risque pas de s’effacer…

 

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