Ça a commencé ce matin-là sur le coup de dix heures, un moment de pause au labo de physique.

Je montais tous les jours au moment de la récréation boire un café là-haut. Ce n’était pas tant le café qui m’intéressait, ni le moment de discussion avec les collègues, mais bien de retrouver Salima. Ca faisait plusieurs années que je la connaissais, et si j’étais tombé sous le charme le premier jour, celui-ci n’avait jamais cessé de s’exercer, dans une constante qui s’exprimait année après année, mois après mois, jour après jour. Elle était vraiment ravissante, mais au-delà, féminine et troublante. Des filles très belles n’avaient pas le dixième de son sex-appeal.

Je n’avais jamais osé l’aborder. Je ne me sentais pas à la hauteur du trouble qu’elle m’inspirait.

Quand je suis arrivé, il y avait déjà deux ou trois collègues qui étaient là, elle, une autre laborantine, un OP…Ça discutait ferme…Je me suis servi une tasse de café et je me suis posé sur l’un des huit fauteuils, de récupération, qui étaient posés là, en carré.

Elle est arrivée deux minutes plus tard. Je savais qu’elle commençait à dix heures, et elle n’avait pas encore mis sa blouse. Comme à son habitude, elle était très désirable. Un simple tailleur noir, veste et jupe, une jupe courte, qui dégageait bien ses jambes gainées de nylon, tendue sur ses fesses galbées. Elle avait des cuissardes de velours noir, assorties. Salima était toujours coquette et irrémédiablement sexy.

Elle est allée chercher une tasse de café, et elle est venue se caler pile face à moi. J’ai failli avaler de travers.

Ce n’est pas tant que la jupe ait pu remonter quand elle s’était assise, dévoilant une bonne partie de ses cuisses. Mais plutôt la position qu’elle a prise. De toute façon, c’était ça ou croiser les jambes. Et elle n’avait pas envie apparemment de croiser les jambes.

Elles étaient moyennement ouvertes, mais on pouvait quand même se rendre compte de pas mal de choses. D’abord, pour la partie qu’on en voyait, et aussi parce que je les connaissais par cœur, qu’elle avait de très jolies jambes. La partie basse était gainée, ses cuisses étaient elles apparentes. Si elle m’avait troublé plus d’une fois avec des bas stay-up, qu’il fallait savoir découvrir, pourtant cette fois, elle avait un collant. Mais porté à la façon Salima. Le nylon qui l’enveloppait jusqu’au ventre était totalement translucide. Il n’y avait pas, comme c’est parfois le cas, un rond d’étoffe pour masquer le sexe. Enfin en théorie, parce que, si on regarde bien ce type de collant, on se rend compte que le rond est toujours trop petit pour vraiment bien masquer la chatte, de telle sorte qu’il y a toujours un bout de sexe qui apparaît, le haut ou le bas…Chez elle la question ne se posait pas. On voyait tout. Était-ce qu’elle n’avait pas eu le temps de mettre une culotte, qu’elle l’avait oubliée, ou un choix, estimant qu’un simple collant lui suffisait ? Il y a des questions qu’il ne faut sans doute pas se poser. En tout cas, je voyais parfaitement sa chatte. Et sans surprise. J’avais déjà pu apercevoir, durant les années passées, des bouts de son anatomie. Mais jamais encore son sexe. J’ai été troublé, comme tout homme, je pense, qui voit l’intimité d’une femme. Elle avait une toison qui présentait le paradoxe d’être à la fois bien taillée et fournie. C’est-à-dire limitée sur sa chair, mais riche d’un duvet épais, fascinante, tout comme en dessous, le dessin de son sexe, qui tout en étant au repos laissait sortir d’elle deux bouts de lèvre développés.

J’avais quelques souvenirs sympas d’une anatomie dévoilée. En fait, son anatomie l’était tout le temps, de tenue moulante, en tenue courte, mais il y avait eu quelques accidents. Une fois, en juin, elle avait un débardeur sous lequel elle n’avait pas mis de soutien-gorge. On voyait ses seins danser sous le tissu quand elle bougeait, ronds, lourds et fermes. Et puis, en quelques secondes, une fine bretelle avait glissé, et un sein avait jailli à l’air libre…J’avais eu le temps de voir son ovale, le bistre d’une aréole large, et un téton que l’air frais avait fait dresser en quelques secondes. Le plus troublant n’avait d’ailleurs pas été la mise à nu, mais plutôt la manière qu’elle avait eu de le refourrer sous le débardeur, d’un geste gracieux, avant de remonter la bretelle. Il y avait eu aussi cette scène, plus classique, mais qui n’en était pas moins puissante, quand je l’avais trouvée dans le labo, avec sa blouse, et dessous une mini, pour ne pas dire micro-jupe…Elle était pliée en deux, au-dessus d’une expérience à préparer, la blouse était remontée, la jupe aussi, et j’avais pu apercevoir ses fesses nues dans leur quasi-intégralité. Des fesses comme toutes les filles auraient pu en rêver, rondes, très fermes, rebondies…J’ai d’abord pensé qu’elles étaient vraiment nues, puis je me suis rendu compte qu’il y avait pile entre ses fesses un cordon mince, rouge, et que celui-ci prenait de l’ampleur pour couvrir sa vulve. Je suis resté un long moment à la regarder. Elle semblait inconsciente de ma présence, alors même qu’il m’est apparu, comme une évidence, qu’elle ne pouvait pas ne pas sentir mes yeux sur elle, comme toute femme sent la chaleur d’un regard d’homme rempli de désir. J’étais venu boire un café, j’ai cassé ce moment en partant vers la cafetière.

–Tiens, tu es là !

Sa phrase m’avait paru fausse. Elle avait forcément su que j’étais là. Un désir de séduction de sa part? Quand je m’étais retourné, la jupe et la blouse étaient revenus à leur place.

–J’ai besoin de tes services.

J’ai compris immédiatement ce à quoi elle faisait allusion. J’enseignais la technologie, et je m’étais pris d’une passion pour les imprimantes 3D, dont je faisais profiter le centre. Je m’étais formé sur le tas, et j’avais fabriqué par mal d’objets en 3D, pour diverses utilisations, du prototypage pour des projets des plus jeunes en passant par une pièce pour refaire fonctionner une machine, quelle qu’elle soit…On savait que j’étais un pro.

–Je voudrais que tu me fasses un clitoris.

J’avoue que j’ai été totalement décontenancé. Elle m’aurait dit ‘J’ai envie que tu me bouffes la chatte…’ ou ‘J’aimerais prendre ta queue dans ma bouche et la sucer longuement…’ , je n’aurais pas été surpris…Je me disais qu’il y avait pas mal de désir entre nous non-dit, des deux côtés…Mais ça…

–Te faire un clitoris?

–Oui, en 3D.

J’ai dû avoir l’air totalement stupide. D’autant que j’avais toujours son sexe sous les yeux, offert sous le collant, entre les cuisses bien ouvertes. Et que ça me perturbait aussi. Mais cette demande pour un clitoris en 3D était tellement incongrue que ça m’a déstabilisé, et si jusqu’à ce moment je masquais plutôt bien mon embarras, je crois qu’il a été, là, évident. En espérant qu’elle a pensé que c’était sa demande qui me déstabilisait, et pas de voir son ventre nu sous un collant.

–C’est pour ta collection personnelle?

–Pas vraiment. C’est la laborantine de biologie qui en a besoin. C’est pour les enseignements sur la reproduction. Il y a des formateurs qui veulent montrer comment c’est fait l’anatomie féminine, mais on n’a pas de modèle. C’est un peu le clitoris cet inconnu. Avant 2018, il n’y avait aucun exemple sur un manuel…

–Moi-même je ne sais absolument pas comment c’est fait, j’ai avoué. Pour moi le clitoris, c’est juste le bout qui dépasse…

–On appelle ça le gland.

–Tu connais bien la question, me semble-t-il.

J’ai eu une vision très nette de Salima, seule, dans une position pas tellement différente, mais le ventre nu, se caressant. Heureusement que j’avais un pull long et que mon blouson était ramené sur moi…

–Tant mieux pour moi. C’est bien de connaître son corps. Tu peux m’aider?

–Le problème c’est de trouver un schéma et ensuite de le transférer sur un programme pour qu’il fasse le clitoris. Le logiciels 3D utilisent parfois des bibliothèques, mais je doute qu’on trouve des clitoris.

–Je compte sur toi.

–Je finis à deux heures, je vais m’y mettre sérieusement.

–Tu auras une récompense à la mesure de ton effort.

Je me suis demandé quel sens donner à ces paroles. La dernière fois que j’avais modélisé une pièce, on m’avait offert un œuf en chocolat. C’était bien, mais j’aurais aimé avoir autre chose de Salima. Sans forcément attendre ce qu’elle offrait à mon regard.

Elle a resserré ses jambes, et s’est levée. J’ai fini mon café et je suis redescendu.

C’est effectivement en début d’après-midi que je suis rentré chez moi. Une recherche sur un moteur conçu pour, ça permet bien des choses, et effectivement de se rendre compte qu’on a une vision d’un clitoris totalement archaïque. Je n’imaginais même pas qu’il puisse enchâsser ainsi le sexe d’une femme. Je comprenais mieux aussi que la répartition entre clitoridienne et vaginale était totalement obsolète.

Surtout, il y avait quelqu’un qui m’avait précédé, qui avait dessiné un clitoris et avait demandé à un Fablab de modéliser un clitoris en 3D avant de le mettre sous licence créative commons. C’était parfait. J’ai récupéré le modèle et j’ai mis en marche mon imprimante 3D. Pour ceux qui le savent, il faut pas mal de temps pour qu’un modèle soit imprimé. J’ai lancé l’impression tout de suite, en espérant que je pourrais amener le résultat le lendemain matin. Le clitoris s’est très lentement déroulé sous mes yeux. Dans la soirée, en fin de soirée plus précisément, il était fini. J’ai pris une pince et j’ai enlevé les parties inutiles, qui venaient toujours s’agréger à l’objet proprement dit, et je l’ai glissé dans une petite boîte. Salima aurait son clitoris le lendemain.

 

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